•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un projet de salon de jeux dans une communauté abénaquise du Centre-du-Québec

Des voitures stationnées devant un bâtiment en tôle.

Le projet de salon de jeu et de paris sportifs pourrait voir le jour dans les actuels locaux de la radio CKBN, qui doit déménager dans les prochains mois.

Photo : Radio-Canada

Maude Montembeault

Radio-Canada a appris que le conseil de bande de Wôlinak espère concrétiser un projet de salon de jeux comprenant des machines à sous et un salon de paris sportifs.

Le conseil de bande de la communauté autochtone de Wôlinak, voisine de Bécancour, au Centre-du-Québec, pourrait accueillir des parieurs d’ici 2020 dans les locaux qui seront laissés vacants par la radio CKBN, qui doit déménager au cours des prochains mois.

Selon nos informations, une demi-douzaine de partenaires aimeraient prendre part à l’initiative, qui pourrait créer jusqu’à 25 emplois.

Le directeur général de la communauté, Dave Bernard, a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada puisque le conseil de bande ne souhaite pas discuter des détails du projet avant que le contrat avec un partenaire privé soit signé.

Déjà en 2017, une résolution du conseil de bande mandatait Dave Bernard comme signataire des ententes concernant le projet « salle de jeux au nom et à profit du Conseil des Abénakis de Wôlinak ». En 2018, une autre résolution, mandatant cette fois le chef Michel R. Bernard, était entérinée.

Ce n’est pas le premier projet de loterie ou de jeux de hasard chez les Abénaquis. Un promoteur privé avait ouvert, en 2014 un salon de poker à Odanak, l’autre communauté abénaquise du Centre-du-Québec.

La salle de poker n’est restée ouverte que quelques mois. Le directeur général d’Odanak, Daniel Gauthier Nolet, a confirmé que le conseil de bande n’a pas eu le temps de tenir d’assemblée publique afin d’aborder les effets du salon, car il a fermé trop rapidement.

Le CIUSSS MCQ aux aguets

Qu’il soit question de machines à sous ou de paris sportifs, le piège est le même, prévient Andréanne Dion, chef de département, dépendance, au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Les joueurs ont un faux sentiment de contrôle sur le résultat. Par exemple, certains se disent que si ça fait longtemps que je suis sur la même machine, elle va finir par payer, expose Andréanne Dion. Ce sont des pensées erronées.

La clientèle attirée par ces types de jeu de hasard est très variée, allant de joueurs bien nantis aux plus défavorisés, en passant par ceux qui ne recherchent qu’une activité sociale.

Andréanne Dion indique cependant que, statistiquement, les Autochtones sont une clientèle plus à risque d'avoir certains problèmes liés au jeu.

Ils peuvent avoir certaines vulnérabilités au niveau des dépendances, ça, on peut le voir, rapporte-t-elle. Par contre, ça reste que, Wôlinak ou Odanak, ce sont quand même des communautés qui sont en milieu urbain, ce qui peut être différent d’une communauté en milieu éloigné.

Comme il s’agit d’une clientèle vulnérable, le CIUSSS MCQ compte faire de la prévention lorsqu’il sera avisé que le projet va de l’avant.

Le territoire de Wôlinak étant régi par les lois fédérales, Loto-Québec ne s'impliquera pas dans le dossier. La Loi sur les Indiens permet l’instauration de salons de jeux et de paris sur le territoire des communautés.

Il a été impossible de savoir quel encadrement pour les joueurs à risque, par exemple, sera prévu dans le projet du conseil de bande de Wôlinak.

Mauricie et Centre du Québec

Autochtones