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La nouvelle carte des zones inondables « n'a pas de sens », déplore la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-lac dans les Laurentides, Sonia Paulus.

Photo : Ivanoh Demers

Radio-Canada

La nouvelle cartographie des zones inondables effectuée par des experts de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est loin de plaire à la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Et Sonia Paulus compte bien y proposer des changements.

Selon cette cartographie, le sud de Sainte-Marthe-sur-le-Lac doit redevenir une zone à risque, comme elle l’était avant la construction de la digue sur le lac des Deux Montagnes, il y a un peu plus de 40 ans. C’est la conclusion que tirent des experts mandatés par Québec pour refaire la cartographie des zones inondables de la région métropolitaine.

Carte de zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac de 1977, produite par le gouvernement fédéral avant la construction de la digue.

Carte de zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac de 1977, produite par le gouvernement fédéral avant la construction de la digue.

Photo : Courtoisie

« C’est certain que ma position n’est pas du tout en ce sens », a fait savoir Mme Paulus en entrevue à RDI vendredi matin. La mairesse avait été informée de la nouvelle cartographie proposée par la CCM jeudi, mais elle ne s’était pas encore prononcée sur le sujet.

J’ai quand même 1500 maisons, j’ai des citoyens qui vont être déplacés, c’est un drame humain, ça n’a pas de sens. Je ne crois pas que notre gouvernement ne soit pas à l’écoute.

Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

On va s'asseoir et on va négocier quant à la zone inondable avec le gouvernement, a affirmé la mairesse.

« Oui, il y a [l'aspect] financier pour la ville, concède Mme Paulus, mais il faut prendre en considération que des citoyens devraient déménager et seraient déracinés. »

La mairesse a souligné que les terrains à vendre à Sainte-Marthe-sur-le-Lac se font plutôt rares. « Malheureusement, il y en a très peu de disponibles. Très peu. J'en ai ici, en face de l'hôtel de ville, et il en reste un tout petit peu au nord-ouest, mais c'est tout. Donc les gens devraient déménager [dans une autre ville]. »

Fait à noter, le changement de cartographie risque fort bien d'avoir un impact sur les primes d'assurances des résidences qui se trouveraient nouvellement en zone inondable, mais n'évincerait pas automatiquement les citoyens du secteur.

Une digue invisible

Quelque 800 résidences de la ville ont été inondées, le 27 avril dernier, quand une digue a cédé le long du lac des Deux Montagnes. Or, seules deux résidences sont officiellement situées dans la zone inondable. Un problème que Québec souhaite corriger.

Un homme à bord d'une embarcation rame à côté d'une voiture à moitié immergée.

Une rue inondée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, le 29 avril dernier, deux jours après la rupture de la digue

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le conseil des 82 maires de la région métropolitaine doit se prononcer sur les nouvelles cartes, le 20 juin prochain. Ensuite, le gouvernement du Québec aura un délai de 60 jours pour donner son feu vert, ou non.

Si la nouvelle cartographie était approuvée par les deux instances gouvernementales, la zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac redeviendrait semblable à ce qu'elle était en 1977, ce qui placerait en zone à risque la plupart des résidences qui ont été évacuées fin avril. C'est donc dire que la cartographie ne tiendra plus compte de la présence de digues.

Par ailleurs, cette nouvelle cartographie adopte une approche différente des précédentes, notamment en précisant à l’intérieur d’une zone inondable les secteurs qui sont à plus faible risque, à risque modéré ou à risque élevé.

La digue végétale de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a été réparée le 5 mai. Le gouvernement Legault a également promis qu'elle sera reconstruite de manière à être « plus haute et plus forte ».

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a cependant été clair : il est hors de question pour lui de construire des digues à tout va, dans la province, pour contrer d'éventuelles crues printanières.

Environnement