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Des jeunes marchent pour le climat à Montréal et à Québec

Le reportage de Sébastien Desrosiers
Radio-Canada

Quelques milliers de jeunes manifestants ont investi les rues du centre-ville de Montréal pour un 14e vendredi d'affilée afin d'inciter les gouvernements et la société civile à prendre des mesures en matière d'environnement. Une manifestation s'est aussi déroulée à Québec.

« Chaque manifestation, qu’il fasse beau, qu’il pleuve, les gens sont contents d’y venir, s'est réjouie Maia Spiek, membre du collectif Pour le futur Montréal. Ils chantent, ils crient, ils sont pleins d’énergie et c’est un sentiment vraiment gratifiant. »

Maia Spiek déambulait dans les rues de la métropole en compagnie d'Albert Lalonde, un autre membre du collectif, qui affirme que ces marches représentent « un travail de sensibilisation colossal ».

« Ça montre que la jeunesse croit en quelque chose et qu’elle est consciente de son pouvoir d’action », affirme Albert Lalonde.

Les manifestants réclament des gouvernements qu'ils prennent de toute urgence des mesures afin de contrer la crise climatique et qu'ils s'attaquent à la myriade d'enjeux environnementaux qui assiègent la planète. Soucieux que soient abandonnées les énergies fossiles, les jeunes demandent aussi qu'on investisse massivement dans les énergies renouvelables.

De l'avis de Maia Spiek, il faut aussi « que les citoyens embarquent » et comprennent que la situation est critique.

Un homme serre paternellement dans ses bras un adolescent.Luc Ferrandez, maire démissionnaire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, était présent à la manifestation sur le climat à Montréal vendredi le 17 mai 2019. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Parmi les élèves qui participent aux marches, un bon nombre est inscrit au secondaire et sèche ses cours « pour défendre leur droit collectif à un avenir », indique le site Facebook de l'événement. Cette marche est la dernière de l'année scolaire en cours. Les jeunes ont toutefois l'intention de reprendre le flambeau à l'automne.

Coup d'éclat devant les bureaux de François Legault

Des étudiants manifestent devant les bureaux du premier ministre à Montréal, le vendredi 17 mai.Des étudiants manifestent devant les bureaux du premier ministre à Montréal, le vendredi 17 mai. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La journée a commencé par un coup d'éclat, une cinquantaine de jeunes ayant bloqué pendant une demi-heure l'entrée des bureaux du premier ministre François Legault, avenue McGill College.

L’organisme Environnement jeunesse affirme que les élèves réclament notamment « la mise sur pied d’un programme d’éducation à l’écologie et de sensibilisation à la crise climatique, l’adoption d’une loi climatique pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius, et une plus grande transparence concernant les investissements publics afin de désinvestir des énergies fossiles ».

Entrevue avec Ashley Torres, du collectif La planète s’invite à l’université, et Albert Lalonde, du collectif Pour le futur Montréal.

À Québec aussi...

La marche pour le climat de Québec était organisée par le collectif Pour le futur Québec.

Dans cette ville, jusqu'ici, les manifestants n'avaient pas marché dans les rues; depuis le 15 février, ils privilégiaient plutôt la formule du sit-in sur la place située devant l'Assemblée nationale.

Vendredi, l’une des organisatrices de la marche, Célestine Uhde, s’est réjouie de la présence des députés solidaires Catherine Dorion et Sol Zanetti.

Célestine Uhde croit que les revendications des élèves seront entendues par le gouvernement. « C’est sûr que le gouvernement de la CAQ n’est pas encore prêt à nous écouter complètement, mais ça va venir, je suis confiante », dit-elle.

Une manifestation prévue à Gatineau vendredi a dû être annulée en raison du petit nombre de participants. Seulement 38 personnes avaient indiqué vouloir participer à l’événement.

Greta Thunberg, figure de proue

Ce mouvement de mobilisation des jeunes tire son origine de l’action d’une jeune Suédoise, Greta Thunberg, laquelle, en août 2018, a décidé d’aller s’asseoir tous les vendredis devant le parlement suédois pour protester contre le manque d’actions significatives entreprises pour contrer le réchauffement de la planète.

S’en est suivi un mouvement de mobilisation graduel des élèves à l’échelle internationale, lesquels, depuis novembre, manifestent systématiquement les vendredis.

Le 15 mars, une intense mobilisation avait réuni les jeunes de près de 2000 villes à travers le monde, dont Montréal, regroupant ainsi plus de 1 million de personnes.

Et le 22 mars, des membres du collectif La planète s’invite à l’université avaient rencontré le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charrette. Avant la rencontre, les jeunes avaient épluché le budget présenté par le gouvernement de François Legault.

« Ce budget est vide au niveau de l'environnement, vide au niveau de la lutte contre les changements climatiques, avait déploré Léa Ilardo, co-porte-parole du collectif La planète s’invite à l’université. On parle du financement pour des voitures électriques, mais aujourd'hui on sait très bien que cette mesure-là va augmenter le parc automobile et nous on veut le réduire. »

Une jeune fille est couchée par terre entourée d'un trait de craie, faisant la morte devant une camionnette de police.Manifestation pour le climat devant les bureaux du premier ministre François Legault Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Avec les informations de Louis de Belleval et de Pierre-Alexandre Bolduc

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