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Mieux payée que François Legault, la mairesse de Longueuil continue de faire face aux critiques

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil

Photo : Radio-Canada

Thomas Gerbet

La rémunération de 240 000 $ de la mairesse Sylvie Parent passe mal à Longueuil. Assaillie de critiques de toutes parts depuis un mois, la mairesse doit par ailleurs gérer les démissions, jeudi, d'une adjointe de cabinet et d'une conseillère municipale de son équipe déjà minoritaire.

La conseillère municipale Colette Éthier a claqué la porte, jeudi, en critiquant le pouvoir exercé par le cabinet de la mairesse Sylvie Parent. Dans sa lettre de démission, l'élue dénonce une « équipe où tout est centralisé dans le cercle restreint [du] cabinet ».

La conseillère, qui siégera dorénavant comme indépendante, souhaite ainsi « renouer avec sa liberté de parole et d’action ».

Le même jour, l'adjointe du directeur de cabinet, responsable de coordonner le soutien aux élus, Affine Lwalalika, a également démissionné.

Ces mauvaises nouvelles s'ajoutent au dossier chaud de la hausse de 50 % de la rémunération de la mairesse qui lui vaut bien des critiques venant même de sa mentore en politique, Caroline St-Hilaire.

« Ça n'a pas de bon sens, a déclaré l'ancienne mairesse de Longueuil lors d'une chronique à LCN, le 9 mai. La population de Longueuil sera à même de la juger dans le cadre de la prochaine campagne électorale. »

La Presse révélait le mois dernier que Sylvie Parent est désormais la mieux payée de tous les maires et mairesses du Québec. Avec une rémunération de 240 000 $, elle gagne même plus que la mairesse de Montréal, Valérie Plante (185 000 $) et que le premier ministre du Québec, François Legault (206 000 $).

Ce n'est pas parce qu'on a le droit de faire des choses qu'on est obligés d'ambitionner sur le pain bénit.

Commentaire du résident de Longueuil Pierre Gosselin au micro du conseil municipal, le 14 mai.

Une nouvelle loi votée en 2018 pour donner plus d'autonomie aux municipalités a permis de déplafonner la rémunération des élus. C'est maintenant aux villes de fixer des plafonds, ce qu'a fait Montréal, par exemple, mais pas Longueuil.

Ainsi, Sylvie Parent peut maintenant toucher la totalité des jetons de présence lorsqu'elle siège à l'agglomération, à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

« Pourquoi les élus des autres villes ont eu un certain jugement et ici on n'en a pas eu? » lui a lancé le chef de l'opposition Xavier Léger, plus tôt cette semaine, lors du conseil municipal. Il réclame un règlement pour plafonner la rémunération à Longueuil.

Sylvie Parent ne ferme pas la porte à ce qu'un comité indépendant examine la rémunération de tous les élus de la municipalité.

Je comprends que ça a l'air exorbitant. Vous avez probablement raison. Il y a des discussions qui peuvent se faire à ce niveau-là.

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil, le 14 mai.

La mairesse dit espérer qu'en 2021 les citoyens la jugeront sur ses résultats plutôt que son salaire.

Nouveau rapport de force au conseil municipal

Avec la démission de la conseillère Colette Éthier, qui siégera comme indépendante, la position du parti de la mairesse au pouvoir est encore plus minoritaire.

Action Longueuil dispose dorénavant de 5 élus, contre 8 pour Longueuil citoyen, 1 pour Option Longueuil et deux indépendantes.

En théorie, l'opposition dispose maintenant des deux tiers des voix, ce qui pourrait lui permettre de rapatrier des pouvoirs du comité exécutif (contrôlé par Action Longueuil) vers le conseil municipal.

Ainsi, il serait possible de retirer au comité exécutif certains pouvoirs de dépenser, comme l'octroi de contrats. De la même façon, des pouvoirs pourraient être délégués aux arrondissements.

Le cabinet de la mairesse ne s'inquiète pas de cette situation, car il doute que les élues indépendantes votent avec le reste de l'opposition pour de tels changements.

Il faudra toutefois surveiller un éventuel nouveau départ dans l'équipe de la mairesse. En effet, le conseiller Éric Beaulieu souhaite se porter candidat aux élections fédérales d'octobre pour le Parti libéral du Canada.

Grand Montréal

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