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Les négociations sur le Brexit entre le gouvernement et l'opposition s'effondrent

Jeremy Corbyn regarde par-dessus ses lunettes en franchissant une porte.
Le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, estime que les pourparlers avec la première ministre May « sont allés aussi loin que possible ». Photo: Reuters / Toby Melville
Radio-Canada

Les pourparlers visant à trouver un nouvel accord de Brexit entre la première ministre britannique Theresa May et le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn se sont effondrés, vendredi, maintenant le débat dans un cul-de-sac à moins de six mois de la nouvelle date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE).

La décision de mettre un terme à ces discussions, lancées début avril, après que le Parlement eut rejeté pour une troisième fois l’accord conclu l'automne dernier entre le gouvernement May et les négociateurs de l'UE, a été annoncée par M. Corbyn dans une lettre transmise à Mme May.

Le chef travailliste y explique que les deux parties ont été « incapables de combler d’importants écarts politiques », malgré des échanges « constructifs », et que les discussions sont « allées aussi loin que possible » compte tenu de la « faiblesse et de l’instabilité croissantes » du gouvernement conservateur.

Les travaillistes doutent conséquemment que le gouvernement puisse « concrétiser tout engagement » pris à la table des négociations, poursuit M. Corbyn. Il en tient pour preuve que des propositions faites lors des pourparlers ont été régulièrement contredites par des déclarations provenant d’autres membres du Cabinet May.

Alors que vous avez pris la décision de vous retirer et que des membres du Cabinet se préparent à vous succéder, la position du gouvernement est de plus en plus intenable, et son autorité est érodée.

Extrait de la lettre de Jeremy Corbyn à Theresa May

Au-delà de la division des troupes conservatrices, les pourparlers n’ont pas permis de trouver une voie mitoyenne au sujet de la politique douanière que le Royaume-Uni doit entretenir avec les 26 autres pays membres de l’Union européenne une fois le divorce consommé.

Les travaillistes plaident pour une union douanière dont les conservateurs ne veulent pas, la première ministre May ayant toujours maintenu qu’elle s’y opposait au motif que cela empêcherait le Royaume-Uni de négocier des accords commerciaux avec d’autres pays.

Gros plan de Theresa May, lors d'un événement de campagne. Theresa May, lors d'un événement tenu par son parti en vue des élections européennes qui auront lieu la semaine prochaine. Les sondages avancent que le Parti conservateur y subira de sévères défaites. Photo : Getty Images / AFP/TOBY MELVILLE

Un porte-parole de Theresa May a reconnu cet échec, en admettant de profondes divergences sur des dossiers comme les relations douanières, mais aussi sur l'idée d'un second référendum sur le Brexit. Il a ajouté que le gouvernement étudiait les nouvelles mesures à prendre pour tenter de convaincre des députés conservateurs dissidents et des unionistes nord-irlandais du DUP de soutenir l'accord.

À l'issue d'une rencontre mardi avec M. Corbyn, Theresa May a annoncé que le Parlement britannique serait appelé à un nouveau vote sur le Brexit début juin.

Les députés devront en fait se prononcer sur un projet de loi fixant les modalités législatives du Brexit, plutôt que sur l'accord lui-même. Il s’agit d’un stratagème pour remettre le dossier à l’ordre du jour, puisque le gouvernement ne peut pas représenter un texte déjà rejeté lors d’une même session parlementaire.

Mme May, qui avait promis en mars de démissionner si son accord était adopté, a ensuite été sommée jeudi de préparer son départ dès juin, quel que soit le résultat du vote sur son projet de loi. Cette décision a été prise au cours d'une réunion avec le « comité 1922 », responsable de l'organisation du Parti conservateur.

« Nous avons convenu que nous nous rencontrerons après la deuxième lecture du projet de loi pour convenir d'un calendrier pour l'élection d'un nouveau chef du Parti conservateur », peu importe qu'il soit « adopté ou rejeté », a déclaré le président du comité, Graham Brady.

Prise entre les feux croisés de son parti, très divisé sur ce que doit contenir un accord de Brexit, Mme May avait survécu à un vote de défiance issu des rangs de son propre parti, en décembre. Plus de 35 % des députés conservateurs avaient tout de même souhaité son départ.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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