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Un abonnement payant pour accéder à des services de santé

Une femme consulte un médecin, qui prend des notes.

Lawrencetown, dans la vallée d'Annapolis, en Nouvelle-Écosse, perdra son unique médecin de famille le mois prochain.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un village de la vallée d'Annapolis, Lawrencetown, propose une nouvelle approche pour pallier le manque de médecins de famille en milieu rural.

La municipalité a annoncé son intention de convertir la clinique locale en coopérative qui offrira des soins de santé primaires moyennant un abonnement mensuel payant.

Les usagers devraient d’abord payer une quote-part de 100 $ pour devenir membres de la coopérative et, ensuite, un abonnement mensuel dont le prix se situerait entre 40 $ et 60 $.

Cette idée ne fait pas l’affaire de tous.

Une pharmacienne à la retraite, Maria Hagen, est l’une des patientes de l’unique médecin de famille de Lawrencetown, le Dr Grant Goodine, depuis plus de 30 ans. Ce dernier prend sa retraite le mois prochain.

Mme Hagen n’appuie toutefois pas l’idée d’une coopérative pour remplacer sa pratique.

Je ne travaille plus depuis six ans, je n’ai pas d’économies et je n’ai pas l’âge de recevoir des prestations du Régime de pensions du Canada, explique-t-elle.

J’arrive à peine à joindre les deux bouts. Et la plupart des gens dans le coin sont dans la même situation!

Maria Hagen, résidente de la région de Lawrencetown

Des efforts de recrutement infructueux

Le président de la commission qui administre le village de Lawrencetown, Brian Reid, n’était pas disponible pour une entrevue jeudi, mais une lettre publiée sur le site de la commission explique que le village a fait des efforts infructueux pour recruter un nouveau médecin de famille. Elle a fait des représentations, sans succès, auprès de la régie provinciale de la santé.

Ça n’a pas été un exercice particulièrement productif dans le contexte de la pénurie de médecins et des autres priorités de la régie, peut-on y lire.

M. Reid explique aussi dans cette lettre que des médecins ont fait savoir à la commission que la clinique locale serait plus attirante si on donnait l’occasion à de nouveaux médecins de travailler au sein d’une équipe diversifiée de professionnels de la santé.

Lawrencetown a voulu suivre à la lettre ce conseil : le village veut ajouter un deuxième étage et une pharmacie à la clinique existante. La nouvelle coopérative qui y aménagera devrait ouvrir ses portes d’ici le 1er septembre, même si aucun médecin n’a encore accepté d’y travailler. Elle réunira éventuellement des pharmaciens, des infirmières et un médecin, et sera gérée par des bénévoles.

Dans un courriel, le ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse précise qu’il n’a participé d’aucune façon à la planification de cette coopérative, pas plus que la régie provinciale de la Santé. Il précise qu’il cherche à obtenir plus d’information auprès du village de Lawrencetown.

Des soins de santé virtuels

Lawrencetown songe d’autre part à faire appel au réseau de soins à distance Télésoins pour compenser, au début, l’absence d’un médecin à sa coopérative.

Au moins une autre localité de la vallée d’Annapolis s'est tournée vers des soins de santé virtuels pour pallier le manque de médecins. À une pharmacie de Berwick, cette semaine, les patients pouvaient obtenir une consultation médicale en ligne par le truchement du service Maple, pour la somme de 49 $.

Les services médicaux de Maple offrent diagnostics et prescriptions par l’entremise d’une application qui met en contact des médecins et des patients. L’entreprise a quelque 350 000 patients au pays, dont 4 % sont des Néo-Écossais.

Selon le fondateur et PDG de Maple, le Dr Brett Belchetz, le service n’a pas été pensé pour remplacer les consultations auprès de médecins en chair et en os, mais plutôt pour soulager des médecins surchargés, particulièrement en région rurale.

C’est une solution efficace où le virtuel permet d’alléger la charge des médecins qui voient des patients en personne, de sorte qu’ils peuvent en faire davantage et voir plus de patients, plaide-t-il.

Le service est loin de faire l’unanimité dans la vallée d’Annapolis. Selon une résidente de Greenwood, Leslie Tilley, il pervertit le système public de santé, universel et gratuit. Je ne crois pas en ce qu’ils font, [des services de santé] payants.

Avec les informations de Brooklyn Currie, CBC

Nouvelle-Écosse

Établissement de santé