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analyse

Climat : quand la partisanerie prend le dessus

L'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan

L'achat par le gouvernement fédéral de l'oléoduc Trans Mountain est souvent reproché à Justin Trudeau.

Photo : Reuters

Madeleine Blais-Morin

Les principaux partis fédéraux ont donné cette semaine un avant-goût de la joute qui s'annonce au sujet du climat. Et ceux qui espéraient que les idées passent avant la partisanerie risquent d'être déçus.

« Justin Trudeau est un hypocrite sur la question du CO2 », a lancé Andrew Scheer mercredi.

Le chef conservateur avait préparé sa salve qu’il a répétée en anglais et en français.

Le premier ministre est maintenant habitué à se faire critiquer dans le dossier de la lutte contre les changements climatiques. L’achat du pipeline Trans Mountain revient continuellement dans les doléances des environnementalistes.

Le chef conservateur, lui, a choisi un autre angle d’attaque : Justin Trudeau a pris l’avion. Trop souvent. « Il a voyagé dans un avion privé à Tofino pour une vacance. Il a voyagé de Floride à Ottawa quatre fois en trois jours. »

Mais peut-on disqualifier la sincérité environnementale du premier ministre en raison de l’empreinte carbone de ses vacances? Pour porter un jugement, les Canadiens devront examiner l’ensemble de son plan.

Ce qui est certain, c’est que si on ne connaît toujours pas le plan environnemental des conservateurs qui doit être déposé le mois prochain, on devine déjà leur stratégie d’attaque : discréditer leurs adversaires en leur remettant sous le nez leurs contradictions.

Des motions visant à coincer les adversaires

Les commentaires conservateurs ont été formulés au moment où les députés sont amenés à voter sur des motions néo-démocrates et libérales et sur une contre-proposition conservatrice.

Lorsqu’on demande à la ministre de l’Environnement Catherine McKenna pourquoi présenter une motion qui parle d’urgence, mais qui ne propose aucune nouvelle action, elle répond en ciblant ses adversaires politiques : « Nous voyons les conservateurs qui veulent en faire de moins en moins. Ce n’est pas clair s’ils appuient les objectifs de l’Accord de Paris. »

La motion libérale dit notamment que « le Canada est en situation d'urgence climatique nationale, en réponse à laquelle le Canada doit s'engager à atteindre ses objectifs nationaux en matière d'émissions énoncés dans l'Accord de Paris ».

Les libéraux ne le disent pas, mais leur motion vise probablement aussi à éviter de laisser le champ libre à celle déposée cette semaine par les néo-démocrates. À gauche de l’échiquier politique, les libéraux, les néo-démocrates et les verts vont essayer de grappiller tout l’espace qu’ils peuvent sur la question environnementale.

Jeudi, la motion du NPD a été battue aux Communes. Rien de surprenant, puisqu’une partie du texte servait à se démarquer des politiques libérales. Le NPD demandait entre autres de ne pas continuer le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain et d’éliminer immédiatement toutes les subventions fédérales aux combustibles fossiles.

De la même manière, il serait surprenant que la proposition conservatrice soit acceptée, vu sa formulation. Le parti d’Andrew Scheer demande notamment au gouvernement « de présenter un vrai plan sur les changements climatiques ».

La campagne n’est pas encore commencée que déjà l’affrontement sur le plan du climat est bien enclenché.

Ceux qui espéraient que le débat serve d’abord et avant tout à s’attaquer au problème de fond pourront trouver matière à consolation. En essayant de marquer des points au détriment de leurs adversaires, les partis mettent du même coup le sujet à l’avant-plan.

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