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Salaires dans la fonction publique : la CSN prend Legault au mot

Le premier ministre du Québec, François Legault.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Alex Boissonneault

François Legault a dit qu'il voulait plus de bons emplois bien payés au Québec, et la CSN est d'accord avec lui. Radio-Canada a appris que l'organisation syndicale, surtout présente dans les secteurs de la santé et de l'éducation, lorgne des augmentations de plus de 10 % la première année pour les fonctionnaires situés au bas de l'échelle salariale.

Dès la semaine prochaine, et jusqu’à la fin du mois de septembre, environ 150 000 employés de la fonction publique représentés par la CSN seront appelés à se prononcer sur le cahier de propositions qui sera soumis au Conseil du Trésor cet automne.

Cette consultation est une étape cruciale en vue des négociations qui doivent mener au renouvellement des conventions collectives, qui arriveront à échéance le 31 mars 2020.

Le document qui doit servir de base à la discussion, qu'a obtenu Radio-Canada, établit clairement que le salaire et les conditions de travail seront au cœur des discussions.

Redressement salarial

Parmi les orientations soumises aux membres, il y a celle d’augmenter les salaires de 3 $ de l’heure pour tous les syndiqués, dès la première année.

Les employés les moins bien payés seraient avantagés. Par exemple, un préposé dans un CHSLD qui gagne 20 $ de l’heure verrait son salaire majoré de 15 %, alors qu’un enseignant qui touche 50 $ l'heure bénéficierait d’une augmentation de 6 %.

Il s’agit d’un redressement aussi nécessaire qu’urgent pour valoriser les emplois du secteur public, selon la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville.

C’est le coup de barre qu’il faut donner pour les plus bas salariés. Ceci étant dit, 3 $ de l’heure, même quand on est plus haut salarié, ça reste une augmentation significative.

Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN
Tableau indiquant les attentes salariales de la CSN

Les attentes salariales de la CSN

Photo : Radio-Canada

Bonifier les conditions de travail

Autre priorité de la CSN : l’amélioration des conditions de travail. Le syndicat veut notamment obtenir des gains pour lutter contre la surcharge de travail et favoriser la rétention des employés.

Les orientations proposées aux membres incluent des demandes d’investissement « majeur » en santé et dans les services sociaux, et la création de nouveaux postes.

Les fédérations du secteur public de la CSN revendiquent aussi que la Caisse de dépôt et placement du Québec procède au désinvestissement progressif dans les énergies fossiles du régime de retraite RREGOP, dans un délai de cinq ans.

Le fameux deuxième bain par semaine, ben ça prend des gens sur le plancher des vaches pour le donner, ce deuxième bain-là.

Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

Gros surplus, grandes attentes

Même son de cloche du côté de la FTQ, qui représente plus de 50 000 employés de l’État, dont plusieurs travailleurs manuels et adjoints administratifs.

Son président, Daniel Boyer, rappelle que, d’un côté, le gouvernement bénéficie d’importants surplus budgétaires, alors que les ressources manquent sur le terrain.

Oui, on a le premier ministre qui dit que des bonnes jobs à 30 $ de l’heure, c’est ça qu’il veut créer. Ben, il y en a plusieurs dans le public qui ne gagnent pas 30 $ de l’heure, donc on espère que les bottines vont suivre les babines dans la prochaine négociation.

Daniel Boyer, président de la FTQ

Vers une loi spéciale?

Les négociations augurent mal pour le gouvernement, qui devrait déjà envisager une loi spéciale, estime le porte-parole libéral pour le Conseil du Trésor, Gaétan Barrette.

À son avis, les déclarations du premier ministre Legault sur les emplois payants ou sur le retard salarial de la fonction publique québécoise, combinées aux surplus budgétaires, placent les syndicats dans une position « idéale ».

L’idée d’augmenter tous les taux horaires de 3 $ est un bon exemple pour l’ex-ministre, qui croit que la proposition risque de coûter cher et de rapporter peu au gouvernement.

« S’il y avait juste des postes disponibles en CHSLD, parfait, mais il y a des postes partout. Alors, les gens vont aller là où c’est plus léger. Il vont dire : ''Merci pour l’augmentation, mais je vais aller gagner ma vie plus facilement''. »

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue. « Il est encore trop tôt pour nous prononcer », a indiqué l’attachée de presse du ministre, Myrian Marotte.

Alex Boissonneault est correspondant de Radio-Canada à l’Assemblée nationale

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