•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

S’unir pour prévenir la violence chez les jeunes

Une personne. le visage caché, tient un couteau dans sa main qu'elle pointe à l'appareil photo.
En tout, 63% des jeunes qui ont suivi le programme WrapED pendant 18 mois ont arrêté toute activité criminelle ou ont considérablement coupé les liens qu'ils entretenaient avec des personnes à l'influence négative. Photo: iStock / Diy13
Radio-Canada

En 2013, cinq organismes locaux et la police d'Edmonton ont choisi d'unir leurs forces pour tester une nouvelle approche de prévention de la violence chez les jeunes. L'heure est maintenant au bilan pour ce projet pilote baptisé WrapED, qui a permis à un participant sur trois de commencer à revenir dans le droit chemin.

« Le fait d’avoir touché 30 % de ces jeunes est un bon résultat quand on prend en compte les défis auxquels ils doivent faire face », dit Tammy Horn, la responsable de l'évaluation du programme WrapED.

La plupart des 183 jeunes qui ont suivi le programme au cours des cinq dernières années avaient des problèmes de drogue, d’alcool, de délinquance ou étaient en rupture avec leur famille.

Les témoignages de jeunes de 12 à 17 ans qui ont réussi leur réinsertion sociale se succèdent dans la vidéo présentée lors du bilan du programme.

« Retourner à l’école, ne pas avoir de démêlés avec la justice et ne pas aller en prison pendant un an sont les grands changements que [le programme] à apportés dans ma vie », affirme un participant.

« Sans WrapED, je n’aurais pas pu me fixer des objectifs dans la vie ni même savoir comment les atteindre », mentionne un autre.

L’union fait la force

Pour les sortir de la spirale de la délinquance qui les guettait, des organismes travaillant dans différents secteurs ont choisi de mettre leur expertise en commun, au lieu de travailler en silos.

 La collaboration est l’élément qui rend ce projet si unique. 

Cynthia Kono, intervenante de WrapED

En se réunissant sous la bannière de WrapED, composé de cinq organismes locaux et de la police d’Edmonton, ont permis aux jeunes de recevoir plusieurs services en ne frappant qu’à une seule porte.

« L’organisme John Horward s’occupe de ceux qui ont des problèmes avec la justice, un autre encadre leur développement de carrière, et deux autres structures sont spécialisées dans l’accompagnement des Autochtones et des immigrants africains », explique Cynthia Kono, une intervenante qui suit les jeunes depuis quatre ans.

Ces deux groupes de population sont les plus à risque de se joindre à des groupes criminels organisés, précise-t-elle. Dans les faits, les deux tiers des jeunes ayant participé à WrapED appartenaient à une communauté autochtone.

Une initiative à reproduire

Des retours à l’école à la découverte d'une carrière en passant par une moindre consommation de stupéfiants, Tammy Horn a constaté des transformations positives chez près d’un jeune sur trois.

Et ce serait toute la société qui bénéficie de cette lutte préventive de la violence, selon l'évaluatrice indépendante Charlene Butler.

« Pour chaque dollar investi dans ce projet, 1,36 $ a été économisé », estime-t-elle en parlant de retour social sur l’investissement.

Au total, Charlene Butler estime que la société a ainsi évité de dépenser 2,5 millions de dollars en frais de police, de justice, de santé mentale ou de prise en charge de sans-abri.

C'est avec ces arguments que WrapED va tenter de séduire de nouveaux bailleurs de fonds, car les quelque 5 millions de dollars fournis par le fédéral en 2014 n'assurent la poursuite du projet que jusqu'en juin.

« On espère donc avoir de bonnes nouvelles aussi vite que possible », indique Holly Hallbourg, la responsable du programme WrapED, qui a besoin d'une nouvelle subvention d’au moins 500 000$ par année.

Alberta

Pauvreté