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Un projet pilote de transport intermunicipal dans les Comtés unis de Prescott et Russell

L'intérieur d'un autobus avec des bancs et un chauffeur.

Des mini-autobus, comme celui-ci, serviront au service de transport intermunicipal dans les Comtés unis de Prescott et Russell.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Denis Babin

L'implantation d'un système de transport en commun dans une région rurale constitue un défi de taille. C'est pourtant le pari audacieux que comptent relever les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), une région faiblement peuplée dont la superficie est quatre fois plus grande que l'île de Montréal.

Dans ce vaste territoire, l’automobile demeure de loin le mode de transport par excellence, causant certains défis reliés à la mobilité.

Chantal Hudon en sait quelque chose. Depuis quatre ans et demi, cette résidente de Saint-Isidore souffre de déficits vestibulaires qui peuvent provoquer, entre autres, des troubles d’équilibre. L’instauration d’un service de transport intermunicipal serait une véritable bénédiction pour elle.

Je dois demander à d’autres personnes […] pour me déplacer [que ce soit pour] mes rendez-vous ou bien juste faire des courses, illustre-t-elle. [Le service de transport collectif], si c’était une [ou] deux fois par semaine, ça me sortirait de la maison.

Certains clients du Centre de santé communautaire (CSC) de l’Estrie, qui offre une gamme de services et de soins de santé dans six communautés est ontariennes, y trouveraient aussi leur compte.

On pense que ça serait très intéressant pour certains de nos clients, surtout les plus vulnérables.

Étienne Grandmaître St-Pierre, gestionnaire, CSC de l'Estrie (Limoges et Bourget)

[Pour certains d’entre eux], aller en ville, c'est imposant. C'est une question de stationnement, de trafic, d'habitude de la route, surtout en hiver, indique Étienne Grandmaître St-Pierre, gestionnaire du CSC de l'Estrie aux sites de Limoges et de Bourget.

Les résultats de consultations et d'un sondage

Ces éléments sont ressortis des récentes séances de consultation menées par les CUPR, ainsi que d'un sondage en ligne effectué cette semaine auprès de 1315 personnes. Selon ce dernier :

  • 82 % des répondants trouvent qu'il s'agit d'une bonne initiative
  • 40 % des répondants utiliseraient régulièrement le service de transport intermunicipal
  • 83 % des répondants disent qu’ils sont prêts à débourser jusqu’à 6 $ pour un aller simple

Les quatre principales raisons évoquées pour utiliser ce service sont le divertissement, le magasinage, l’épicerie et les rendez-vous médicaux.

[Avec] la richesse des commentaires et des questions […], on apprend énormément des besoins des gens. [La raison] numéro un [des gens pour utiliser le service], c’est le divertissement, suivi de près par les rendez-vous médicaux, l’épicerie, les courses [et] le travail, explique l’agente de projets des CUPR, Isabelle Péladeau.

Au minimum, deux mini-autobus seront mis en circulation pour desservir le sud et le nord du territoire. Les trajets et les horaires ne sont toutefois pas encore coulés dans le béton.

Les gens qui sont vraiment en campagne, ils nous disent : "Ne nous oubliez pas! Nous sommes peut-être petits, mais venez nous chercher! Nous aussi, on en a besoin", raconte Mme Péladeau.

Les résidents devront rester réalistes

Les CUPR espèrent pouvoir lancer leur projet-pilote en septembre. L'initiative a reçu l’aval des maires de la région et bénéficie d'une enveloppe de 1,5 million de dollars du gouvernement ontarien sur une période de quatre ans.

Néanmoins, en ces temps d’austérité, il y a peu d’appétit chez les élus pour financer de nouvelles dépenses.

On a eu l'octroi. Ça fait que nous sommes aussi bien d'aller de l'avant et de voir ce qu'il en est.

Guy Desjardins, maire de la Cité de Clarence-Rockland

Si ça fonctionne, tant mieux! [Mais] je me questionne. Combien ça va coûter? […] Combien de personnes vont s'en servir? Est-ce qu'on va avoir assez de véhicules? On vouloir aller plus grand? […] D'autres coûts?, se demande le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Guy Desjardins.

Bref, les attentes de la population devront demeurer réalistes. C’est du moins l’avis de Line Labrecque, une résidente de Curran qui a assisté à une séance de consultation.

Je ne m’attends pas à ce qu’il y ait un autobus qui se rende en ville et qui passe aux quinze minutes. […] On [s’adaptera] à l’horaire qu’ils [feront], lance-t-elle.

Ottawa-Gatineau

Transport en commun