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Quand les inondations servent à réévaluer les risques

Des sac de sable protège une maison de l'eau qui déborde de la rivière.

Plusieurs maisons de Mattawa sont menacées par la crue des rivières Mattawa et des Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Mathieu Grégoire

Les inondations, qui touchent depuis maintenant deux semaines les résidents de Mattawa, forcent l'Office de protection de la nature local à revoir son évaluation des risques. L'organisme prévoyait de mettre à jour ses prévisions d'inondations cet été en collectant de nouvelles données dans certains secteurs à risque, mais le personnel mesure plutôt les dégâts causés par le débordement des rivières Mattawa et des Outaouais. L'Office cherchera ensuite à déterminer les probabilités qu'un tel scénario se reproduise.

L’Office de protection de la nature de North Bay-Mattawa estime, selon ses premières observations, que les dommages aux propriétés riveraines coïncident avec son évaluation des risques basée sur la cartographie des périmètres inondables. Les inondations actuelles sont, en quelque sorte, une occasion de valider ces pronostics.

Des employés étaient sur place en début de semaine pour surveiller la situation, prendre des photos et des vidéos, explique Sue Buckle, porte-parole de l'Office de protection de la nature de North Bay-Mattawa. Une fois la crise derrière nous, nous analyserons en détail ces informations pour comparer et modifier au besoin nos prévisions, a-t-elle ajouté.

Une maison entourée d'eau et de sacs de sable à Mattawa.

La crue printanière de cette année pourrait faire changer les probabilités d’inondations dans des zones qui ont été inondées.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Les évaluations des risques d’inondations que préparent les offices de la protection de la nature sont catégorisées par seuil de probabilité. Les quartiers riverains sont, par exemple, classés dans des zones considérées inondables une fois aux 25, 50 ou 100 ans.

La crue printanière de cette année pourrait ainsi faire changer les probabilités d’inondations dans des zones qui ont été inondées il y a moins de 50 ans. Dans une telle situation, l’office de la protection de la nature devra tenir en considération ce changement lorsque viendra le temps de recommander, ou non, à la municipalité de permettre quelconque projet de construction dans ladite zone.

Nous devrons nous baser sur la loi provinciale qui nous régit pour déterminer si des changements dans l’évaluation des risques s’imposent.

Sue Buckle, gestionnaire des communications, Office de protection de la nature de North Bay-Mattawa

Un problème d’exception

Les normes ontariennes encadrant l’identification des zones inondables et la construction dans celles-ci sont adéquates, selon le professeur en urbanisme à l’université Ryerson, Mitchell E. Kosny. Le problème serait plutôt dans le respect de ces normes, selon lui.

Une exception après l’autre, on se retrouve souvent avec un tas de gens qui obtiennent la permission de bâtir là où ils ne devraient pas

Mitchell E. Kosny, directeur, School of Urban and Regional Planning of Ryerson University

M. Kosny estime que les urbanistes et les municipalités doivent tenir compte des effets que les changements climatiques peuvent avoir sur les cours d’eau. Tout nouveau projet de développement devrait, selon lui, respecter les prévisions de risques les plus pessimistes.

Je me souviens lorsque j’étais moi-même étudiant et qu’on nous parlait des probabilités d’inondations sur 100 ans, on riait presque en se disant que ça n’arriverait jamais et nous n’avions pas besoin de nous en soucier, se rappelle-t-il. Aujourd’hui, ce sont mes étudiants qui prendront les décisions de demain. Ils doivent mettre la barre haute, conlut-il.

L’urbaniste Eha Naylor du bureau de conseil Dillon Consulting considère aussi que les effets des changements climatiques forcent des changements majeurs dans la planification du développement des communautés.

Je sais que les urbanistes, les ingénieurs et les architectes paysagistes ont tous indiqué au gouvernement que nous devons collaborer pour trouver des solutions, a-t-elle déclaré.

C’est maintenant au leadership politique de répondre.

Eha Naylor, urbaniste, Dillon Consulting

Dans son premier budget, le gouvernement de Doug Ford a sabré de moitié le financement des programmes de gestion des inondations des agences de protection de la nature de la province.

Nord de l'Ontario

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