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Un correcteur pour intimidateurs dans une appli

Un garçon consulte son téléphone, les yeux remplis d'eau.
L'application de Jeunesse en santé permettrait aux jeunes d'avoir des réflexions sur les mots qu'ils utilisent en tout temps. Photo: iStock
Marie-Jeanne Dubreuil

L'organisme baie-comois Jeunesse en santé développe une application mobile pour sensibiliser les jeunes à la cyberintimidation.

L’application, qui n’a pas encore de nom, enverra des notifications aux jeunes lorsque ceux-ci utilisent des mots grossiers ou haineux dans leurs messages textes ou sur les applications les plus utilisées, comme Messenger, Facebook, Snapchat ou Instagram.

Elle vise particulièrement les jeunes de sixième année et du premier cycle du secondaire.

Ces fenêtres de dialogues (pop-up) apparaîtront avant même l’envoi d’un message ou la publication d’un commentaire, un peu à la manière d’un correcteur.

Le pop-up dirait “Est-ce vraiment le mot que tu voulais utiliser?” ou “Y a-t-il un autre mot que tu pourrais utiliser?” pour conscientiser le jeune au vocabulaire qu’il utilise.

Guy Béland, président de Jeunesse en santé

Jeunesse en santé espère ainsi que les jeunes développent par eux-mêmes leur esprit critique quant à l’utilisation de certains mots.

L’organisme a mandaté l’entreprise baie-comoise ImageXpert pour la création de l’application. Il a d’ailleurs reçu une subvention de 18 697 $ d’Innovation et Développement Manicouagan pour l’aider dans la concrétisation du projet.

Faire d’une pierre deux coups

Ce projet d’application est né d’un désir de sensibiliser les jeunes à la cyberintimidation d’une façon différente, mais aussi complémentaire aux traditionnelles conférences dans les classes et aux interventions dans les maisons des jeunes.

À un moment donné, on s’est dit : “C’est bien beau de travailler sur la cyberintimidation, mais là, ça nous prendrait quelque chose de tangible”, raconte M. Béland.

Avec l’application, les jeunes pourront entretenir des réflexions sur la cyberintimidation à l’extérieur d’un contexte d’atelier de sensibilisation ou de rencontre avec des intervenants, ajoute M. Béland.

Le président de l'organisme Jeunesse en santé, Guy BélandLe président de l'organisme Jeunesse en santé, Guy Béland Photo : Radio-Canada

« Bitcher » pour aider

Dans l’optique de rendre son application la plus réaliste possible, l’organisme Jeunesse en santé lancera bientôt le concours Bitcher pour gagner, dans lequel il récoltera le plus de mots haineux ou grossiers possible.

Pour créer cette application-là, ça nous prend un dictionnaire de mots à repérer. On demande aux jeunes de venir nous écrire tous les mots qui ne sont pas nécessairement corrects d’utiliser pour qu’on puisse les ajouter à notre banque.

Guy Béland, président de Jeunesse en santé

Les jeunes pourront envoyer leurs suggestions au moyen des réseaux sociaux, les donner à la maison des jeunes La relève ou encore les remettre à des intervenants qui tiendront des kiosques dans les écoles secondaires.

L'organisme espère également recueillir tous les dérivés et façons d’écrire des mots.

Si je prends le mot “salope”, les jeunes peuvent avoir plusieurs façons de l’écrire. C’est un petit casse-tête, illustre M. Béland.

Malgré l’ampleur de la tâche, Jeunesse en santé espère lancer son application l’automne prochain.

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