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La fausse psy de Lévis condamnée à 18 mois de prison

Mélanie-Eugénie Chisholm au palais de justice de Québec.
Eugénie-Mélanie Chisholm au palais de justice de Québec Photo: Radio-Canada / Yannick Bergeron
Jean-François Nadeau

Une fausse psychologue de Lévis, Eugénie-Mélanie Chisholm, est condamnée à 18 mois de prison.

Eugénie-Mélanie Chisholm a plaidé coupable à plusieurs chefs d'accusation, notamment pour omission de se conformer à un ordre de la cour, fabrication de faux documents, fraudes de plus de 5000 $ et usurpation d'identité.

La femme de 47 ans se présentait comme docteure en psychologie et professeur de psychologie à l’Université Laval. Elle prétendait aussi avoir travaillé 12 ans à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Or, rien de tout ça n'était vrai.

La fausse psychologue de Lévis a évalué des enfants de son quartier, dont un adolescent de 17 ans qui était dépressif et à qui elle a recommandé de cesser sa médication. À chaque consultation, elle facturait entre 100 $ et 150 $ de l'heure et signait des reçus en tant que docteure en psychologie.

Fraude de 12 300 $ envers une famille

Elle a aussi évalué trois employés de l’entreprise du père de cet adolescent pour 3000 $.

La famille de cet enfant lui a aussi prêté de l’argent, parce qu’elle disait avoir été fraudée par son ex-conjoint.

Pour cette famille seulement, la fraude s’élève à 12 300 $.

Eugénie-Mélanie Chisholm a également reconnu avoir fraudé une autre famille, pour une somme de 1400 $, dans une histoire d’évaluation d’un enfant qui souffre de déficience intellectuelle.

Les victimes ont commencé à avoir des doutes quand elles ont demandé des rapports d'évaluation. La fausse psychologue avait toujours une fausse excuse, comme le décès d'un proche, un déménagement ou encore un diagnostic de maladie, pour ne pas produire le rapport.

Usurpation d'identité

La fausse psychologue a enfin usurpé l’identité de son ancien conjoint pour obtenir des contrats d’achat de cellulaire et de services de câblodistribution. Eugénie-Mélanie Chisholm a utilisé les informations personnelles de son ex-conjoint pour obtenir ces contrats par Internet.

Elle a finalement fraudé les propriétaires de son logement, à qui elle avait remis des chèques sans provision pour un total de 16 200 $.

Les faits reprochés se sont produits entre 2014 et 2018. Elle avait été arrêtée une première fois en 2016, mais elle a par la suite contrevenu à ses conditions de remise en liberté.

Eugénie-Mélanie Chisholm a reconnu en février 2017, devant l'Ordre des psychologues, avoir usurpé le titre de psychologue, avoir fait des évaluations et pratiqué illégalement la psychologie. Elle avait écopé d'amendes totalisant 55 000 $.

« Crimes odieux »

La juge Christine Gosselin a accepté la suggestion commune des deux parties. Elle affirme par contre que la peine lui semble clémente.

« Une peine plus sévère m’aurait été suggérée et je n’aurais pas hésité à vous la donner », a-t-elle déclaré à la fausse psychologue.

La juge a rappelé qu’il était odieux d’abuser de la vulnérabilité de familles qui avaient des enfants en difficulté et d’avoir utilisé des fonds qui auraient dû bénéficier aux enfants.

« Les enfants ont perdu du temps précieux où ils auraient pu être traités par de vrais professionnels » a souligné la juge.

La magistrate a aussi souligné que les personnes fraudées ne recouvriront jamais leur dû puisque Eugenie-Mélanie Chisholm est sans le sous.

L’accusée en pleurs a dit exprimer des regrets. Elle affirme vouloir se reprendre en main et se dit prête à suivre une thérapie.

Elle sera soumise à une probation de trois ans après sa libération.

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