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De nouvelles cartes placent Sainte-Marthe-sur-le-Lac en zone inondable

Vue aérienne sur la partie inondée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.
6000 résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont été évacués lors de l'inondation du 27 avril. Photo: Radio-Canada
Thomas Gerbet
Julie Marceau

Le sud de Sainte-Marthe-sur-le-Lac doit redevenir une zone à risque, concluent des experts mandatés par Québec pour refaire la cartographie des zones inondables de la région métropolitaine. La mairesse Sonia Paulus en a été informée jeudi matin, a appris Radio-Canada. Le changement pourrait avoir des conséquences importantes sur les possibilités de reconstruction et sur les primes d'assurance.

Même si 800 maisons de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont été inondées le 27 avril, seules deux résidences sont officiellement situées dans la zone inondable. Un paradoxe que les experts de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), mandatés par Québec, souhaitent corriger au plus vite.

Le changement majeur : la cartographie ne tient plus compte de la présence des digues. Celles-ci deviennent en quelque sorte invisibles. Et la nouvelle approche sera uniforme sur tout le territoire. Finies les incohérences entre municipalités.

Si le conseil des 82 maires de la région approuvait les nouvelles cartes, le 20 juin, et que le gouvernement du Québec donne son feu vert, la zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac redeviendrait semblable à ce qu'elle était avant la construction de la digue, il y a 40 ans. Environ 1500 maisons seraient considérées comme inondables, soit à peu près les mêmes qui ont été évacuées à la fin d'avril.

Carte de zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac de 1977, produite par le gouvernement fédéral avant la construction de la digue.Carte de zone inondable de Sainte-Marthe-sur-le-Lac de 1977, produite par le gouvernement fédéral avant la construction de la digue. Photo : Courtoisie

« Le fait que cette digue ait cédé fait en sorte qu’on doit avoir une petite gêne, conclut l'ingénieur hydraulicien de la CMM, Pierre Dupuis. C’est la raison pour laquelle on a fait des cartes qui ne tiennent pas compte de cet ouvrage-là. »

Les cartes devaient initialement être préparées pour fin 2020, mais « la crue de cette année a accéléré le processus, explique M. Dupuis, au moins pour les zones impactées ».

Une vingtaine d'experts de l'organisation qui regroupe 82 municipalités de la grande région de Montréal ont travaillé en urgence, dans les derniers jours, pour produire une nouvelle cartographie de la zone inondable des municipalités qui bordent le lac des Deux Montagnes, la rivière des Prairies et la rivière des Mille-Îles.

Le résultat a été présenté jeudi matin au comité exécutif de la CMM et aux représentants des municipalités et arrondissements touchés par les inondations.

Il n'a pas été possible d'obtenir une réaction de la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus.

Denis Martin, le préfet de la MRC de Deux-Montagnes (qui inclut Sainte-Marthe-sur-le-Lac) est favorable au changement d'approche.

Il faut reconnaître que ces zones-là sont à risque. La population doit savoir. C'est protégé, mais il y a quand même un risque.

Denis Martin, préfet de la MRC de Deux-Montagnes

« On prend acte des cartes », dit la mairesse de Montréal et présidente de la CMM, Valérie Plante. Elle mentionne que, d'ici le 20 juin, les villes et arrondissements peuvent encore proposer des améliorations aux cartes proposées.

Une fois que les cartes seront approuvées par la CMM, le gouvernement du Québec aura 60 jours pour les adopter à son tour.

On veut contribuer à la réflexion du premier ministre et du gouvernement. Il faut bouger, surtout si on veut que ce soit prêt avant l'année prochaine.

Valérie Plante, présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Le gouvernement du Québec a reconnu la nécessité de mettre à jour les cartes des zones inondables.

« Les cartes les plus récentes ont force de loi, explique l'ingénieur hydraulicien de la CMM, Pierre Dupuis. Les citoyens méritent qu'on leur donne l'information la plus pertinente à l'heure actuelle. »

Conséquences sur les assurances des résidents

Un quartier inondé  à Sainte-Marthe-sur-la-Lac.Les nouvelles cartes placent 1500 résidences dans la zone inondable. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les assureurs pourraient changer leurs primes en raison du retour de la zone inondable, reconnaît le préfet de la MRC Denis Martin. Selon lui, tout reposera sur l'évaluation du risque en présence de la nouvelle digue.

« Il faudra avoir des discussions avec les compagnies d'assurance, dit Denis Martin. Mais tout le monde doit être conscient de ce risque-là. »

Le chef de projet de la CMM, Cédric Marceau, explique par ailleurs que les nouvelles cartes auront une approche différente des précédentes, notamment en précisant à l’intérieur d’une zone inondable les secteurs à plus faible risque, à risque modéré ou à risque élevé.

« Actuellement, on se base sur la probabilité d’être inondé, mais on veut ajouter la vulnérabilité », explique-t-il. On retrouvera ainsi des informations sur la durée probable de l'inondation ou encore la profondeur d'eau.

Personne à la CMM n'est capable de dire pourquoi la zone inondable a disparu de Sainte-Marthe-sur-le-Lac après la construction de la digue, il y a 40 ans. À Deux-Montagnes, le zonage inondable est demeuré le même et la nouvelle carte ne change rien.

Environnement