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Surdose : les policiers de l'Ontario pourraient tous devoir être formés

Trousse de naloxone et son contenu.

Une trousse de naloxone, un antidote aux effets des drogues de type opioïde qui peut sauver une personne d'une surdose.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Une députée progressiste-conservatrice voudrait que tous les services de police de l’Ontario soient obligés de former l'ensemble de leurs agents à administrer de la naloxone, un antidote aux opioïdes qui peut sauver la vie d'une personne en surdose.

Les héros de tous les jours dans nos services de police en Ontario doivent disposer des outils et des informations dont ils ont besoin pour sauver des vies, a déclaré la députée Natalia Kusendova, qui a déposé un projet de loi privé à cet effet.

Nombre d'autres membres du gouvernement de Doug Ford lui ont donné leur appui.

La formation vise à ce que les agents de premières lignes sachent reconnaître les symptômes des surdoses d'opioïdes comme le fentanyl et sachent comment administrer la naloxone.

La crise des opioïdes est une bataille qui doit être menée sur tous les fronts possibles [...]. Le projet de loi 105 est une étape cruciale pour la gagner.

Natalia Kusendova, députée progressiste-conservatrice

Uniquement à Toronto, 68 personnes sont mortes d'une surdose présumée d'opioïdes entre le 1er janvier et le 1er mai cette année, comparativement à 35 décès au cours de la même période en 2018, selon le bureau de santé publique de la Ville Reine.

La députée a rappelé que depuis novembre 2018, les policiers peuvent utiliser la naloxone pour sauver des victimes de surdose d’opiacés sans craindre de faire l'objet d'une enquête criminelle au cas où la personne décéderait.

La présidente de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, Doris Grinspun, a salué l’initiative, tout en pressant la province d’améliorer l’accès aux centres de consommation supervisée.

Nous continuons d’exhorter le gouvernement provincial à élargir l’accès aux sites de consommation et de traitement dans toutes les communautés où il y a un besoin, a-t-elle déclaré.

Une mesure inutile, selon des policiers

De son côté, le président de l'Association des policiers de Toronto, Mike McCormack, a qualifié le projet de loi de redondant et inutile.

Il explique que les services de police en Ontario ont déjà pris les devants pour former leurs policiers à l'utilisation de la naloxone.

Mike McCormack devant Queen's Park lors d'une journée ensoleillée.

Mike McCormack estime que seuls les agents de police de première ligne devraient avoir l'obligation d'être formés.

Photo : Radio-Canada

M. McCormack estime aussi que l'obligation de former tous les policiers est superflue et coûteuse.

Est-ce qu'on a besoin de le faire pour les agents qui travaillent derrière un bureau ou pour les enquêteurs? Je ne pense pas, a-t-il affirmé.

En novembre dernier, le chef de la police de Windsor, Al Frederick, avait pour sa part déclaré qu'il ne voulait pas que ses agents s'occupent de naloxone, estimant que cette tâche devrait être laissée aux professionnels de la santé et aux ambulanciers paramédicaux.

La députée Natalia Kusendova n'a pas précisé combien coûterait la formation de tous les agents.

Elle a rappelé que l’Ontario avait certains des taux les plus élevés d’empoisonnement aux opioïdes au pays, en particulier dans les villes de Thunder Bay, de Brantford, de Sault-Ste-Marie, de Belleville et de St. Catharines.

Toronto

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