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Huawei pose un risque de sécurité pour le Royaume-Uni, selon un ancien chef du MI6

Le logo de Huawei devant ses bureaux britanniques.

Les États-Unis accusent Huawei d'être une extension des services de renseignement chinois.

Photo : Reuters / Toby Melville

Radio-Canada

Le Royaume-Uni devrait interdire complètement à Huawei de participer à la construction des réseaux 5G du pays, car l'entreprise « est soumise à l'influence de l'État chinois », conclut un rapport britannique préfacé par un ancien chef du MI6.

Le rapport (Nouvelle fenêtre) a été produit par la Henry Jackson Society, un groupe de réflexion néoconservateur sur la politique étrangère britannique. La préface est signée de la main de Sir Richard Dearlove, qui a dirigé les services secrets britanniques de 1999 à 2004. Celui-ci dit espérer que le gouvernement reconsidérera sa décision d’autoriser Huawei à fournir des équipements de télécommunications pour la construction des réseaux 5G britanniques.

« Aucune partie de l’État communiste chinois n'est capable d'opérer à l'écart du contrôle exercé par la direction du parti communiste, écrit Richard Dearlove. Ainsi, nous devons conclure que l’engagement de Huawei présente un risque de sécurité potentiel pour le Royaume-Uni. »

Une photo de Richard Dearlove en train de parler et faisant un geste de la main.

Richard Dearlove en 2011

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

« Le fait que le gouvernement britannique semble avoir choisi de placer le développement de certaines de ses infrastructures les plus cruciales dans les mains d’une entreprise de la République populaire de Chine (RPC) est profondément inquiétant, poursuit-il. La RPC se sert de ses capacités techniques sophistiquées non seulement pour contrôler sa propre population (à un degré extrême et grandissant), mais elle conduit aussi des opérations agressives de collecte de renseignements à distance à l’échelle du monde. »

« Placer la RPC dans une position d’exploitation potentiellement avantageuse dans les futurs systèmes de télécommunications du Royaume-Uni constitue donc un risque que, bien qu’il puisse sembler éloigné pour l’instant, nous n’avons tout simplement pas besoin de prendre », conclut-il.

Theresa May ouvrirait la porte à Huawei

D’après des discussions ayant filtré le mois dernier d’une discussion confidentielle entre la première ministre britannique Theresa May et le Conseil national de sécurité, Mme May aurait décidé d’ignorer les inquiétudes de ses ministres quant à Huawei. Elle aurait insisté pour autoriser Huawei à fournir des équipements de télécommunications « non essentiels » pour les réseaux 5G du pays.

Ces fuites ont mené au renvoi du ministre de la Défense, Gavin Williamson.

Certains observateurs, dont Richard Dearlove, avancent que Theresa May pourrait avoir imposé son veto pour maintenir de bonnes relations commerciales avec la Chine. M. Dearlove estime toutefois que cet argument est irrecevable.

« Si l’Australie peut rejeter Huawei en tant que fournisseur d’équipements 5G, le Royaume-Uni peut certainement faire de même sans se soucier des conséquences », affirme Richard Dearlove.

Huawei, outil d’espionnage chinois?

Le rapport de la Henry Jackson Society souligne que Huawei, bien qu’elle nie être à la solde de l’État chinois, est tout de même soumise à la loi chinoise sur le renseignement national. Celle-ci oblige toutes les entreprises chinoises à fournir des informations et des données au gouvernement à sa demande. La loi peut aussi servir à mobiliser les effectifs et les équipements d’une entreprise à des fins d’espionnage.

Le rapport britannique soutient en outre que de limiter Huawei à fournir les équipements « non essentiels » (comme les antennes) ne permettrait pas d’éliminer les risques de sécurité. D’après le document, qui cite des experts, les antennes peuvent être modifiées tant de façon matérielle que logicielle, ce qui pourrait permettre à Huawei d’intercepter des informations sans être détectée – même après l’installation de l’équipement.

Inquiétudes américaines

Huawei est le plus grand fournisseur d’équipements de télécommunications dans le monde et tient actuellement le haut du pavé sur le marché naissant de la 5G. L’entreprise est au cœur d’une controverse mondiale depuis que les États-Unis l’accusent d’être une extension des services de renseignement chinois, ce que Huawei a nié à de nombreuses reprises.

Mercredi, Huawei a indiqué être prête à signer des ententes anti-espionnage pour rassurer les gouvernements des pays où elle souhaite faire affaire.

Quelques heures plus tard, Washington a déclaré une urgence nationale dans ce dossier, interdisant du même coup aux réseaux américains de télécommunications d’acheter leurs équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque. D’après les analystes, ce décret vise implicitement Huawei.

Pékin a réagi jeudi matin en mettant Washington en garde contre « une atteinte » aux relations commerciales.

Avec les informations de Reuters, The Guardian, et The Irish News

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