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25 ans de la SOPFEU : comment nos combattants du feu sont-ils formés?

Un reportage de Maxime Denis
Maxime Denis

L'année 2019 marque le 25e anniversaire de la Société de protection des forêts contre le feu, communément appelée la SOPFEU. Malgré le printemps tardif et les crues printanières, le niveau d'incendie a été élevé dans le sud du Québec au cours des dernières semaines. Des hommes et des femmes de partout au Québec s'entraînent en prévision de la saison de combats contre les incendies de forêts. Incursion dans une journée de formation des pompiers forestiers.

Un mardi frisquet de printemps, une trentaine de jeunes sont en formation au coeur de la forêt sur le site de Duchesnay, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, dans la région de Québec.

« La première formation, c'est un 40 h de formation pour pouvoir être pompier forestier, donc c'était une semaine complète avec de la théorie de la pratique. Tout au long de leur carrière, ils vont pouvoir suivre d'autres formations pour monter dans l'organisation », résume Marie-Louise Harvey, agente aux communications à la SOPFEU.

En général, la SOPFEU recherche une vingtaine de pompiers forestiers par année pour l’ensemble du Québec. « Les gens postulent en janvier, les candidats sont sélectionnés pendant les mois de février et mars, ils ont un test médical à passer et par la suite réussir le test physique », explique Mme Harvey.

Marie-Louise Harvey, agente aux communications, SOPFEUMarie-Louise Harvey, agente aux communications, SOPFEU Photo : Radio-Canada

Le chef de lutte Manuel Barthe explique ce à quoi ressemble une journée de travail, bien qu'il n'existe aucune journée similaire. « Sur un chiffre de 12 h, on va faire de l'application d'eau une bonne partie de la journée, on va faire de la patrouille, donc de la marche en forêt sur des terrains assez escarpés ».

Ces longues heures de travail et la proximité avec ses collègues permet d'avoir des liens très étroits, telle une famille.

« Il y faut avoir le travail d'équipe à coeur. Faut aimer travailler ensemble, faut avoir une bonne forme physique pour pouvoir monter les montagnes avec une chaleur qui est quand même assez importante lorsqu'on est sur les feux de forêt, mais sinon faut aimer la nature, faut aimer le terrain, faut aimer le travail physique, ça c'est évident », raconte Mme Harvey.

La SOPFEU en chiffres

  • Chaque année, les pompiers combattent en moyenne 460 incendies
  • L'équivalent de 36 000 hectares ravagés annuellement, soit le tiers de la superficie du lac Saint-Jean
  • Dans 75 % des cas, l'incendie est de causes humaines
  • Les causes naturelles, la foudre principalement, représentent 25 % des incendies
  • 450 employés dont 250 pompiers forestiers
  • Coût d'opération annuel : 55 millions de dollars
  • Coût d'extinction des feux en moyenne depuis 8 ans : 27,3 millions de dollars

Manuel Barthe, pompier forestier, chef de lutte, SOPFEUManuel Barthe, pompier forestier, chef de lutte, SOPFEU Photo : Radio-Canada

La sève des conifères peut également compliquer le travail des pompiers.

« Pour ce qui est du Nord-du-Québec, quand on tombe dans le résineux, les grandes portions de forêts résineuses, il y la térébenthine qui se trouve à l'intérieur de l'arbre, puis cette sève-là est comme un combustible assez incroyable », précise le chef de lutte, Manuel Barthe.

Recrutement

Si bien des secteurs d'activités au Québec recherchent de la main-d'oeuvre, la SOPFEU a été en mesure de compléter ses équipes cette année. Toutefois, certaines difficultés de recrutement sont observées dans quelques régions de la province.

« C'est sûr qu'on ne fait pas exception à cette pénurie. C'est sûr que les régions plus au nord, Val-d'Or, Baie-Comeau, c'est des secteurs où on a plus de difficultés », témoigne Mme Harvey.

Jérémy Mercier, 20 ans, a quitté son coin de pays, Havre-Saint-Pierre sur la Côte-Nord, pour devenir pompier forestier. Un choix tout à fait naturel afin de se développer pour éventuellement devenir pompier urbain. « C'est sûr que c'est beaucoup d'épreuves. C'est motivant de travailler avec du monde d'expériences aussi, et on développe des liens super bons en forêt », explique-t-il.

Venu de France, Antoine Poch aime pouvoir profiter de l'hiver québécois pour vivre différentes expéditions et travailler dans les bois durant l'été. « J'aime énormément l'aventure, donc pouvoir avoir l'opportunité de travailler l'été, protéger les forêts québécoises ».

Basée à Sept-Îles, Camille Tousignant compte parmi les quelques femmes pompières forestières.

« Le fait de vivre avec plusieurs personnes, de travailler en équipes, d'être dans le bois dans des camps forestiers, que ce soit un travail saisonnier. L'été je travaille fort, mais l'hiver j'ai du temps pour moi. Je pense que si t'aimes l'adrénaline dans vie, tu sais que c'est une job parfaite pour toi. »

Questionné sur ce que le chef de lutte Manuel Barthe préférait le plus de son métier, il a répondu « l'inattendu ».

« Du début à la fin d'une journée, on ne sait jamais qu'est-ce qui va arriver, on ne sait pas où est-ce qu'on va se trouver au Québec, on ne sait pas demain où est-ce qu'on va se trouver dans le Canada, un peu aider son prochain. Le fait qu'on est là pour servir la société ».

Avec le printemps tardif, la saison des incendies de forêts débute lentement cette année, mais le scénario pourrait être différent cet été.

« Présentement, c'est sûr la pluie qu'on a eu depuis le début de la saison, le froid qu'on ressent aussi nous aident pour les incendies. On en a moins. Toutefois, ça va dépendre du reste de l'été. On pourra vous dire cette information-là au mois de décembre quand Noël va arriver », lance l'agente aux communications en riant.

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