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Justin Trudeau promet une charte numérique pour lutter contre la haine sur Internet

Justin Trudeau et Emmanuel Macron parlent au micro.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau s'est adressé aux journalistes en compagnie du président français Emmanuel Macron au terme d'un repas à l'Élysée.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé jeudi, à Paris, l'implantation prochaine d'une charte numérique au Canada pour lutter contre la propagation en ligne des idéologies violentes et haineuses et responsabiliser les plateformes numériques face à ce phénomène.

Devant une salle remplie d’entrepreneurs dans le cadre de l’événement Viva Technology, Justin Trudeau a affirmé qu'une action globale s’imposait pour lutter contre les discours haineux, la désinformation sur Internet et l'ingérence électorale.

Dans son discours, Justin Trudeau a expliqué qu’aujourd’hui le monde virtuel et le monde réel se rejoignent, et que ce qu’il y a de plus haineux et de plus mauvais dans le monde virtuel déborde dans la vie réelle.

Il est important pour les compagnies de technologie, y compris les géants du web, d’assumer plus de responsabilités par rapport à l’espace public qu’ils sont en train de créer.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Plus tard, lors d’un point de presse à la sortie d’un repas en compagnie du président français Emmanuel Macron, Justin Trudeau a expliqué qu’il est temps que les gouvernements et les grandes plateformes numériques prennent leurs responsabilités face aux mouvements qui propagent la haine et la violence, véritable menace selon lui pour les valeurs démocratiques dans le monde.

La charte numérique qu’il compte instaurer au Canada doit servir de guide pour de futurs règlements destinés à encadrer les responsabilités des plateformes numériques par rapport aux contenus qu’elles véhiculent. Et cette charte viendra avec des obligations et des pénalités, a promis Justin Trudeau.

Un engagement qui n’entraîne aucune conséquence est inefficace. Lorsque les plateformes ne respectent pas leurs responsabilités, nous devons être en mesure de les tenir responsables.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Soulignant que la capacité d’intervention des gouvernements connaît ses limites, Justin Trudeau a ajouté qu’une grande partie de la solution devra être mise en place par les plateformes.

« Les nouvelles technologies sont utilisées pour propager de la haine et encourager la violence. Les plateformes en ligne sont utilisées pour miner la démocratie et faire circuler de la mauvaise information », souligne Justin Trudeau.

Les gens perdent confiance dans les institutions numériques. Ils sont préoccupés non seulement pour les élections ou la protection de leur vie privée, mais aussi pour leurs emplois et la sécurité.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« On doit mettre en œuvre une stratégie globale qui nous permettra de règlementer l’espace numérique », a ajouté Justin Trudeau qui affirme que les plateformes qui ne collaboreront pas à l'atteinte de cet objectif s'exposeront à des amendes et des sanctions au Canada en cas d'infraction.

« La réalité c’est qu’Internet et les nouvelles technologies numériques ont un impact sur tous les aspects de nos vies. On ne peut pas compter seulement sur les entreprises pour protéger l’intérêt public. »

L'appel de Christchurch

Le premier ministre du Canada a fait cette annonce au lendemain des travaux entourant « l’appel de Christchurch » qui réunissaient mercredi à Paris les dirigeants d’une dizaine de pays et les représentants des grandes plateformes numériques pour discuter de solutions pour lutter contre l’utilisation des réseaux sociaux par des groupes terroristes et extrémistes pour répandre leur idéologie dans le monde.

Cette rencontre internationale a été organisée par le président français Emmanuel Macron et la première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, au lendemain de la tuerie qui a fait 51 morts dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Outre l’horreur qu’elle a suscitée, cette attaque a donné une nouvelle dimension à ce genre de crime haineux après que son auteur eut diffusé le massacre en direct sur Facebook pendant une vingtaine de minutes au moyen d’une caméra portative fixée à son équipement.

La vidéo avait fait le tour du monde en quelques minutes avant d’être retirée de la majorité des plateformes numériques.

Mercredi, 26 pays et géants du numérique, dont les leaders Facebook et ses filiales WhatsApp et Instagram ainsi que Google et sa filiale YouTube, ont rallié « l’appel de Christchurch », promettant d'agir de concert pour lutter contre les contenus en ligne « terroristes et extrémistes violents ». Or, les États-Unis, qui jouent un rôle majeur en matière de propriété et de présence sur les plateformes numériques, ont quant à eux refusé de s'engager sur ce terrain.

« Bien que les États-Unis ne soient pas actuellement en position de l'adopter, nous continuons de soutenir les objectifs que reflète l'appel », a annoncé mercredi la Maison-Blanche dans un communiqué.

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