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57 M$ de plus pour remplacer le système de paye Phénix

M. Giroux est entouré de journalistes qui lui tendent un micro.
Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, lors d'un point de presse à Ottawa en janvier dernier (archives) Photo: Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy
Angie Bonenfant

Le gouvernement fédéral devra davantage délier les cordons de sa bourse pour remplacer le système de paye Phénix, a prévenu jeudi le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux. Acquérir un nouveau logiciel, le tester puis former les employés pour l'utiliser peut coûter 57 millions de dollars de plus sur 6 ans, estime-t-il.

Cette somme s’ajoute aux 2,6 milliards de dollars déjà prévus pour stabiliser le système et corriger les données de paye. Cette partie demeure la plus importante de l'équation, évalue M. Giroux.

C'est essentiel de corriger les erreurs qui sont générées par Phénix avant de faire quoi que ce soit d'autre. C'est ça qui est dispendieux.

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Le système, présentement, génère tellement d'erreurs qu'il faut absolument stabiliser le système, corriger les erreurs qui continuent d'être générées, a expliqué Yves Giroux. Parce que si on ne fait pas ça avant de transitionner à un nouveau système, on va se retrouver avec les mêmes problèmes.

À compter de 2023-2024, une fois le nouveau système mis en place, le gouvernement devra dépenser entre 101,9 et 105 millions de dollars par année pour assurer son fonctionnement. Le coût de fonctionnement du nouveau système de paye devrait représenter un tiers du coût actuel, soit environ 66 % moins cher qu'avec le système de paye Phénix.



Yves Giroux soutient toutefois que les coûts affichés dans son rapport représentent un éventail d’estimations. Les coûts de personnalisation, soit les coûts nécessaires pour adapter cette nouvelle solution à l’administration de paye fédérale, pourraient influer sur les sommes d’argent à dépenser.

Le gouvernement fédéral a un système de paye très, très complexe en raison du nombre d'employés dans des corps de métiers différents et des règles de paye différentes, a-t-il avancé.

Peu importe la solution que l'on va adopter, c'est fort probable qu'il y ait besoin de personnaliser un logiciel ou une solution informatique de paye pour tenir compte des particularités et de la complexité du système de paye fédéral. Et c'est ce qui risque d'ajouter des coûts au système que l'on a estimé.

Essayer de réparer un système alors qu'il fonctionne à plein régime, c'est un défi majeur.

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Le Bureau du directeur parlementaire du budget croit qu’il devrait être possible de réaliser des économies considérables, une fois le nouveau système de paye mis en œuvre.

Bien plus que 57 millions de dollars?

Un système de paye Phénix corrigé et stabilisé mériterait-il toujours d'être remplacé au coût de millions de dollars?

La question se pose, puisqu'une source au sein du gouvernement a laissé entendre, jeudi après-midi, que les coûts de remplacement avancés par le DPB pourraient même dépasser les 57 millions de dollars, car ils n'incluent pas les coûts associés à la transition vers un nouveau système de ressources humaines.

Après avoir investi tant d'argent pour stabiliser le système, est-ce qu'on voudra le garder? Ou, est-ce que le nom Phénix est tellement associé à des mauvais souvenirs et des dépenses exorbitantes, qu'on voudra absolument passer à une autre solution? Ça va être une décision du gouvernement, a déclaré M. Giroux.

La présidente du Conseil du Trésor, Joyce Murray, a déjà indiqué que les démarches pour remplacer Phénix suivent leur cours et qu'il n'est pas question pour le moment de simplement remettre le système en bon état.

La responsabilité de ma collègue [la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement Carla] Qualtrought est d'améliorer le système actuel pour que les problèmes soient de moins en moins importants. Mon travail, lui, consiste à créer une solution de nouvelle génération, a-t-elle lancé.

Nous allons travailler à remplacer Phénix, car, fondamentalement, cela ne fonctionne pas bien et nos fonctionnaires en paient le prix.

Joyce Murray, présidente du Conseil du trésor

Mme Murray a également annoncé que plusieurs projets pilotes seront mis à l'essai d'ici la fin de l'année.

Les deux principaux syndicats de la fonction publique, quant à eux, refusent d'envisager que Phénix puisse être simplement réparé.

On a écrasé l'ancien système: il n'y a pas d'autres banques de données [que Phénix], a souligné la vice-présidente exécutive nationale, Magali Picard, à l'émission Les matins d'ici. Si on ne corrige pas Phénix, on va transférer des données erronées dans un nouveau système. On ne sera pas plus avancés.

Il faut continuer de stabiliser le système juste pour la période [durant laquelle il faudra] l'utiliser avant d'en avoir un nouveau, a soutenu pour sa part Debbie Daviau, présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique.

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