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Le gouvernement demande la suspension des négociations salariales des infirmières

Travis Toews serre la main de Jason Kenney
Le minsitre des Finances, Travis Toews, (à gauche) a confirmé que le gouvernement a demandé la suspension des négociations salariales des infirmières. Photo: La Presse canadienne / Jason Franson
Radio-Canada

Le ministre des Finances de l'Alberta, Travis Toews, a confirmé que le gouvernement avait demandé que les négociations salariales avec les infirmières soient suspendues pour se donner le temps d'examiner les finances publiques de la province.

Il affirme que cela ne signifie pas nécessairement que le gouvernement cherchera à revoir les salaires des infirmières à la baisse.

« Nous n’avons pas pris de décision », assure-t-il.

Ces négociations portent spécifiquement sur un accord salarial pour la dernière année d’un contrat de trois ans entre le syndicat, l'United nurses of Alberta (UNA), et les différents employeurs des infirmiers et infirmières, soit Services de santé Alberta (AHS), Covenant Health et Lamont Health Care Centre.

Selon le contrat en vigueur, les négociations devaient se tenir avant la fin du mois de juin. Les parties avaient prévu de les commencer dès lundi.

Un arbitre a toutefois accepté de les retarder, après une requête officielle d'AHS à la demande du gouvernement. Ce dernier veut finir son examen des finances publiques de l’Alberta avant qu’elles ne reprennent.

L’UNA a immédiatement demandé à la Commission des relations de travail de revoir cette décision, arguant que l’arbitre n’avait pas le pouvoir de briser le contrat en vigueur et accusant au passage le patronat de négocier de mauvaise foi.

La commission a décidé d’entendre leur cause le 31 mai.

Le gouvernement veut des expertises

L’examen des finances publiques que le gouvernement souhaite terminer avant la suite des négociations repose surtout sur le rapport d'un comité d’experts, qui est attendu le 15 août. Ce comité, qui a pour mission de trouver les meilleures façons de rétablir l’équilibre budgétaire de l’Alberta avant 2022-2023, est présidé par l’ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan Janice MacKinnon.

En octobre 2017, celle-ci a corédigé un article pour l’Université de Calgary qui proposait de réduire de 2 % le salaire des employés de la fonction publique et suggérait des façons de légiférer pour y parvenir sans l’accord des syndicats.

« Ils l'ont écrit d'avance »

L’UNA est convaincue que le Parti conservateur uni (PCU) va dans la même direction. « Il y a déjà un plan de parcours, ils l’ont écrit d’avance », affirme le directeur des relations de travail de l’UNA, David Harrigan. « Les députés du PCU n’ont pas encore été assermentés qu’ils brisent déjà des obligations contractuelles. »

La Fédération albertaine du travail et l’opposition officielle se sont toutes les deux prononcées contre l’intervention du gouvernement dans les négociations.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de travail, Christina Gray, croit que le PCU « joue un jeu dangereux » en s'immisçant ainsi dans des négociations dont il ne fait pas officiellement partie.

« Le chemin que prend le gouvernement en ce moment nourrit la méfiance chez les intervenants de première ligne », croit-elle.

Dans leur contrat initial,les infirmières avaient accepté un gel de salaire de deux ans à condition de pouvoir renégocier leurs salaires cette année. Ce contrat arrive à échéance le 20 mars 2020. Le syndicat représente 30 000 infirmières.

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