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Le printemps tardif retarde la production de fruits et légumes locaux

Un assortiment de fruits et légumes, parmi lesquels des pommes, des agrumes, des tomates et des piments.
Le printemps tardif aura des répercussions sur le coût et la disponibilité des produits agricoles locaux cette année (archives). Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Du temps frais, beaucoup de pluie et très peu de soleil... Les conditions météorologiques difficiles font en sorte que la production de fruits et légumes est déjà en retard de plusieurs semaines dans la région d'Ottawa. Cette situation pourrait affecter le prix et la disponibilité des produits locaux en épicerie cet été.

Cette année, ce n'est pas beau. On est à peu près un mois en retard, parce que [ce qu'on a eu dernièrement], ce sont des températures du mois d'avril, déplore Serge Cléroux, un producteur agricole qui vend ses produits dans le marché By d'Ottawa.

Comme d'autres, il a dû reporter sa présence dans les champs. La terre est si détrempée et froide que certaines semences, comme le maïs et la tomate, ne pourraient pas pousser.

On a une saison quand même assez courte et si le produit rentre plus tard, ça raccourcit notre saison. Ça va nous affecter au bout du compte.

Serge Cléroux, producteur agricole

Normalement à la fin mai, tout est ensemencé, tout est prêt à produire. Mais avec les inondations, ça pourrait prendre beaucoup plus de temps, explique de son côté Sylvain Charlebois, professeur de distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie.

Il entrevoit une diminution de la capacité de production, mais aussi de la taille des fruits et légumes qui auront une période de croissance plus courte.

Les agriculteurs dans les zones touchées par les inondations seront toutefois fort probablement indemnisés pour pallier leurs pertes, ajoute M. Charlebois.

Ce sont les consommateurs, constamment à la recherche de produits frais, qui seront les plus pénalisés par la mauvaise météo des dernières semaines.

Des produits locaux plus chers?

Dans un tel contexte, les premiers produits disponibles sur les étals dépasseront inévitablement le prix moyen des années passées, selon Serge Cléroux. Les fermiers qui vont vouloir avoir des produits plus tôt vont installer un genre de toile qui va faire en sorte que la chaleur va rester et que la pluie va passer au travers. [...] Il faut se rattraper quelque part, justifie-t-il.

D'autres choisissent de couper dans leur marge de profit dans l'espoir d'attirer une plus grande clientèle. Ça fait au moins 15 à 20 ans qu'on vend au même prix. Ça n'a pas de sens, mais c'est un marché ici que si tu vends trop cher, le monde n'achète pas, constate quant à elle Huguette Lacroix, une commerçante du marché By.

Moi ça fait 47 ans que je suis ici et je vends au même prix, renchérit Christiane Gravel, une autre productrice agricole.

C'est plutôt le prix des produits locaux en épicerie qui risquent d'augmenter, estime pour sa part Sylvain Charlebois. Il souligne que les produits congelés représentent une solution de rechange moins chère avec la même valeur nutritionnelle.

Avec les informations de Mathieu Nadon

Ottawa-Gatineau

Agro-industrie