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Le gouvernement pressé de ne pas financer les projets de Gazoduq et de GNL Québec

Une carte montrant un tracé.
Le tracé projeté du gazoduc qui transporterait le gaz naturel jusqu'à l'usine de GNL Québec à Saguenay. Photo: courtoisie
Thomas Deshaies
Émilie Parent Bouchard

Le collectif Gazoduq, parlons-en, la Coalition Fjord et l'Action boréale, tout comme Québec solidaire demandent au gouvernement de ne pas investir de fonds publics dans le projet de gazoduc qui traverserait l'Abitibi ni dans le futur complexe de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec qui serait construit sur le site de Port Saguenay.

Selon Le Devoir, l'entreprise GNL Québec a amorcé des activités de lobbyisme dans l'espoir d'obtenir un soutien financier de l'État pour son projet, qui est intrinsèquement lié à celui du pipeline de Gazoduq, puisqu'il acheminera le gaz depuis l'Ontario jusqu'au complexe de liquéfaction de gaz naturel.

Le cofondateur du collectif Gazoduq parlons-en, Rodrigue Turgeon, considère qu'il serait inacceptable qu'un tel projet puisse être financé par les fonds publics, d'autant plus que l'évaluation environnement n'est pas complétée. La compagnie n'a même pas demandé à la population si elle voulait son pipeline puis elle vient nous demander de l'argent, déplore M. Turgeon.

Pourquoi faudrait-il qu'on finance des portes-feuilles multimilliardaires à faire des projets qui ne sont pas structurants pour nos régions?

Rodrigue Turgeon, cofondateur du collectif Gazoduq, parlons-en
Rodrigue Turgeon, portant un manteau noir, regarde vers la rivière sous un ciel nuageux et sombre.Rodrigue Turgeon, co-fondateur du comité de protection de l’Esker et du collectif Gazoduq, parlons-en Photo : Radio-Canada / Emmanuelle Latraverse

Les groupes trouvent également absurde de financer ces entreprises puisque leurs administrateurs, James W. Breyer et James F. Illich sont fortunés. Le magazine Forbes évalue la fortune de M. Breyer à 3,1 milliards de dollars américains, note M. Turgeon. Ce n'est même pas un projet de société structurant pour l'économie des régions locales visées dont l'Abitibi, dénonce-t-il.

Échanges à l'Assemblée nationale

La députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a questionné la ministre de l'Énergie, Jonathan Julien, mercredi matin à l'Assemblée nationale sur le sujet. Dans 20 ans GNL va être une ruine et on va regretter de l'avoir subventionné, s'est-elle exclamée.

Jonathan Julien a répondu que selon lui, il s'agissait « d'un outil de développement économique ». On pense que c'est un bon projet, le processus continue, a-t-il conclu.

Ruba Ghazal répondant aux questions des journalistes.Ruba Ghazal, député de Québec solidaire, croit que c'est entre autres à cause de la pression de son parti que la CAQ s'est décidé à agir sur les enjeux environnementaux. Photo : Radio-Canada

Réaction de Gazoduq

Interrogé sur les retombées pour les Québécois d'un éventuel investissement de l'État dans les projets de gazoduc et d'usine de liquéfaction du gaz naturel, le chef des relations avec les communautés de Gozoduq a pour sa part esquivé la question, plaidant que la question relevait de sa collègue aux affaires corporatives.

Frédéric Lepage, qui tenait un point de presse de dernière minute concernant l'annulation de rencontres avec des propriétaires terriens qui devaient se dérouler à Preissac et à La Corne cette semaine, n'a cependant pas nié que Gazoduq rémunérait plus d'une douzaine de lobbyistes.

Ce n'est pas l'objet de ce point de presse, a-t-il lancé d'emblée. Je dirais simplement qu'en termes règlementaires, on veut simplement se conformer. On a à avoir des échanges avec plusieurs titulaires de charges publiques au niveau ministériel, au niveau municipal, notamment. C'est normal pour un projet comme le nôtre, qui doit être en contact avec une multitude [d'intervenants] — on parle de 19 municipalités au Québec, des gouvernements provinciaux et fédéral — d'avoir plusieurs personnes qui sont enregistrées au registre des lobbyistes pour se conformer aux règles.

GNL Québec n'avait pas répondu favorablement à notre demande d'entrevue au moment de mettre cet article en ligne.

Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles