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Des lobbyistes de GNL Québec en visite à Québec pour avoir du financement public

Une affiche d'Énergie Saguenay avec deux personnes en arrière plan qui consultent des affiches.
L'un des membres de l'équipe de GNL Québec lors des consultations sur l'usine Énergie Saguenay. (archives) Photo: Radio-Canada / Gilles Munger
Mélissa Savoie-Soulières

Le ministre de l'Environnement du Québec, Benoit Charette, confirme que des lobbyistes travaillant pour le projet d'usine de gaz naturel liquéfié Énergie Saguenay ont frappé à la porte de Québec pour savoir si GNL Québec, qui fait la promotion du projet, pourrait obtenir une aide financière.

Le ministre qui voit déjà des points positifs au projet dit qu'il est cependant trop tôt pour savoir si GNL Québec pourra bénéficier de fonds publics.

C’est un projet qui a ses mérites au niveau du développement économique. Il peut même avoir ses mérites sur certaines perspectives en environnement, a dit le ministre en mêlée de presse à Québec.

Il est beaucoup trop tôt pour savoir quel type d’accompagnement on pourrait offrir à la compagnie et si accompagnement il y aura, a-t-il poursuivi.

Les plans de l'usine Énergie SaguenayLes plans de l'usine Énergie Saguenay Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Souières

Québec ne devrait pas financer le projet, dit le PQ

Le député de Jonquière et critique du Parti québécois en matière d'environnement, Sylvain Gaudreault, croit pour sa part que Québec ne devrait pas financer un projet qui encourage l'exploitation d'énergies fossiles.

Le premier ministre et le ministre de l’Environnement eux-mêmes sont en train de torpiller le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement parce qu’ils donnent un préjugé favorable au projet, déplore-t-il. L’État ne doit pas intervenir dans un projet privé comme celui-ci sur le plan du financement.

Il faut qu’on sorte des énergies fossiles : il ne faut pas qu’on les subventionne, estime le député péquiste.

Les promoteurs présentent le projet comme celui qui permettra à plusieurs compagnies d’avancer vers une transition énergétique, mais il faut être prudent, dit le député.

C’est le spin de la compagnie, dit-il.

Ils disent qu’ils veulent aller dans le marché de l’énergie de transition pour vendre en Europe à des chaufferies au mazout ou au pétrole lourd ou au charbon et leur permettre de se convertir au gaz naturel, a-t-il poursuivi en entrevue.

La question qu’on doit se poser, c’est : est-ce qu’on veut d’un projet qui va venir marquer l’impact environnemental du Québec pendant quoi 20 ans, 25 ans? Donc, ça veut dire que dans 20 ans, on va se trouver avec un autre passif industriel comme Novelis ou Graphic Packaging. Moi, j’ai une vision beaucoup plus longue pour notre région. Je veux qu’on soit le Silicon Valley des énergies vertes, illustre-t-il.

Les groupes environnementaux demandent à Québec ne pas investir

Les groupes environnementaux opposés au projet Énergie Saguenay comme la Coalition Fjord et Action boréale en Abitibi considèrent scandaleuse l'idée que Québec puisse subventionner ce projet puisqu'il est financé par deux multinationales américaines multimillionnaires, soit Breyer Capital et Freestone International.

Ils demandent à Québec de ne pas investir dans le projet dont fait la promotion GNL Québec.

On trouve totalement scandaleux que l’argent des impôts québécois puisse servir à financer du gaz fossile albertain. En plus de ça, cet argent viendrait faire économiser de l’argent aux multimilliardaires américains. Sur toute la ligne, c’est complètement inadmissible, a commenté le porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez.

De nombreux groupes environnementaux font d’ailleurs circuler une pétition depuis quelques semaines afin de demander aux gouvernements de ne pas investir dans les projets dont GNL Québec est actionnaire, c’est-à-dire Gazoduq et Énergie Saguenay. Cette pétition demande aussi une étude environnementale considérant les deux projets dans leur globalité. À ce jour, elle compte près de 30 000 signataires.

Saguenay–Lac-St-Jean

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