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Permis de crabiers : Serge Cormier veut rencontrer le MPO

Le politicien fédéral en entrevue dans les studios de Radio-Canada.
Serge Cormier, député fédéral d'Acadie-Bathurst (archive). Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le député libéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, est préoccupé par le transfert des permis, qu'il qualifie de « très inquiétant ».

Radio-Canada révélait mercredi qu'au moins huit permis de crabiers de la Péninsule acadienne ont été transférés à des personnes de l'extérieur du Nouveau-Brunswick. Le ministre des Pêches de la province, Ross Wetmore, dit être au courant de la situation et prêt à faire tout en son pouvoir pour régler ce problème.

En entrevue jeudi, le député fédéral Serge Cormier dit avoir parlé au ministre fédéral des Pêches, Jonathan Wilkinson, et veut maintenant rencontrer les fonctionnaires du ministère à ce sujet.

C'est une conversation qu'on va devoir avoir le plus rapidement possible. Parce que ce n'est pas vrai qu'on peut continuer à avoir des permis de pêche qui quittent la région comme ça. Ça a un effet sur notre économie, ça a un effet sur nos entreprises, nos usines, nos employés d'usine et nos communautés tout entières, reconnaît M. Cormier.

Le député d’Acadie-Bathurst avance que certaines mesures, notamment fiscales, pourraient être les bienvenues.

Le député libéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, et le ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Ross WetmoreLe député libéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, et le ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Ross Wetmore Photo : Radio-Canada / René Landry

Il y a des programmes de financement qu'on devrait penser à mettre en place pour pouvoir permettre à des gens de la région de pouvoir se procurer des permis de pêche. Je pense à des membres d'équipage par exemple, ou je pense à la nouvelle génération de pêcheurs, dit Serge Cormier.

Si le permis, je sais pas, est 5 millions, et que la banque veut juste passer 1 million, on fait quoi avec le reste? C'est très difficile pour des jeunes qui veulent se lancer dans l'industrie, avec des prix des permis comme il y a présentement, souligne-t-il.

Responsabilité des pêcheurs envers la communauté

Le député Serge Cormier en appelle aussi à la conscience sociale des pêcheurs. Il les exhorte à penser à la communauté qui dépend de leur succès.

Les pêcheurs, qui ont un privilège exceptionnel d'aller pêcher cette ressource-là - que ce soit le crabe ou le homard - devraient aussi penser plus loin que juste un montant d'argent, croit M. Cormier. Si les pêcheurs ont pu faire une belle vie, ont pu avoir des bons bénéfices avec leur licence, c'est aussi parce qu'il y a des usines, parce qu'il y a des travailleurs d'usine qui ont pu transformer leur produit.

Je sais que c'est un marché de libre entreprise, des fois le signe de dollar parle plus, mais j'espère que les pêcheurs vont réaliser qu'il y a une communauté derrière eux aussi, qu'il y a des gens qui dépendent de leur pêche.

Serge Cormier, député fédéral d'Acadie-Bathurst

Jean Lanteigne, le directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), abondait récemment dans le même sens. M. Lanteigne préconise lui aussi un mariage de sensibilisation auprès des pêcheurs et de mesures fiscales qui les encourageraient à transférer leur permis dans la Péninsule acadienne ou, du moins, au Nouveau-Brunswick.

Pour le député Cormier, il est impératif que la politique du propriétaire exploitant soit encadrée dans la Loi sur les pêches et que les critères de résidence soit respectés. Le propriétaire de la licence devra être sur le bateau pour pouvoir pêcher.

C'est des changements qu'on a fait pour justement protéger l'indépendance de la pêche côtière dans nos régions et faire en sorte que les licences, le plus possible, restent à l'intérieur de notre communauté, affirme-t-il.

Un crabe des neiges fraîchement pêché. Les prises sont nombreuses depuis le début de la saison de la pêche au crabe des neiges dans la Péninsule acadienne, dans le nord du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Le député dit avoir plusieurs idées et être impatient d’en discuter. Je ne veux pas faire ça tout seul, je veux faire ça avec l'industrie, avec les associations et les pêcheurs. Notre gouvernement, on est prêt à regarder s'il y a des modifications qui pourraient être faites.

Le ministre des Pêches du Nouveau-Brunswick demande l'aide du fédéral

Nous sommes conscients que des permis sont transférés à l’extérieur de la province et la situation nous inquiète, déclare de son côté Ross Wetmore, ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick.

Des crabiers, à quaiDes crabiers, à quai Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il explique que la situation est toutefois entre les mains du ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO), qui gère et réglemente les permis de pêche partout au pays.

Ross Wetmore a donc l’intention d’envoyer une lettre à son homologue fédéral, le ministre Jonathan Wilkinson, pour lui demander d’agir. La lettre devrait être envoyée par courriel et par la poste, et ce, au plus tard jeudi.

Le MPO est en train de laisser tomber cette balle. Nous voulons régler ce problème et je suis plus que prêt à faire tout ce qu’il faut. S’il faut aller rencontrer le ministre fédéral à Ottawa, je suis prêt n’importe quand.

Ross Wetmore, ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick

Il espère ainsi encourager le fédéral à renforcer les règles entourant les transferts de permis de pêche.

Le ministre Wetmore prévoit aussi rencontrer ses homologues des autres provinces à Québec en juillet, puis les inviter au Nouveau-Brunswick en août. Il est convaincu que les autres provinces connaissent aussi ce genre de problème.

Il rappelle toutefois le caractère particulier de l’industrie des pêches pour le Nouveau-Brunswick.

Je sais à quel point l’industrie des pêches est importante au Nouveau-Brunswick et je vais travailler sans relâche pour les pêcheurs de partout dans la province, pour m’assurer que les permis et le produit restent dans la province, conclut-il.

Avec les informations de René Landry

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches