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Premier bal de finissants... à la garderie

Jeunes enfants attablés.
Des garderies organisent un bal de finissants pour célébrer le passage des plus jeunes vers la maternelle. Photo: Radio-Canada / Simon Charland
Hélène Bardeau

Afin de souligner le départ d'enfants de 4 à 5 ans vers la maternelle, certaines garderies du Canada organisent un bal de finissants. Le sens de cet événement, qui marque habituellement le passage vers les études collégiales ou le marché du travail pour un adolescent, pourrait alors diluer le sens du rituel de fin d'études.

« On leur imprime un petit diplôme, on leur fait un petit chapeau pour la cérémonie en général et les enfants préparent un spectacle qu’ils présentent aux parents », raconte Valérie Lacquement, directrice de la garderie Trottin-Trottinette, à North Vancouver.

Des jouets d'enfants. Des jouets d'enfants. Photo : Radio-Canada / Patrick Pilon

L’établissement emprunte les codes scolaires du traditionnel bal des finissants et met sur pied une véritable cérémonie pour ses petits finissants qui vont commencer la maternelle en septembre.

Si les critères d’achèvement de l’adolescence varient selon les trajectoires sociales, le bal des finissants du secondaire est un rite de passage qui marque l’entrée dans la vie adulte.

Une célébration symbolique qui perd de sa signification du passage de la garderie à la maternelle pour France Paradis, formatrice en intervention psychosociale.

Le bal de finissants, ça veut dire qu’on finit quelque chose… Les enfants en maternelle, ils ne finissent pas, ils viennent juste de commencer, ils en ont pour 15 ans, au moins.

France Paradis, formatrice en intervention psychosociale

Même son de cloche du côté de la sociologue Diane Pacom, qui considère que la multiplication de ces cérémonies à chaque étape du parcours scolaire désacralise le rituel de fin d'études, mais surtout la démonstration de la ténacité de persévérance d’un élève diplômé.

« Mettre l’accent à ce point d’une façon aussi magistrale sur le fait de célébrer la réussite de l’enfant semble contraire à ce qu’il se passe dans la réalité, car cet enfant-là, il va se casser la gueule de nombreuses fois », dit-elle.

Un événement pour les parents?

Pour certains parents des jeunes finissants, ces célébrations sont l’occasion de marquer une nouvelle étape dans la vie de leur enfant. Une initiative qui est très appréciée, selon la directrice de la garderie Trottin-Trottinette.

C’est vraiment quelque chose qui est bien apprécié des parents. Toutes les familles sont là, parfois les grands-parents, les oncles, les tantes; c’est très populaire.

Valérie Lacquement, directrice de la garderie Trottin-Trottinette,

Éducatrice à la petite enfance, Laila Frixe a vu cette cérémonie comme « un moment de plaisir » pour son fils, Rayan, aujourd’hui âgé de 7 ans. Elle se souvient de la joie de son fils qui a confectionné lui-même son mortier lors d’un précédent bal des finissants, organisé par la garderie Trottin-Trottinette.

La mère de famille trouve que ces cérémonies sont une bonne initiative de la part des établissements de prématernelle pour favoriser l’estime des enfants. « C’était vraiment génial, il [Ryan] a adoré et il est tout fier de montrer à tout le monde son premier diplôme de graduation », raconte-t-elle.

La formatrice en intervention psychosociale regrette « la perte de sens » de ce rituel pour les plus jeunes au profit du bonheur des parents : « Ça ne veut rien dire, porter une toge pour ces enfants, ils ont 5 ans, ils n’ont aucun repère culturel qui leur dit ce que ça veut dire. »

Si cette fête venue des États-Unis a pris de l’ampleur au Canada, au fil des années, sa multiplication dès la garderie amène à un certain consumérisme, comme le souligne France Paradis : « Ce rituel va être dépouillé de son sens profond et on va lui accoler toute sorte d’objets inutiles [...] C’est encore une fois consommer le plus de produits possible. »

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation