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Les conservateurs prêts à voter contre une déclaration de l'urgence climatique

Le chef conservateur Andrew Scheer s'adresse aux journalistes à la suite d'une réunion de caucus sur la colline du Parlement à Ottawa le mercredi 15 mai 2019.
Le chef conservateur Andrew Scheer s'adresse aux journalistes à la suite d'une réunion de caucus sur la colline du Parlement à Ottawa le mercredi 15 mai 2019. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
La Presse canadienne

Une motion pour déclarer une urgence climatique au Canada n'est qu'un geste symbolique, sans substance, de l'avis du chef conservateur Andrew Scheer. M. Scheer et ses députés se préparent donc à voter contre cette initiative des libéraux, à moins que ceux-ci n'acceptent d'amender leur motion pour y admettre que le plan du gouvernement ne conduira pas au respect des cibles de Paris.

La motion du gouvernement sera débattue jeudi.

Une autre motion proposée, elle, par le Nouveau Parti démocratique (NPD) verra son sort scellé plus tôt. Comme celle-ci appelle à la fin des subventions des énergies fossiles et à l'annulation du projet de pipeline de Trans Mountain, ni les conservateurs ni les libéraux ne l'appuient.

En point de presse à la sortie de sa réunion de caucus, mercredi après-midi, M. Scheer a assuré qu'il croit à l'urgence de la situation climatique.

« C'est clair qu'il y a une urgence, a-t-il convenu. Mais [...] cette motion, c'est un geste symbolique [sans] aucune substance. C'est [le résultat] d'une situation d'urgence politique pour Justin Trudeau », a-t-il supposé.

Et puis, il y est allé d'une attaque plus personnelle.

« M. Trudeau est un hypocrite sur la question du CO2. Il a voyagé dans un avion privé à Tofino pour des vacances. Il a voyagé de Floride à Ottawa quatre fois en trois jours. Ce ne sont pas les actions de quelqu'un qui pense que les changements climatiques sont une situation urgente », a-t-il accusé.

Le chef conservateur a, de nouveau, promis qu'il présenterait son propre plan de lutte contre les changements climatiques bientôt, sans préciser quand. Son plan va exclure toute forme de prix sur le carbone.

« Nous avons un rapport qui dit que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, trois fois ou plus dans le Nord. Nous avons des inondations au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario. Et qu'est-ce qu'ils vont faire? », a demandé la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, en s'en prenant aux conservateurs.

Elle leur a reproché leur rejet de la taxe sur le carbone, les a mis dans le même panier que Doug Ford, le premier ministre ontarien qui multiplie les gestes dénoncés par les environnementalistes.

Quant à la question de l'utilité de voter cette motion « symbolique », la ministre a répondu que cela est nécessaire pour provoquer « un débat à la Chambre des communes ».

La ministre a également offert une raison pour rejeter la motion des néo-démocrates et leur appel à la fin des subventions gouvernementales aux énergies fossiles.

« Si on faisait ça immédiatement, ça voudrait dire que les Inuits et les gens dans le Nord ne recevraient pas d'argent pour payer pour le diesel qu'ils utilisent », a-t-elle avancé à son arrivée à sa réunion de caucus mercredi matin.

Ses collègues responsables des dossiers autochtones se sont présentés à un micro à leur arrivée à la porte des Communes en après-midi sans y être invités.

La ministre Carolyn Bennett a voulu expliquer « à quel point la motion du NPD est malavisée ».

« Cela laisserait dans le noir certaines des communautés autochtones les plus vulnérables du pays », a ajouté le ministre Seamus O'Regan.

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