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Huawei prête à signer des ententes anti-espionnage

Des personnes marchent devant un panneau lumineux montrant le logo de Huawei.
Huawei est bien placée pour fournir les équipements nécessaires à la construction de réseaux 5G dans le monde, mais des accusations d'espionnage à son endroit freinent ses ardeurs. Photo: Reuters / Aly Song
Reuters

Le président de Huawei a indiqué mardi que l'entreprise de télécommunications chinoise est prête à signer des ententes anti-espionnage avec des gouvernements. Cette déclaration survient après que les États-Unis eurent fait pression sur leurs alliés européens pour que ces derniers interdisent l'entreprise par crainte d'espionnage.

Washington a demandé à ses alliés de ne pas utiliser les technologies de Huawei pour construire leurs nouveaux réseaux 5G parce qu’elle s’inquiète du fait qu’ils puissent devenir un relai pour l’espionnage chinois. Cette accusation est démentie par l’entreprise.

« Nous sommes disposés à signer des ententes anti-espionnage avec des gouvernements, y compris avec celui du Royaume-Uni, pour nous engager à ce que notre équipement respecte les normes interdisant l’espionnage et les portes dérobées », a précisé le président de Huawei, Liang Hua, à des journalistes à Londres par le biais d’un interprète.

Les Britanniques ouverts à collaborer avec Huawei?

Le Royaume-Uni réfléchit actuellement à la place qu’il accordera à Huawei, le plus grand fournisseur d’équipement de télécommunications mondial, dans la construction de ses futurs réseaux 5G.

« La sécurité et la résistance des réseaux de télécommunications britanniques sont d’une importance primordiale, et nous assurons un contrôle strict sur déploiement actuel de l’équipement de Huawei au Royaume-Uni », a indiqué un porte-parole du gouvernement britannique mardi.

Le même porte-parole a ajouté que les résultats de l’enquête nationale sur les entreprises de télécommunications seront annoncés bientôt et que tous les opérateurs de réseaux devront se conformer à la décision qui sera rendue.

La première ministre britannique Theresa May a renvoyé ce mois-ci son ministre de la Défense, Gavin Williamson, après des fuites indiquant que Huawei jouera un rôle dans le réseau 5G du pays. Ces fuites ont causé un refroidissement diplomatique avec les États-Unis, le plus important partenaire de la Grande-Bretagne en matière de renseignements.

Gavin Williamson a nié être à l’origine des fuites sur ces discussions confidentielles.

Huawei se défend d'être à la solde du gouvernement

Liang Hua, s’exprimant en marge d’une rencontre avec les partenaires technologiques de Huawei au Royaume-Uni, a indiqué que son entreprise n’avait jamais voulu se retrouver au centre d’une telle tempête politique.

« Le problème de la cybersécurité n’est pas exclusif à un seul fournisseur ou à une seule entreprise, a-t-il dit. C’est un problème commun auquel toute l’industrie et le monde entier sont confrontés. »

M. Liang a ajouté que Huawei collabore depuis longtemps avec le Centre national de cybersécurité britannique pour la surveillance de ses technologies, et que son entreprise a amélioré ses capacités en matière d’ingénierie logicielle pour qu’elles soient comparables à celles de ses concurrents.

Le président de Huawei a indiqué que son entreprise n’a jamais agi au nom du gouvernement de la Chine sur les marchés internationaux.

« Bien que Huawei ait son siège social en Chine, notre entreprise exerce ses activités partout dans le monde, a-t-il dit. Nous sommes déterminés à nous soumettre aux lois et règlements qui s’appliquent dans les pays où nous faisons affaire. »

« Aucune loi chinoise n’oblige les entreprises à amasser des renseignements sur un gouvernement étranger ou à installer des portes dérobées sur ses équipements pour le gouvernement [chinois] », a-t-il ajouté.

La sécurité avant tout

Le ministre britannique du Numérique, de la Culture, des Médias et des Sports Jeremy Wright, qui est chargé d’annoncer les résultats de l’enquête nationale, a indiqué que les bénéfices potentiels liés à l'installation d'équipements peu coûteux ne compensent pas les inquiétudes en matière de sécurité.

Liang Hua a de son côté avancé que les facteurs économiques devraient être considérés dans la prise de décision, et que les considérations politiques devraient en être exclues.

« Je pense que la décision devrait être basée sur l’évaluation des risques et de la chaîne de production, et qu’elle devrait aussi refléter les exigences du Royaume-Uni en matière de développement économique lorsqu’il choisit des fournisseurs », a expliqué le président de Huawei.

« La cybersécurité est effectivement un facteur très important à prendre en compte [...], mais un équilibre devrait être trouvé entre les questions de cybersécurité et de prospérité économique », a-t-il ajouté.

M. Liang a dit qu’il rencontre actuellement des clients plutôt que des politiciens. Il a indiqué que Huawei a signé plus de 40 contrats en lien avec la 5G : 25 en Europe, 10 au Moyen-Orient et 6 en Asie.

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