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Les droits sur l'acier et l'aluminium canadiens sur le point d'être levés, dit Mnuchin

M. Mnuchin est assis devant les membres du sous-comité.

Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor des États-Unis, a témoigné devant le sous-comité des crédits du Sénat.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada

Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Steven Mnuchin, a assuré mercredi que la suppression des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium du Canada et du Mexique était imminente, alors que la ministre des Affaires étrangères du gouvernement Trudeau, Chrystia Freeland, était à Washington pour en discuter. Mais d'après une source de CBC, les négociateurs canadiens demeurent peu optimistes.

M. Mnuchin a déclaré devant le sous-comité des crédits du Sénat américain que les États-Unis, le Canada et le Mexique étaient tout près d'une « entente de principe » en vue de la suppression définitive des droits punitifs de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium.

Le secrétaire au Trésor a rappelé que leur levée constitue un élément important en vue de l'éventuelle ratification du nouvel accord de libre-échange récemment négocié par les trois pays. Le Canada, notamment, en a fait une condition.

Je peux vous dire que le Canada et le Mexique sont une priorité.

Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor

Il a ajouté que le président Donald Trump avait donné des instructions pour sortir ce dossier de l'impasse.

M. Mnuchin en a aussi récemment parlé avec le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, de même qu'avec leur homologue mexicain, a-t-il précisé au sous-comité, rappelant toutefois que c'est le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, qui pilote ce dossier.

« J'ai l'impression que nous avançons, mais il y a encore du travail à faire », a déclaré M. Morneau à Ottawa. Il a souligné que le sujet est évoqué chaque fois qu'il parle avec Steven Mnuchin.

Je fais régulièrement valoir que ces tarifs ne sont pas seulement dommageables pour l'économie canadienne – pour les producteurs comme les acheteurs d'acier –, mais aussi pour l'économie américaine.

Bill Morneau, ministre canadien des Finances

Pas de jeu des prédictions pour Freeland

Mme Freeland est entourée de micros.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, s'adresse aux journalistes à Washington.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Chrystia Freeland a vu M. Lighthizer, mercredi, dans une énième tentative pour faire lever les droits punitifs.

Et sans cela, Ottawa ne ratifiera pas l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), conclu l'automne dernier.

La position du Canada a toujours été que tant que les tarifs resteront en vigueur, la ratification serait très, très problématique.

Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères

La rencontre s'est bien déroulée, a affirmé la ministre. « Tant que nous discutons de bonne foi, toutes nos conversations et toutes nos rencontres nous permettent d’approcher de notre objectif, et je pense que c’est ce qui s’est passé aujourd’hui », a-t-elle dit.

Mais elle refusé de s'avancer sur un échéancier : « Lors de négociations, il n’est jamais sage d’essayer de prédire l’avenir ».

Comme il n'est pas question pour Mme Freeland de négocier sur la place publique – « c'est contre-productif » –, elle n'est pas entrée dans les détails et n'avait donc rien de bien nouveau à rapporter.

Nous avons plaidé, comme nous le faisons depuis un certain temps, que le mieux – pour les Canadiens et les Américains – serait de lever ces tarifs et de permettre le libre-échange entre nos deux pays. [...] Nous ne voyons vraiment pas cela comme un problème insurmontable.

Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères

Après sa rencontre avec Robert Lighthizer, Mme Freeland s'est rendue au Capitole pour converser avec le président du Comité sénatorial des finances, le républicain Chuck Grassley.

Ce dernier, comme M. Mnuchin, a exprimé un certain optimisme quant à la levée prochaine des tarifs douaniers.

Une bonne nouvelle?

Tout cela représente-t-il une avancée pour l’industrie?

« C’est encore un cas de fumée grise, comme on en a vu depuis le début de ce dossier », a commenté Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada, sur le plateau de RDI économie, mercredi.

Puisque Mme Freeland a évité de confirmer les propos de M. Mnuchin, « on reste un peu sur notre appétit », a-t-il ajouté.

« Il y a présentement une fenêtre d’opportunité très étroite qui est en train de se refermer », croit M. Simard.

Ce court délai est lié au processus de ratification du nouvel ALENA, l'Accord Canada–États-Unis–Mexique. Comme le Canada entrera en période électorale sous peu, il ne reste que deux semaines aux trois pays, croit M. Simard, pour synchroniser leur ratification respective.

Les signaux américains vers un compromis possible sont quant à eux un produit de la guerre tarifaire que livrent les États-Unis à la Chine.

« On pense que l’administration américaine veut lâcher du lousse dans un autre dossier de libre-échange pour pouvoir refaire ses forces et recentrer ses énergies sur le défi chinois », explique Jean Simard.

Avec les informations de La Presse canadienne, Reuters, et CBC

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