•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Arsenic à Rouyn-Noranda : la question rebondit à l'Assemblée nationale

Un quartier résidentiel tout près d'une fonderie de cuivre.
Des enfants qui habitent dans le quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, sont surexposés à l'arsenic, une substance cancérigène. Photo: Radio-Canada / Mélanie Picard
Lise Millette

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien a questionné les ministres de l'Environnement, de la Santé et de l'Économie à l'Assemblée nationale relativement aux émissions d'arsenic de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda.

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada révélait que le gouvernement du Québec permettait à la Fonderie d'émettre jusqu'à 67 fois plus d'arsenic que la norme provinciale de 3 nanogrammes par mètre cube. Une étude de biosurveillance menée auprès des enfants du quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda, a confirmé des taux d'arsenic plus élevés chez les résidents qui habitent près de la Fonderie.

On a appris que la Fonderie a contacté le ministère de l'Économie. Le ministère serait ensuite intervenu auprès de l'Environnement et de la Santé. Suite à ces jeux de coulisse, la publication de l'étude a été retardée de trois mois. Qu'est-ce qui se passe, Monsieur le Président? Est-ce que le ministre de l'Économie peut expliquer son intervention alors qu'il s'agit d'un dossier de santé publique? a lancé Émilise Lessard-Therrien lors de la période de questions à l'Assemblée nationale.

C'est le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, qui lui a répondu en affirmant que le protocole imposé à la Fonderie est respecté.

Mon collègue et moi travaillons en étroite collaboration sur ce dossier depuis un certain temps et notre première préoccupation en est une de santé publique, la santé de nos enfants. Ceci dit, il faut savoir aussi que la compagnie est sous protocole et qu'elle se conforme aux exigences qui lui sont imposées. La compagnie a investi plusieurs dizaines de millions [de dollars] pour améliorer ses techniques environnementales. Il lui reste d'importants investissements à faire au cours des prochaines années pour se conformer et dans l'intervalle on continue de suivre cette question de près, a soutenu le ministre Benoit Charette.

Une « réduction régulière », dit le ministre de la Santé

Mardi soir, une soirée d'information publique a été organisée à Rouyn-Noranda pour faire le point sur l'étude de biosurveillance réalisée auprès des enfants du quartier Notre-Dame. L'inquiétude de la population demeure.

Plusieurs dizaines de citoyens écoutent une présentation dans une salle de congrès.Les citoyens sont venus nombreux au dévoilement public des résultats de l'étude de biosurveillance menée auprès des enfants du quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a affirmé à l'Assemblée nationale que la Fonderie Horne a ramené ses émissions d'arsenic à 23 fois la norme provinciale de 3 nanogrammes. Vérification faite, la moyenne de la dernière année a été de 98 nanogrammes par mètre cube, soit 32 fois la norme. Le ministre Carmant a aussi indiqué qu'outre l'arsenic, le plomb et le cadmium sont des substances toxiques émises par la Fonderie Horne, mentionnant qu'elles ont été réduites au fil des ans.

Depuis 40 ans, la Santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue suit les niveaux de trois toxines, le plomb, le cadmium et l'arsenic, qui sont émis par cette usine. Le quartier a grandi autour de cette usine et c'est pourquoi des enfants s'y trouvent. Et depuis 40 ans, ce qu'on voit c'est une réduction régulière, progressive des taux d'émissions de ces toxines, incluant l'arsenic. [La Fonderie a] déjà atteint les cibles de 2021.

Mettre la barre trop haut

Loin d'être satisfaite de l'explication, Émilise Lessard-Therrien a renchéri.

Je savais que le ministre allait me répondre que la fonderie a atteint ses cibles, mais pendant ce temps-là, nos enfants continuent d'être contaminés à l'arsenic. Les parents sont inquiets et ils ont raison de l'être. Monsieur le Président, quand on met la barre de limbo trop haute, c'est sûr que tout le monde réussit, a ironisé la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Le ministre de la Santé a aussi déclaré avoir été surpris des résultats liés à la présence d'arsenic et a indiqué qu'un suivi rapproché sera fait avec la Directrion de la santé publique de la région.

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique