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« On va digérer la nouvelle » - Plante sur la démission de Ferrandez

Inauguration des nouveaux paddocks du circuit gilles-villeneuve

La mairesse de Montréal Valérie Plante

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Moins de 24 heures après la démission de Luc Ferrandez, Valérie Plante se dit « déçue et triste ». Et elle défend son bilan environnemental, un bilan trop fragmentaire au goût du bouillant maire du Plateau-Mont-Royal, qui avait fait de la crise climatique son cheval de bataille.

Que Luc Ferrandez déserte l'administration municipale « est loin d'être un désaveu » de son administration aux yeux de Valérie Plante. Elle dit plutôt comprendre que M. Ferrandez « avait atteint sa limite dans le cadre établi ».

« Je ne vous le cacherai pas : c'est dur de faire de la politique quand on a des idéaux et quand on a une vision forte, a déclaré Mme Plante en commentant le départ de M. Ferrandez. On doit faire des compromis, s'adapter, accompagner la population dans les changements. »

En annonçant son départ, Luc Ferrandez a prédit que les gestes posés par l'administration Plante en matière environnementale resteront anecdotiques « s’ils ne s’inscrivent pas dans un plan concerté de réorientation et de ralentissement de la consommation et du développement du territoire ».

Le maire de l'arrondissement du Plateau voulait plus et plus vite : créer et agrandir des parcs, planter 500 000 arbres, redonner l'accès aux berges, acquérir et démolir les maisons en terrains inondables...

De plus, Luc Ferrandez a eu du mal à accepter les compromis de l'administration Plante, que ce soit pour le projet de centre commercial Royalmount ou pour le deuxième stade de baseball.

Des critiques que la mairesse de Montréal essuie en défendant son bilan, se targuant d'être « allée déjà plus loin que les administrations précédentes ». Et cela, Luc Ferrandez l'a lui-même reconnu, dit-elle. Elle cite l'achat de terrains pour les transformer en espaces verts, l'interdiction du mazout d'ici 2030 et du plastique à usage unique.

Contrairement à Luc Ferrandez, dont elle avait fait le responsable des grands parcs au comité exécutif, Mme Plante dit s'occuper non seulement d'environnement, mais aussi « d'infrastructures, de culture, de sport [...], d'économie, de transport, d'habitation... »

Certaines des mesures prônées par M. Ferrandez exigent de faire « des sacrifices dans d'autres enveloppes budgétaires ou de complètement évacuer d'autres éléments », explique Valérie Plante. « Je suis la mairesse de la métropole, j'ai à coeur les besoins de l'ensemble des Montréalais et des Montréalaises, et l'environnement, pour moi, c'est transversal. »

Dans ce rôle d' « agent libre » qu'il endossera désormais, M. Ferrandez continuera à inspirer l'administration de Valérie Plante, soutient cette dernière. Et il continuera à la critiquer aussi : « C'est correct, car l'urgence climatique est bel et bien là », admet la mairesse.

Projet Montréal n'est pas le parti de Richard Bergeron, de Luc Ferrandez ou de Valérie Plante, ajoute la mairesse de Montréal. « Ce n'est pas le parti d'une seule personne. »

« Moi, je suis au bon endroit, au bon moment, avec le bon parti », affirme celle qui dit se battre « pour qu'on inverse la pyramide en transport collectif ».

Mais la Ville de Montréal ne peut agir seule dans ce dossier. « Travaillons avec Québec, avec Ottawa en transport collectif, parce qu'on sait que la principale source de gaz à effet de serre, c'est le transport », conclut-elle.

Alex Norris maire du Plateau par intérim

Plan rapproché d'Alex Norris, lors d'un point de presse à l'extérieur.

Alex Norris agira comme maire par intérim du Plateau-Mont-Royal jusqu'à l'élection partielle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le conseiller de la ville du district de Jeanne-Mance, Alex Norris, a été nommé mercredi par les autres élus de l'arrondissement maire par intérim jusqu'à l'élection partielle dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui devrait avoir lieu d'ici l'automne.

Élu depuis 2009, M. Norris est le président de la Commission sur la sécurité publique. Selon un communiqué de l'arrondissement, l'administration locale « demeure bien en selle afin d’assurer une période de transition qui sera harmonieuse et en phase avec la vision de développement du quartier mise de l’avant dans les dernières années ».

Les choses se poursuivront normalement, assure le maire par intérim.

Nous allons poursuivre la vision que nous avons toujours poursuivie.

Alex Norris, maire intérimaire du Plateau-Mont-Royal

« Ça va continuer à être une administration audacieuse sur le plan de l’urbanisme, sur le plan de l’environnement », ajoute M. Norris en entrevue à Radio-Canada.

Réactions partagées

Par ailleurs, Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, reproche au maire démissionnaire d'avoir voulu aller trop vite.

M. Ferrandez veut changer le monde radicalement, et ça ne se change pas radicalement. Il faut y aller un pas à la fois.

Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal

Les citoyens, quant à eux, sont partagés.

« Il est assez controversé, lance une dame, je pense qu’il a pris une sage décision. »

Une autre citoyenne, visiblement déçue, lui rétorque : « Pour une fois qu’on avait un homme qui avait une vision et qui n’avait pas peur, qui ne mâchait pas ses mots ».

« Dans ses premiers gestes, sa première année, j’étais très sceptique […] puis avec le temps, j‘ai appris, j’ai compris et je me suis aperçu qu’il y avait pas mal plus de bonnes choses que de mauvaises », reconnaît Frank Henot, propriétaire de l'Intermarché Boyer.

Le denturologiste Charles Déziel en retient des taxes élevées. Elles ont pratiquement doublé en sept ans, dit-il, rappelant que la taxation d’affaires à Montréal est « deux fois plus chère que la moyenne canadienne dans une des provinces les plus pauvres ».

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