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La fusion des bureaux de santé régionaux soulève des inquiétudes dans l’Est ontarien

Une femme consulte un médecin, qui prend des notes.
Le directeur du BSEO craint les effets sur les soins de santé en secteur rural pour les populations plus vulnérables, comme les francophones (archives). Photo: iStock
Radio-Canada

Le Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO) s'inquiète des effets sur les soins offerts à la population lorsque les 35 bureaux de la province seront réduits à 10 bureaux régionaux. Cette mesure a été annoncée dans le budget du gouvernement Ford.

Santé publique Ottawa (SPO) a été informé des frontières de son nouveau territoire lundi, selon le président du Conseil de santé d'Ottawa et conseiller du quartier Knoxdale-Merivale, Keith Egli. La zone couverte serait dix fois plus étendue qu’à l’heure actuelle, allant de Prescott-Russell, dans l’Est ontarien, jusqu’au comté de Lennox et Addington, à l’ouest de Kingston.

La population desservie passerait alors d’environ 1 million de personnes à approximativement 1,7 million.

Le directeur général et médecin hygiéniste au Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), le Dr Paul Roumeliotis, déclare avoir beaucoup de craintes quant aux effets sur les soins offerts à la population rurale avec une telle fusion. Notre capacité de répondre aux besoins locaux va être diluée, soutient-il.

Il craint particulièrement les répercussions pour les populations vulnérables qui ont besoin de soins personnalisés, incluant des services en français et des soins pour les communautés autochtones.

Il y a des régions où nous avons 80 % de francophones dans la population. [...] Si c’est dilué [...] on va avoir moins de capacité de servir de façon locale.

Dr Paul Roumeliotis, directeur général, Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO)

Le conseiller Keith Egli s’inquiète lui aussi de la baisse potentielle des services pour les résidents d’Ottawa. Plus de gens à rejoindre, plus de territoire à couvrir, mais beaucoup moins d’argent, a-t-il résumé.

« Ça fait des années qu’on fait plus avec moins »

En plus de réduire le nombre de bureaux régionaux, le gouvernement Ford compte diminuer les dépenses de ces derniers de 27 % d'ici 2021-2022, soit l’équivalent de 200 millions de dollars.

Le Dr Roumeliotis doute qu’il sera possible d’épargner, même si les ressources humaines et les services informatiques étaient centralisés. J’ai peur que si on [couvre] jusqu’à Kingston, on va avoir au moins 20-25 centres de service, ce qui nécessitera des frais de gestion.

Il souligne également que les Municipalités couvrent en ce moment le quart du budget des bureaux de santé publique. Avec les compressions prévues par la province, les Comtés unis de Stormont, Dundas, Glengarry, ceux de Prescott-Russell et la Ville de Cornwall (desservis par le BSEO) devront couvrir 40 % des budgets – un effort qu’il juge très difficile.

En 2018, le budget de Santé publique Ottawa était de 62,8 millions de dollars, dont 48,5 millions provenaient de l’Ontario.

Les nouveaux territoires restent à être dessinés

Par ailleurs, les zones couvertes par la dizaine de futurs bureaux régionaux doivent être confirmées, stipule Haley Chazan, représentante de la ministre ontarienne de la Santé. La province consultera d’ailleurs les Municipalités avant de valider les nouveaux territoires.

Le Dr Roumeliotis a d’ailleurs communiqué avec le ministère de la Santé pour souligner l’importance de tenir compte de la réalité rurale dans l’Est ontarien. « Peut-être que nous pourrons être amalgamés avec quatre autres bureaux de santé semblables au nôtre », avance-t-il.

Avec les informations de Krystalle Ramlakhan de CBC

Ottawa-Gatineau

Finances publiques