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Moins d'hectares de canola plantés au Canada cet été

Le Parti vert présente sa plateforme électorale en vue des élections provinciales de septembre 2019.

Radio-Canada

Alors que les agriculteurs commencent à planter les semences qui seront récoltées à l'automne, le conflit sur le canola opposant le Canada et la Chine a des répercussions directes. Les fermiers s'apprêtent à planter 607 000 hectares de canola de moins que l'an dernier, l'équivalent de la superficie de l'Île-du-Prince-Édouard.

L’an dernier, 9,4 millions d'hectares de canola ont été plantés au pays.

Selon Jack Froese, agriculteur et membre du conseil d'administration de l’Association des producteurs de canola du Manitoba, si la dispute commerciale persiste après l’automne, moins de graines de canola seront ensemencées l’année prochaine.

« On va certainement planter beaucoup moins de canola », dit M. Froese, ajoutant que le prix du canola a baissé de 2 $ le boisseau depuis l'automne dernier.

La Chine est le plus grand importateur de canola canadien. Le pays le plus populeux du monde achète près de 40 % de la récolte canadienne.

Plusieurs analystes pensent que le conflit commercial est probablement une réaction à l’arrestation par le Canada de la directrice financière du géant des télécommunications chinois Huawei, Meng Wanzhou. Son processus d’extradition vers les États-Unis pourrait prendre des années, ce qui inquiète les agriculteurs, car le conflit pourrait durer aussi longtemps.

Cette année, un agriculteur de Winkler, au Manitoba, Toban Dyck, a choisi de planter du blé et du soya dans ses champs plutôt que du canola. Ce choix était fortuit, les problèmes commerciaux ne s'étant pas encore manifestés quand il a acheté ses semences à l'automne.

Aujourd’hui, il se considère comme chanceux, puisqu’il a peut-être évité le pire.

Souvent, ce genre de perturbations commerciales peut durer des années. J'espère que ça ne sera pas le cas.

Toban Dyck, agriculteur

Le canola est l'un des plus importants produits agricoles au Canada et, si le différend avec la Chine persiste, l'impact sur l'économie pourrait être énorme. Selon Statistique Canada, l’industrie du canola représente plus de 26 milliards de dollars par an pour l'économie.

Au total, 249 000 Canadiens travaillent dans l’industrie du canola, qui génère 12,5 milliards de dollars en salaires, selon l'Alliance canadienne du commerce agroalimentaire.

Un marché en transformation

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis pourraient également causer plus de problèmes pour le secteur agricole canadien.

Depuis la mise en place de barrières tarifaires par les États-Unis contre les importations de la Chine, cette dernière a taxé le soya américain, ce qui a poussé les États-Unis vers d’autres marchés internationaux et grugé les parts du Canada.

Même si Toban Dyck ne plante pas de canola cette année, il demeure touché par la crise commerciale. Il doit encore vendre une partie de sa récolte de canola de l'an dernier.

En temps normal, garder une partie de sa récolte aurait été une mesure intelligente sur le plan financier, car, habituellement, les prix augmentent lorsque l'offre diminue.

Cependant, le producteur de Winkler explique que les prix de vente sont passés de 13,25 $ le boisseau à 11,50 $. Cela représente une perte de 200 000 $ pour un producteur moyen.

Discussions au sommet

La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau revient d’un voyage de cinq jours au Japon pour la réunion des ministres de l’Agriculture du G20. Elle affirme continuer les discussions avec la Chine pour trouver une solution au problème chinois du blocage des importations.

« J’ai eu l’occasion de parler avec mon homologue chinois quand j’étais au Japon. Toutes les discussions du G20 étaient autour de l’importance d’avoir des règles de commerce sur lesquelles on pouvait se fier et l’importance de se baser sur la science aussi. J’ai confiance qu’il va avoir une communication avec son collègue qui est responsable du bureau des douanes en Chine, qui est vraiment le ministre qui est directement associé à notre dossier », soutient-elle.

Elle ajoute que lors de son séjour au Japon, elle a également pu discuter avec des importateurs de ce pays. « Ils apprécient la qualité de notre production et la stabilité de nos exportations », rapporte-t-elle.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à poursuivre une stratégie de recherche de nouveaux marchés pour ses exportations, comme une des solutions à la crise actuelle avec la Chine.

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