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La DPJ privée d’informations essentielles à la protection de Rosalie Gagnon

Rosalie Gagnon, 2 ans, porterait souvent une tuque rose.

Photo : SPVQ

Radio-Canada

L'enquête sur la mort de Rosalie Gagnon, cette fillette de 2 ans retrouvée morte à Québec en avril 2018, révèle que les communications entre la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et le centre d'hébergement où a séjourné la mère de l'enfant étaient déficientes.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a publié mercredi certaines conclusions de son enquête sur le décès de la petite Rosalie.

L’organisme avait lancé une investigation après avoir obtenu des indices laissant présager que les droits de l’enfant avaient été lésés. Les travaux de la Commission lui ont permis de confirmer ses soupçons.

« L’enquête a effectivement démontré une incompréhension du rôle, du mandat et des attentes, entre la DPJ et la maison d'hébergement, [ce qui] a occasionné des problèmes de collaboration et de transmission d'informations essentielles à la protection de cette enfant », écrit la CDPDJ dans un communiqué.

Elle dit avoir pris acte de la création d’une table de concertation régionale de la Capitale-Nationale, qui a comme objectif d’améliorer la synergie entre les intervenants et d’éviter des problèmes de communication.

La Commission demande à la DPJ de la tenir informée des résultats des travaux de la table. Elle recommande au ministère de la Santé et des Services sociaux de créer de telles tables dans toutes les régions du Québec.

Audrey Gagnon est escortée par un policier à sa sortie de la centrale Victoria.

Audrey Gagnon est accusée de meurtre au second degré et d'outrage à un cadavre.

Photo : Radio-Canada

Expulsion

La mère de la petite Rosalie, Audrey Gagnon, a été accusée de meurtre au second degré et d'outrage à un cadavre. Son procès devrait commencer l’automne prochain.

Cinq jours avant le drame, elle avait quitté la Maison Marie-Rollet, un centre d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté situé à Québec.

Dans un communiqué de presse publié le 26 avril 2018, la direction de l’établissement mentionnait qu'elle avait dû mettre fin au séjour de deux mois d'Audrey Gagnon, sans toutefois en préciser les motifs.

Elle avait cependant mentionné que lorsque la Maison doit expulser une résidente, « c'est que les motifs sont très importants ».

Situation « exceptionnelle »

La DPJ du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale appuie les recommandations de la CDPDJ.

Sa directrice, Dominique Jobin, affirme que les problèmes de communication révélés par l’enquête sur la mort de Rosalie Gagnon représentent une exception.

« La plupart du temps, les centres d’hébergement nous appellent. C'est exceptionnel cette situation-là. Les ententes de collaboration existent, mais en même temps, ce que ç'a mis en lumière, c'est qu'il fallait peut-être réviser nos façons de faire pour être sûrs que, justement, une telle situation ne se reproduise jamais », soutient Dominique Jobin.

Dominique Jobin en entrevue à Radio-Canada. On aperçoit, derrière elle, une affiche du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

La directrice de la DPJ du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Dominique Jobin

Photo : Radio-Canada

Elle mentionne que la DPJ de la Capitale-Nationale n’a pas attendu les conclusions du rapport de la CDPDJ pour entreprendre des actions, comme en fait foi la mise sur pied de la table de concertation régionale.

Mme Jobin rappelle que toute personne ou organisation a l’obligation de signaler aux autorités compétentes une situation pouvant représenter un risque pour la sécurité ou le développement d’un enfant.

Enquête criminelle

De son côté, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes rappelle qu’il s’agit d’un rapport partiel et qu’une enquête criminelle est en cours, mais elle salue la recommandation de la Commission.

« Nous, d’ailleurs, on a toujours été proactives dans le dossier d’améliorer la collaboration, la communication et le travail au niveau de l’intervention avec la protection de la jeunesse », affirme la directrice de la Fédération, Manon Manastesse.

Elle ajoute que les maisons d’hébergement et la DPJ ne travaillent pas en vase clos.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a pour sa part indiqué qu’il allait veiller à ce que les communications entre les directions générales de la DPJ et les centres d’hébergement soient améliorées, et ce, à la grandeur du Québec.

« C’est le genre de pratique que nous, on ne veut pas voir se reproduire, donc il va y avoir une réunion demain [jeudi] avec les DPJ pour le reste de la province, et la Capitale-Nationale doit nous confirmer, nous prouver que ces choses-là sont mises en application d’ici trois mois », a insisté le ministre.

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