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Des citoyens attendaient Gazoduq de pied ferme à D'Alembert

Une femme parle à d'autres citoyens dans le stationnement d'un centre communautaire.
Les citoyens de D'Alembert, Cléricy et Mont-Brun attendaient Gazoduq de pied ferme. Photo: Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard
Émilie Parent Bouchard

La mobilisation contre le projet Gazoduq s'organise en Abitibi-Témiscamingue. L'entreprise qui souhaite construire un gazoduc qui traverserait la région d'ouest en est avait convoqué mardi 18 propriétaires des quartiers d'Alembert, Cléricy et Mont-Brun à une séance d'information.

Mais le mot s'est passé entre voisins et Gazoduq a plutôt dû faire face à une quarantaine de citoyens, majoritairement venus exprimer leur désaccord envers le projet, alors que les questions des propriétaires sont demeurées sans réponse.

Je suis propriétaire invitée et si le monde ne rentre pas, il n'y a pas personne qui rentre. La manière dont vous agissez, en huis clos, pour aller chercher les petits citoyens ici et là, on déplore ça. Si un pipeline est pour passer sur nos terres et sur nos terrains et que nos voisins ne sont pas au courant., on trouve que ça ne se fait pas. Si les gens qui nous accompagnent ne rentrent pas, on n'assiste pas à votre rencontre, a lancé la citoyenne Véronique Denis.

Convoquée à la rencontre, elle entend élargir la mobilisation. C'est le but prochain, d'entrer en contact avec les propriétaires des terrains qui ont été visés, qui ont reçu la lettre, qu'on s'organise.

Si elle souhaitait ouvrir le dialogue avec les propriétaires des terrains touchés par son tracé, Gazoduq a plutôt dû affronter les critiques et inquiétudes d'opposants au projet.

[En ce qui me concerne], j'ai perdu une soirée, a déploré Maurice Mignault. Le plus important agriculteur du secteur est resté sur sa faim. Il est propriétaire de 18 terres agricoles touchées par le tracé du gazoduc.

Je suis venu ici pour pouvoir me faire une idée, pour pouvoir prendre une décision et je n'ai pas eu [d'information] qui pouvait m'être utile, pour prendre une décision sur les terres agricoles et on n'a pas eu de réponse. Et si ils font ça partout ailleurs, ils vont se mettre les producteurs à dos. Ça va me prendre des réponses avant de décider et quand ils vont arriver chez nous, ils vont avoir une prise contre eux autres.

Une quarantaine de personnes écoutent une présentation de l'entreprise Gazoduq.18 propriétaires de D'Alembert, Cléricy et Mont-Brun avaient été invités, mais le mot s'est passé et une quarantaine de citoyens se sont présentés à la rencontre. Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Le conseiller municipal du district d'Aiguebelle, Stéphane Girard, abonde dans le même sens.

Ce que je déplore ce soir, c'est que mon monde, ceux qui sont impactés par ce projet-là, sont partis avec plein de questions parce que la soirée a été monopolisée par des gens qui étaient visiblement contre le projet. [...] Nous [à la Ville], on a autant de questions que les citoyens, donc il n'est pas question qu'on prenne position présentement sur le pour ou le contre, fait-il valoir, mentionnant que la Ville s'interroge par exemple sur les redevances qui pourraient lui être versées, sans avoir obtenu de réponse claire de la part de Gazoduq. Et c'est sûr qu'on va suivre de près ce que nos citoyens vont demander aussi.

Gazoduq, qui souhaitait pouvoir obtenir l'autorisation d'accéder aux terrains, notamment pour faire l'inventaire de la faune et de la flore, devra donc recommencer le processus.

Dans le cas des propriétaires, on va poursuivre les rencontres, on va le faire de façon plus personnalisée au besoin. C'était une première approche. [...] L'objectif n'était pas d'obtenir l'accord, mais vraiment de présenter la démarche. C'était déjà prévu, il y aura des rencontres avec l'ensemble des propriétaires de façon individuelle, indique Frédéric Lepage, chef des relations avec la communauté de Gazoduq.

Une femme et un homme parlent devant public durant une présentation.Véronique Lévis, de la firme de communications Transfert, environnement et société, et Frédéric Lepage, de Gazoduq Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Il est important d'avoir un espace qui est réservé pour les propriétaires, un espace de dialogue qui leur est consacré, parce qu'ils ont des préoccupations qui sont propres à leur situation du fait qu'ils ont un terrain sur lequel on projette de construire une infrastructure, ajoute-t-il.

Il ajoute que l'Union des producteurs agricoles (UPA) suit aussi les négociations avec intérêt, par souci d'équité.

Même si les ententes sont signées de gré à gré avec l'ensemble des propriétaires, il y a un comité qui encadre ces négociations-là et qui s'assure qu'un propriétaire n'est pas lésé par rapport à un autre.

Gazoduq doit tenir deux autres rencontres dans la région cette semaine, à Preissac et à La Corne. Elle ira ensuite rencontrer les propriétaires fonciers du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles