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Huit moments forts de la carrière politique de Luc Ferrandez

Luc Ferrandez répond aux questions d'un animateur sur un plateau de Radio-Canada.

Luc Ferrandez a été chef intérimaire de Projet Montréal de 2014 à 2016, avant de céder sa place à la tête du parti à Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada

Romain Schué

Maire du Plateau-Mont-Royal durant 10 ans, Luc Ferrandez a marqué l'histoire de cet arrondissement, mais également celle de Montréal. Jusqu'à son départ fracassant, à l'image de ce personnage haut en couleur, l'homme politique n'a jamais eu la langue dans sa poche. Retour sur huit moments forts de sa carrière politique.

1. Une élection contre Michel Labrecque

En 2009, après une carrière notamment comme consultant, Luc Ferrandez tente sa chance sous les couleurs de Projet Montréal, un parti qu’il a rejoint dès ses premières heures, en 2004. Face à lui, notamment, Michel Labrecque (Union Montréal), futur patron de la Régie des installations olympiques (RIO), qui était alors à la tête de la Société de transport de Montréal (STM).

« Ça a été rassurant de voir que les citoyens de Plateau étaient prêts à du changement », commente-t-il, en parlant d’un adversaire provenant du parti Union Montréal « remarquable », qu’il « aime beaucoup ».

Quatre ans plus tard, Luc Ferrandez reconnaît à présent avoir douté pour sa réélection. Il vivait, avance-t-il, une « pleine crise de légitimité ». « On entendait beaucoup la grogne liée à la circulation et au stationnement », détaille-t-il.

Richard Bergeron avec Luc Ferrandez

Luc Ferrandez en compagnie du cofondateur de Projet Montréal, Richard Bergeron.

Photo : Radio-Canada

2. De multiples changements de circulation et du verdissement

Car dès le début de son mandat, Luc Ferrandez modifie littéralement la physionomie de son arrondissement, en modifiant la largeur des routes, en instaurant des sens uniques et en limitant la vitesse de circulation. Depuis, il est impossible de traverser, en voiture, du nord au sud, les rues résidentielles du Plateau-Mont-Royal.

Son équipe a « contraint », admet-il, « les besoins privés des citoyens pour leur proposer un bien collectif ».

L’idée, souligne-t-il, était de mettre en avant « la sécurité des enfants » et « le verdissement ».

« On a planté 5000 arbres en 10 ans. Avant, on plantait 200 arbres et on en coupait 300 », ajoute-t-il, tout en évoquant les nombreuses saillies de trottoirs qui ont vu le jour.

Près d’une centaine de ruelles vertes ont également été créées ces dernières années. « Quand on fait des choses pour le bien public, on se fait réélire », lance-t-il.

3. Priorité au vélo

L’intéressé l’admet volontiers : il n’a pas de voiture et circule à vélo. Sous son mandat, « on a créé des dizaines de kilomètres de pistes cyclables », dit-il, en parlant d’« années de transformation des mentalités ».

Ses principales réalisations? Des pistes cyclables sur l’avenue Laurier, autour du parc La Fontaine et prochainement sur l’avenue des Pins.

Toutes ces créations ont entraîné le retrait de plusieurs centaines d'espaces de stationnements, ce qui a provoqué la colère de nombreux commerçants. Ces derniers ont fréquemment accusé le maire du Plateau d’être, avec ces mesures, à l’origine de leurs soucis financiers.

Une première « vélorue » a également vu le jour sur la rue Saint-André, afin de donner la priorité aux cyclistes. Luc Ferrandez, qui avait notamment fait parler de lui en avril 2018 pour avoir écopé, à vélo, d’une contravention pour avoir roulé à contresens, était aussi derrière le projet pilote sur Camillien-Houde, dans le but, expliquait-il, de faire un mont Royal « trois étoiles ».

Une pancarte indique que la maison Smith et le belvédère Camillien-Houde se trouve tout droit, mais qu'il faut tourner à droite pour se rendre au Lac des castors.

La circulation de transit a été interdite sur le mont Royal pendant toute la durée du projet pilote.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

4. Un déneigement tumultueux

Dès son arrivée à la mairie du Plateau, Luc Ferrandez avait modifié la façon de faire de son arrondissement, en refusant d’autoriser un chargement de neige lorsque l’accumulation était en deçà de 15 centimètres, contre 8 centimètres par le passé.

Cette décision avait provoqué la grogne de nombreux résidents. Luc Ferrandez avait alors expliqué qu'il voulait limiter les dépenses de l’arrondissement.

« Quelle erreur, sourit l’intéressé. Ça marche bien lorsque la neige fond, ça ne marche pas du tout lorsqu’elle gèle. »

Même moi je me promenais dans les rues et je me demandais ce que j’avais fait. C’était dur, c’était de la roche, c’était noir. Après, on a compris qu’il fallait le faire, mais au printemps.

Luc Ferrandez, à propos du déneigement dans son arrondissement

« On a sauvé 8 à 10 millions, précise-t-il néanmoins. On pouvait rouvrir un centre de vie communautaire avec une seule tempête qu’on ne ramassait pas. »

Un membre historique de Projet Montréal

Luc Ferrandez est un membre historique de Projet Montréal, fondé en 2004. Dans un premier temps, il a repoussé les avances pour se présenter devant les électeurs. « Richard Bergeron [ancien chef du parti et conseiller municipal] était venu me voir. On n’avait pas de ressources, pas d’argent. Les rares militants qu’on avait, c’était des excentriques. On n’avait pratiquement aucune chance d’éveiller la population », explique-t-il, précisant qu’il ne compte pas quitter le parti.

« C’est le parti le plus progressiste de Montréal et de la scène politique québécoise en ce moment », défend celui a été chef intérimaire de Projet Montréal entre 2014 et 2016.

5. Le rêve d’un « Jardin du Luxembourg » montréalais

Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal, Luc Ferrandez lance vouloir transformer le parc La Fontaine « en un véritable Jardin du Luxembourg », en référence au célèbre aménagement situé à Paris.

« Et ça va être le cas », répète-t-il, en mettant en avant l’adoption d’un plan directeur, en octobre dernier, qui évoque aussi le retrait, à la circulation automobile, des avenues Calixa-Lavallée et Émile-Duployé, qui traversent le parc.

Un panneau posé dans un parc

Le théâtre de Verdure, situé dans le parc La Fontaine, sera rénové dans le cadre de ce plan directeur.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

« Maintenant, le plan existe. L’équipe du Plateau va devoir faire preuve de courage pour le réaliser », spécifie celui qui a été également responsable des grands projets et des grands parcs au sein du comité exécutif. Dès sa nomination autour de cette table, il avait fait part de son « serment du jardinier »

Il a notamment était partie prenante du réaménagement de l’avenue McGill College et de la nouvelle rue Sainte-Catherine Ouest, deux projets phares de l’administration Plante.

6. Denis Coderre comparé à Kim Jong-un

En pleine campagne électorale, alors que Denis Coderre l’avait publiquement accusé d’être à l’origine des maux des commerçants dans l’arrondissement, Luc Ferrandez a comparé le maire de Montréal au dictateur Kim Jong-un.

Il était même allé plus loin, en assurant qu’« au moins Kim Jong-un, il dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit », en dénonçant la responsabilité de l’administration municipale concernant le décès d’un cycliste quelques jours plus tôt.

« C’était un peu fort, admet-il. Mais lui [Denis Coderre], il ne perdait jamais une occasion par rapport à moi et généralement de façon mensongère. »

Le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, et son candidat à la mairie d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Zach Macklovitch (droite), le vendredi 13 octobre 2017

Denis Coderre et son candidat à la mairie d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Zach Macklovitch (droite), avaient dénoncé les mesures de Luc Ferrandez durant la dernière campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

7. « L’amateurisme » de la hausse des taxes

Peu de temps après la présentation du premier budget de l’ère Plante-Dorais, Luc Ferrandez parle d’« amateurisme » au micro du 98.5 FM. Selon le maire du Plateau, il n’aurait pas fallu promettre de limiter la hausse des taxes à l’inflation.

Plus d’un an plus tard, il évoque une affiche de campagne électorale « maladroite », mentionnant « Plus de bienvenue. Moins de taxes », qui aurait induit en erreur les citoyens. « Valérie Plante a été coincée par l’équipe de publicité », juge-t-il.

« Ce n’était pas d’augmenter les taxes qui était de l’amateurisme, mais d’envoyer un message confus qui donnait l’impression à tout le monde qu’on ne les augmenterait pas », reprend-il.

À la blague, Valérie Plante avait ensuite invité son acolyte à « fermer ta grand’yeule », en fredonnant un air de Richard Desjardins.

8. Un « f*** you » effacé

Luc Ferrandez mâche rarement ses mots. « Je ne peux même pas imaginer qu’on fasse de la politique autrement », indique-t-il.

Il faut le faire, il faut heurter, il faut choquer, il faut brasser. Ça prend quelqu’un, ça prend des gens pour dire "attention, on s’en va direct dans le mur".

Luc Ferrandez, à propos de ses déclarations

Fin avril, il se fait remarquer par un message Facebook, débutant par « Fuck you, nous autres », quelques jours après les inondations touchant Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Dans son texte très virulent, il dit que « nous méritons amplement tous les malheurs qui nous arrivent », en dénonçant l’idée d’un troisième lien à Québec ou encore la construction d’un nouveau stade de baseball.

Quelques heures plus tard, ce message a été effacé. « On m’a demandé de l’effacer », précise-t-il, en ne cachant pas son agacement, jugeant cette demande « indélicate ».

Lundi, en pleine séance du conseil municipal, Luc Ferrandez a récidivé. En réponse à une question d’un conseiller de l’opposition, il a déclaré « What the f*** », avant d’être rappelé à l’ordre par la présidente du conseil.

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