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Enseignement du français : les projets contre la pénurie sont en route

Une enseignante de l'École Précieux-Sang supervise des élèves  dans sa classe de 5e année.
Mieux accompagner les enseignants et faciliter l'arrivée des enseignants étrangers font partie des projets qui seront proposés au gouvernement fédéral. Photo: Geneviève Murchison
Julien Sahuquillo

Des comités scolaires aux associations de parents, plusieurs organismes accueillent d'un bon œil l'ouverture des demandes d'admission au programme d'aides fédéral pour les projets visant à lutter contre la pénurie d'enseignants en français au Canada. Ils misent sur plus de formation des enseignants au pays et un meilleur accompagnement des enseignants étrangers.

Les provinces et les organismes francophones peuvent soumettre, depuis lundi soir, leurs projets pour endiguer la pénurie d’enseignants de français langue première ou langue seconde.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie explique que 62,6 millions de dollars sont prévus par le gouvernement fédéral pour soutenir les projets.

« Ça peut être pour améliorer les conditions de travail des enseignants présentement, que ce soit pour aider à la reconnaissance des diplômes de l’étranger ou pour recruter à l’extérieur des provinces [comme au Québec] ou en Europe et en Afrique francophone », précise-t-elle.

Elle ajoute qu’il revient maintenant aux provinces et aux organismes francophones de proposer leurs idées de projets.

Le directeur général de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Jean-Luc Racine, explique avoir déjà l’intention de soumettre une demande.

« On pense que les parents peuvent jouer un rôle, surtout pour la rétention des enseignants. On aimerait voir la mise en place de cinq à six projets pilotes au travers du pays avec des comités de parents dans les écoles pour favoriser un climat positif qui engage les parents et les enseignants », explique-t-il.

De son côté, la directrice du district scolaire francophone Sud au Nouveau-Brunswick, Monique Boudreau, attendait avec impatience de pouvoir soumettre ses propositions de projets.

« On est prêt, on attendait juste le formulaire. Je vis une pénurie dans mon district », affirme-t-elle.

Mieux former et mieux accompagner

Pour elle, il est important de développer des projets qui visent davantage à promouvoir les formations des enseignants ainsi qu'à organiser des systèmes de tutorat pour mieux intégrer les enseignants qui arrivent dans les milieux francophones minoritaires.

« Cette subvention va nous permettre de mieux accompagner nos enseignants qui débutent. Enseigner dans des milieux à dominance anglophone au rural, c’est différent d’enseigner dans une grande ville. On doit accompagner ces enseignants à comprendre l’importance de la culture et la fierté francophone », soutient-elle.

Pénurie d’enseignants : le point du vue des directions d’écoles

De plus, elle note les difficultés qu’elle rencontre pour attirer des enseignants venus de l’étranger.

« Pour les faire venir au Canada, on doit leur donner un emploi, mais pour leur en donner un, ils doivent avoir le permis d’enseigner et faire valider leurs diplômes. On pourrait monter des cours en ligne avec les universités pour compléter les cours manquant pour avoir une validation des acquis ici », propose-t-elle.

Selon elle, l’important reste de se concerter avec les provinces et les autres organismes francophones afin « de se positionner au niveau national pour faire un projet commun ».

Un travail de partenariat avec les provinces

La ministre Joly précise, pour sa part, que « l’objectif [du programme de financement] est d’avoir beaucoup de stratégie nationale, mais on est conscient de la réalité locale ».

Elle souligne néanmoins être prête à soutenir les organismes francophones, quelle que soit la position de leur province.

« Pour certaines, c’est très important d’offrir une éducation en français, mais il y a des provinces pour qui ce n’est pas très important. On le voit, pas nécessairement au Manitoba, mais très certainement en Ontario. Les droits linguistiques sont de juridiction fédérale et sont inscrits dans notre constitution. Notre obligation vient de la Loi sur les langues officielles », insiste-t-elle

Le directeur général de l'organisme Canadian Parents for French pour la Colombie-Britannique et le Yukon, Glyn Lewis, estime quant à lui qu’il est important de travailler avec les provinces.

C’est nécessaire de travailler avec les ministères de l’Éducation pour proposer des projets. Il faut coordonner les efforts. C’est la meilleure stratégie.

Glyn Lewis, directeur général de l'organisme Canadian Parents for French pour la Colombie-Britannique et le Yukon

De son côté, Jean-Luc Racine est sûr que les provinces apporteront leur appui dans la construction des projets, d’autant que ces derniers seront majoritairement financés par le fédéral.

« Je pense que les provinces n’auront pas beaucoup de résistance à participer. C’est aussi aux conseils scolaires de faire valoir l’importance de participer à de tels programmes », conclut-il.

Avec des informations de Geneviève Murchison

Manitoba

Éducation