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Hébergement des aînés : changement de cap au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Une préposée tient la main d'une personne âgée
La MRC de la Matanie est la deuxième MRC la plus âgée du Bas-Saint-Laurent Photo: Getty Images / iStock
Joane Bérubé

Le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) a revu au cours de la dernière année sa gestion des besoins d'hébergement des personnes âgées.

L’an dernier, le Comité vigilance santé Matanie avait interpellé le CISSS sur le nombre important de personnes âgées logées hors de la MRC, à des dizaines, voire des centaines de kilomètres de leurs proches.

Des plaintes avaient été déposées à la Commissaire aux plaintes sur diverses situations, dont l’hébergement hors territoire.

L’approche a été changée, assure Frédéric Gagnon, directeur du programme de soutien à l’autonomie des aînés du CISSS du Bas-Saint-Laurent. Ce dernier explique qu’au moment de la création du CISSS, il y a quatre ans, les décisions et l’analyse des dossiers avaient été régionalisées.

Cette manière de faire a été revue. On a décentralisé le mécanisme d’accès à l’hébergement, indique le porte-parole du CISSS. Depuis plusieurs mois, les décisions d’orientation pour les demandes d’hébergement se prennent de manière très locale, par MRC.

Selon Frédéric Gagnon, ce changement ouvre la porte à de meilleurs rapports avec les partenaires locaux et à une connaissance plus fine des ressources disponibles. Ça permet d’être plus habile et plus agile dans le pairage ou le jumelage des besoins de l’usager avec les places disponibles dans la communauté , explique Frédéric Gagnon.

Ce sont aussi les responsables du soutien à domicile de chaque MRC qui ont pris en charge l’analyse des besoins de la personne âgée et celles des ressources locales disponibles pour y répondre.

On est plus dans une micro gestion et là, on voit apparaître des solutions qu’on ne voyait pas de manière macroscopique.

Frédéric Gagnon, directeur du programme de soutien à l’autonomie des aînés du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Collaboration locale

Membre du comité de vigilance santé Matanie, le maire de Matane, Jérôme Landry, ne peut pas s’empêcher de voir dans ce changement de cap, un résultat des pressions de la Matanie. Beaucoup de gens se sont plaints de ce qu’on appelait l’itinérance institutionnelle. Des gens étaient hébergés à la Grande Maison de Sainte-Luce, même au Témiscouata, ça n’avait aucun sens, rappelle-t-il.

D’après le directeur de programme, il ne resterait plus que quelques personnes âgées hébergées hors du territoire de la Matanie. On le fait de manière très exceptionnelle, en dernier recours. On privilégie que les gens soient hébergés de manière temporaire dans leur propre MRC, souligne le gestionnaire.

Frédéric Gagnon assure que le CISSS surveille attentivement le taux d’adéquation entre les besoins en hébergement dans la Matanie et les ressources disponibles.

Après la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent est la seconde région du Québec où la proportion de personnes de 65 ans et plus est la plus importante, soit 24,6 %, selon les données de 2017 de Statistiques Canada.

Main d'une personne âgée sur un volantMain d'une personne âgée sur un volant Photo : Radio-Canada

Il y a des régions qui connaissent un vieillissement accéléré et à l’intérieur de ces régions, il y a des endroits dont le vieillissement est encore plus accéléré et c’est le cas des Basques, de la Matanie et du Kamouraska, relève M. Gagnon.

L’accès aux ressources d’hébergement pour les personnes âgées à faibles revenus demeure aussi un enjeu en Matanie où, selon la MRC, les revenus d’une personne âgée sur cinq reposent exclusivement sur les prestations gouvernementales.

Le maintien des petites ressources, de neuf personnes ou moins, est un élément important de l’équation. Comment on concilie la sécurité des aînés, qu’on ne peut pas négocier, la qualité des soins, qu’on ne peut pas négocier non plus, avec la rentabilité? Il y a des enjeux-là, de maintien des aînés dans leur communauté commente le porte-parole du CISSS.

Pour répondre aux besoins de cette population vieillissante, les solutions devront être multiples et innovantes, croit le gestionnaire. Il y a des initiatives très inspirantes au Québec qui pourraient être développées dans les prochaines années. Les gens de Matane sont au rendez-vous pour travailler ce dossier-là avec nous.

On est très content de l’ouverture du CISSS. On est vraiment en approche solution.

Jérôme Landry, maire de Matane

Cependant, avant d’opter pour l’hébergement, le soutien à domicile reste la priorité. Les gens souhaitent rester à domicile le plus longtemps possible, constate M. Gagnon, donc on renforce actuellement la première ligne de soutien à domicile pour que les gens restent chez eux, c’est leur premier choix.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a investi six millions de dollars au cours des dernières années en soutien à domicile. Ces sommes sont récurrentes.

De nouveaux investissements sont attendus dans les prochains mois, en lien avec le dernier budget provincial déposé en mars dernier.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Établissement de santé