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New York veut interdire la vente de fourrures et l'industrie canadienne s'inquiète

Des fourrures.
Des fourrures à la maison d'encan Fur Harvesters Auction à North Bay. Photo: Radio-Canada / Mathieu Grégoire
Francis Bouchard

Les trappeurs et les associations qui les représentent ont des craintes par rapport à des discussions sur une possible interdiction de la vente de fourrures à New York.

En mars dernier, une représentante à l’Assemblée de l’État de New York, Linda Rosenthal, a présenté un projet de loi en ce sens. Elle veut ainsi contribuer à la réduction du nombre d’animaux tués pour l’industrie de la fourrure.

Un comité sur la consommation et les licences commerciales étudie la proposition.

La maison de vente à l’encan Fur Harvesters Auction de North Bay en Ontario craint l’effet d'entraînement que pourrait avoir une interdiction de vente de fourrures à New York.

Cela aurait un impact sur le nombre de fourrures que nous pourrions envoyer à New York, mais le plus gros impact serait le message qui serait envoyé dans le monde du design et de la mode.

Howard Noseworthy, Fur Harvesters Auction

Howard Noseworthy souligne que l’organisme a fait une présentation au conseil municipal de la ville de New York à propos des conséquences d’une interdiction sur l’économie et les emplois.

Fur Harvesters Auction traite environ un million de fourrures par année provenant de trappeurs du Canada et des États-Unis.

Un homme portant des gants noirs coupe l'abdomen d'un castor pour retirer sa fourrure.Le dépouillage d'un castor. Photo : Radio-Canada / Lise Millette

La Fédération ontarienne des gestionnaires d’animaux à fourrure demande aux députés provinciaux d’écrire des lettres à la ville de New York en son nom.

La fédération critique la démarche qui vise selon elle à brimer les gens de leur liberté de choisir leurs vêtements.

Elle soutient que la gestion de la faune est nécessaire pour éviter des conflits entre les humains et les animaux.

Nous avons les politiques de trappes les plus humaines dans le monde. Nous avons des quotas pour assurer des populations en santé et durables.

Robin Horwath, directeur général de la Fédération ontarienne des gestionnaires d’animaux à fourrure

Les trappeurs, comme Marcel Dillon de la région de Hearst, craignent aussi l’impact possible de la mesure considérée à New York ailleurs aux États-Unis et dans le monde. Déjà, il a vu le prix des fourrures chuter.

Un trappeur au bord d'une rivière.Le trappeur Marcel Dillon se prépare à installer un piège à castor au bord d'une rivière. Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Depuis plusieurs années, une personne ne peut pas gagner sa vie avec la trappe. On ne couvre même pas les dépenses en ce moment, affirme-t-il en soulignant qu’il poursuit le métier par passion, comme c’est le cas pour d’autres.

Si la vente de fourrure venait à être éliminée à New York ou ailleurs, Marcel Dillon rappelle que les trappeurs devraient poursuivre le piégeage pour la gestion des populations d’animaux, comme le castor, parfois considéré comme nuisible à l’humain.

La gestion des populations est la raison pour laquelle le ministère des Richesses naturelles et des Forêts autorise la trappe.

On est obligé de trapper le castor et la martre. On a un quota à remplir. Si on les attrape et qu’on n’est pas capable de les vendre, il va falloir qu’on jette la fourrure et toute la chaire et ça ne servira à rien, conclut-il.

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