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Au tour des producteurs de grains de demander l’aide d’Ottawa

Au tour des producteurs de grains de demander l’aide du fédéral
Radio-Canada

Les producteurs de grains exigent du gouvernement Trudeau qu'il élabore une stratégie pour leur venir en aide, en raison du conflit commercial qui perdure avec la Chine. Selon l'organisme, l'arrêt par Pékin des importations de canola canadien a des conséquences sur d'autres productions.

L’Association des producteurs de grains du Canada demande à Ottawa d'être proactif pour trouver des solutions à long terme afin de résoudre la crise avec la Chine.

Les producteurs demandent, entre autres, que le blocage du canola soit reconnu comme une décision motivée par des intérêts politiques et non des éléments scientifiques.

L'Association veut également que le programme d’assurance pour les agriculteurs AgriStabilité soit revu à la hausse.

Les producteurs demandent un assouplissement du programme pour accéder à une aide dès que leurs pertes atteignent 15 % de leur capacité de production. Aujourd’hui, ils ne peuvent demander d'aide que si leur production se trouve à 70 % ou moins de leur capacité normale.

Gunter Jochum produit du canola, du soja, du blé et de l’avoine à Saint-François-Xavier, au Manitoba. Pour lui, le fonctionnement actuel du programme AgriStabilitée ne suffit pas.

« À 85 %, on est un peu couvert. À 70 % ça ne sert à rien : ça ne couvre même pas les coûts de production », explique-t-il.

Il précise que le canola n’est pas la seule production touchée par des baisses de prix.

« Trois de nos quatre productions ont connu des baisses de prix : le blé, le soja et le canola. On espère une relève du marché, mais c’est très incertain », souligne-t-il.

Relations États-Unis Chine : des dommages collatéraux

Selon le vice-président de l'Association des producteurs de grains du Canada, Markus Haerle, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a des effets collatéraux.

« Ça fait depuis l’automne passé qu’on a eu de grosses baisses de revenus pour le soja produit en Ontario, au Québec et au Manitoba, notamment », souligne-t-il.

Il explique que, depuis la mise en place de barrières tarifaires par les États-Unis contre les importations de la Chine, cette dernière a taxé le soja américain.

Gunter Jochum dans un des ses champs.Gunter Jochum s'inquiète de ne pas pouvoir vendre sa production à un prix viable pour son exploitation. Photo : Radio-Canada

« Le prix mondial du soja est basé à Chicago. La production américaine est une production majeure sur le plan mondial. Ça a créé une baisse de revenu sur le marché avec une réduction de près de 100 $ la tonne. Avant, je vendais mon soja à près de 500 $ la tonne », remarque-t-il.

Selon Markus Haerle, les tensions entre la Chine et les États-Unis ont poussé ces derniers vers d’autres marchés.

« Entre 50 et 60 % de la production canadienne de soja allait en Europe, mais les Américains ont pris ce marché. C’est sûr que nous avons eu des occasions d'envoyer notre soja en Chine, mais la Chine commence à jouer le même jeu avec le Canada. Certains importateurs de produits canadiens ont été avisés qu’ils pourraient subir des conséquences s’ils achètent des produits canadiens », affirme le vice-président de l'Association des producteurs de grains du Canada.

À l’heure des semences, ce dernier souligne l’incertitude dans laquelle sont les producteurs. Alors que le président américain, Donald Trump, a annoncé une aide de 15 milliards de dollars américains à destination des fermiers américains, Markus Haerle espère voir une solution d’urgence du même ordre de la part du gouvernement canadien.

Avec des informations de Patrick Foucault

Manitoba

Relations internationales