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Les cochons sauvages, une menace écologique pour le Canada

Vue aérienne de cochons qui courent dans la neige. Un hélicoptère les poursuit.

Les programmes de contrôle et d'éradication du cochon sauvage, une espèce jugée envahissante, sont laissés aux soins de chaque province.

Photo : Dr. Ryan Brook

Anaïs Elboujdaïni

Leur croissance est exponentielle depuis les 27 dernières années au Canada, de la Colombie-Britannique au Québec. La présence de cochons sauvages préoccupe des chercheurs de l'Université de la Saskatchewan, qui qualifient l'espèce envahissante de « catastrophe écologique ».

L'étude, la première en son genre, porte sur la répartition de la population de cochons sauvages au pays. Elle révèle que le nombre de cet animal augmente de 9 % par année.

De quoi s’inquiéter, car ils représentent maintenant une menace sérieuse pour l’environnement, affirme Ruth Aschim, doctorante à l’Université de la Saskatchewan en sciences des animaux.

Les cochons sauvages abîment les récoltes, ils peuvent transmettre plusieurs maladies, soit des bactéries, des virus et des parasites, autant à d’autres animaux qu’aux humains, explique-t-elle.

Ils nuisent aussi à la qualité de nos sources d’eau en y déféquant et en s'y baignant.

Ruth Aschim, doctorante à l'Université de la Saskatchewan

Une espèce hybride

Des sangliers ont été introduits au Canada, venus d’Europe et d’Afrique du Nord, dans les années 1980 et 1990 pour diversifier le bétail. Plusieurs se sont échappés au fil des ans et se sont reproduits avec des cochons domestiques.

« Des rejets intentionnels [par des éleveurs] dans la nature ont aussi eu lieu », avance Ruth Aschim.

Un troupeau de cochons sauvages avec des petits dans un champs vert.

Les sangliers ont été introduits au Canada dans les années 1980.

Photo : Fournie par Ryan Brook

Leur capacité à vivre dans tous les types d’environnement et leur fertilité - chaque portée compte environ six cochonnets -, associées à une absence de prédateur important en fait l’espèce de mammifères la plus prolifique au Canada.

Présents à 92 % dans les trois provinces des Prairies, soit l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, des cochons sauvages ont aussi élu domicile en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec. C'est en Saskatchewan où on trouve la plus grande population soit 58 % de tous les cochons sauvages au pays.

Pas de stratégie nationale

Contrairement aux États-Unis, le Canada n’a pas de stratégie nationale de contrôle de l’espèce. La surveillance et l’éradication des cochons sauvages sont donc laissées aux bons soins des provinces.

La doctorante croit qu'une stratégie nationale, accompagnée de financement, devrait sérieusement être envisagée.

« La Colombie-Britannique a été très proactive dans l’éradication des populations qui se sont sauvées [de fermes d’élevage] », croit Ruth Aschim. La province de l’Ouest canadien observe d’ailleurs un déclin de la population enregistrée de ces cochons sauvages depuis 2010.

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Colombie-Britannique et Yukon

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