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Arsenic dans l'air : la Fonderie Horne continuera de dépasser les normes provinciales

Une femme et deux hommes sont assis derrière une table lors d'un point de presse.

La Fonderie Horne, le ministère de l'Environnement et la Direction de la santé publique ont tenu un point de presse mardi matin, avant le dévoilement public des résultats de l'étude de biosurveillance du quartier Notre-Dame.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

La Fonderie Horne de Rouyn-Noranda pourra continuer de dépasser la norme provinciale d'arsenic contenu dans l'air, qui est de 3 nanogrammes d'arsenic par mètre cube d'air. Le ministère de l'Environnement et la Fonderie ont fait savoir qu'ils faisaient tout en leur pouvoir pour réduire les émissions. Il ne faut toutefois pas s'attendre à des mesures punitives si la Fonderie n'atteint pas la norme provinciale.

Comme directeur du développement durable, je peux vous dire qu'on essaie d'avoir la meilleure performance possible. Ce n'est pas la pression du ministère de l'Environnement qui nous fait travailler là-dessus, c'est nous-mêmes, avec la responsabilité que nous avons envers nos voisins et nos travailleurs, affirme Pierre-Philippe Dupont.

Le ministère de l'Environnement précise toutefois qu'il est préoccupé par la situation et que les nouveaux projets, depuis 2011, sont assujettis à la norme de 3 nanogrammes. Il faut savoir que notre objectif est de dépasser la norme présente dans l'attestation, spécifie la directrice régionale de l'analyse de l'Abitibi-Témiscamingue au ministère de l'Environnement, Annie Cassista.

Elle ajoute que la norme présente dans l'attestation est de 200 nanogrammes jusqu'en 2021 et sera de 100 nanogrammes à partir de 2021. On va vouloir abaisser cette norme-là, assure Mme Cassista.

Pourtant, un avis de 2004 préparé par le ministère de l'Environnement et d'autres ministères recommandait d'atteindre une concentration de 10 nanogrammes par mètre cube en 18 mois et, plus tard, de 3 nanogrammes. Toujours selon cet avis, la concentration d'arsenic dans l'air ambiant au Québec est généralement de 1 à 2 nanogrammes par mètre cube.

Annie Cassista admet que la baisse demandée manquait de réalisme. C'est sûr que, nous, quand on a émis cette demande-là, on n'a pas pris en compte les moyens technologiques disponibles à ce moment-là. Nos demandes étaient basées uniquement sur nos seuils de référence et non pas sur ce qu'il était possible techniquement de faire sur le terrain, affirme-t-elle.

L'affaire rebondit à l'Assemblée nationale

Le ministre de l'Environnement du Québec a été questionné sur le droit acquis accordé à la Fonderie Horne. Une étude a révélé que les enfants qui habitent à proximité de la Fonderie de Rouyn-Noranda sont surexposés à l'arsenic, une substance cancérigène. Le ministre Benoit Charette soutient que la Fonderie respecte son engagement à diminuer ses émissions.

C'est une compagnie qui suit bien le protocole, qui est même en avance sur l'échéancier fixé avec le ministère de l'Environnement, a indiqué M. Charette. Au gré des analyses, on verra si on doit les accompagner d'une façon différente, mais pour nous, l'enjeu en est un de santé publique et c'est notre principale préoccupation.

La députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, souhaite pour sa part que le ministère de l'Environnement fasse connaître le plus rapidement possible les nouvelles cibles à atteindre. Il faut surtout que la Direction de la santé publique approuve ces cibles, ajoute-t-elle.

Mme Lessard-Therrien espère aussi que le gouvernement éclaircira le rôle qu'a joué le ministère de l'Économie et de l'Innovation dans ce dossier, rappelant que la transmission des résultats a été influencée par des communications du ministère.

Des risques qui préoccupent la santé publique

On ne s'intéresse pas aux normes.

Daniel Proulx, coordonnateur de l'étude de biosurveillance

Le coordonnateur de l'étude estime quant à lui que les normes ne sont pas la priorité de la Direction de la santé publique. Nous, ce qui nous intéresse, c'est l'exposition réelle et les risques à la santé, indique Daniel Proulx.

Nous sommes toujours d'accord pour une réduction de la pollution dans l'air et, dans nos documents, c'est écrit que nous croyons que la Fonderie devrait tendre vers la norme de 3 nanogrammes, ajoute-t-il.

Entrevue avec le professeur Ivan Tchotourian de l'Université Laval

Sortez les enfants afin de balayer

Les recommandations de la Direction de santé publique pour les gens demeurant dans le quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda, à proximité de la Fonderie, est d'ailleurs de ne pas ouvrir les fenêtres en période de grands vents.

Il est aussi suggéré de ne pas épousseter, passer la balayeuse ou passer le balai en présence des enfants puisque ces tâches ménagères remuent la poussière et peuvent être une source de contamination à l'arsenic pour les enfants.

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique