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Meurtres dans le Grand Montréal : la SQ prête à ajouter des policiers sur le terrain

Photo : Conrad Fournier

Pascal Robidas

Quatre meurtres par armes à feu perpétrés dans des lieux publics de la grande région de Montréal en moins de 10 jours ont mis les policiers aux aguets. Bien que les quatre événements ne semblent pas liés, la Sûreté du Québec (SQ) est prête à ajouter des ressources sur le terrain si les coups de feu continuent à retentir au cours des prochaines semaines.

Les quatre homicides ont en commun d'avoir été commis avec des armes à feu et dans des lieux publics, où des victimes collatérales auraient pu s'ajouter au bilan sanglant.

En toile de fond, le meurtre du mafieux Salvatore Scoppa, qui a été abattu dans le hall d'entrée d'un hôtel de Laval, le 4 mai dernier, vers 20 h. Sur place, parents et enfants se trouvaient à proximité du tireur, qui a vidé son chargeur sans se soucier des témoins et des caméras de surveillance. L'homicide porte la marque d'une vendetta de la mafia italienne.

Dans la salle voisine, des policiers en civil et en congé célébraient l'anniversaire d'un collègue. Ils auraient pu être atteints par une balle perdue.

Quelques jours plus tard, à Repentigny, Francis Turgeon, 33 ans, qui est relié au monde des motards criminels selon nos informations, est abattu de sang-froid en pleine rue. Le groupe tactique d'intervention (GTI) de la SQ n'a mis que 48 heures avant d'arrêter Wesley McKenzie, présumé tireur dans cette affaire.

Puis, le vendredi 10 mai, Éric Francis De Souza, 24 ans, est abattu vers 22 h 30 d'un tir mortel à la tête dans une pizzeria du Quartier Dix30. Le tireur, un homme cagoulé qui s'est introduit dans le restaurant, ne s'est pas laissé arrêter par le fait que sa victime était attablée avec des amis avant de la tuer.

Puis, dimanche soir dernier, Éric Chabot, 42 ans, a été tué devant une résidence de Terrebonne. Il était connu des policiers.

« C’est certain que ceux qui ont commandé ces meurtres-là doivent s’attendre à avoir de la chaleur de la part de la police, indique un haut gradé du Service de police de la Ville de Montréal. Tu penses régler un problème en faisant liquider quelqu’un, mais tu t’en attires d’autres. »

À la suite de l'assassinat de Salvatore Scoppa, le Service de police de Laval a mis sur pied le projet Répercussion, qui vise à assurer une présence accrue sur son territoire de ses forces impliquées dans la lutte contre le crime organisé.

« Je salue l'initiative du directeur Pierre Brochet à la police de Laval en lançant l'opération Répercussion. En tant que partenaires, nous allons assister nos collègues de Laval dans leurs efforts à accentuer la pression sur la mafia et autres organisations criminelles sur leur territoire », a affirmé Guy Lapointe, inspecteur-chef à la SQ.

Inspecteur Guy Lapointe

L'inspecteur Guy Lapointe est porte-parole de l'Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) de la Sûreté du Québec.

Photo : Radio-Canada

Si les fusillades se poursuivent à l'approche de la saison estivale, les effectifs seront augmentés pour freiner les organisations criminelles les plus violentes, précise-t-il.

« Nous suivons de très près leurs activités. Notre réponse et nos ressources seront adaptées en fonction de ce qui se passe sur le terrain. Il y a déjà beaucoup de policiers affectés à la lutte aux organisations criminelles, mais nous n'hésiterons pas à ajouter des ressources si le besoin se présente », poursuit le haut gradé de la SQ.

Le code d'honneur

Ce n'est pas d'hier que les organisations criminelles règlent leurs comptes dans des espaces publics.

Mais depuis la fin de la guerre des motards à la fin des années 1990, la majorité des homicides se produisaient avec une certaine discrétion. Le potentiel de victimes collatérales était moins élevé, car la mafia avait instauré un certain code d'honneur dans la façon de procéder.

« Le meurtre au Quartier Dix30 me préoccupe beaucoup. Quelqu'un qui entre dans un resto bondé de monde et qui fait fait feu en espérant atteindre la personne visée, ça prend un sérieux manque de jugement », affirme un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Depuis la mort de Vito Rizzuto, l'honneur a pris le bord dans la façon de procéder à des règlements de compte dans le milieu criminel.

Enquêteur au SPVM

Grand Montréal

Forces de l'ordre