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Les 10 Commandements ont-ils leur place dans les lieux publics?

Radio-Canada

La justice fédérale américaine a décidé que non et a ordonné le retrait d'une stèle les arborant, qui trônait dans l'entrée du bâtiment de la Cour suprême à Montgomery, en Alabama.

Dans la petite ville de Montgomery, en Alabama, des ouvriers ont déboulonné, mercredi, une stèle des Dix Commandements qui trônait «illégalement» dans l'entrée du bâtiment de la Cour suprême.

En effet, après deux années d'intense polémique, la justice fédérale a finalement jugé, en vertu d'une stricte séparation de l'Église et de l'État, que la présence de cette stèle dans un tribunal n'avait pas lieu d'être.

L'histoire remonte au mois de juillet 2001, lorsque le président de la Cour suprême de l'Alabama, un fidèle de l'Église évangéliste, décide une nuit d'installer une stèle de granit de 2,5 tonnes et de plus d'un mètre de haut afin de célébrer la supériorité de Dieu sur les lois humaines. Pour les fidèles de l'Église, le juge Roy Moore devient alors un héros, mais pour les associations de défense des droits civiques, ce geste représente une grave violation du premier amendement de la Constitution des États-Unis selon lequel aucune autorité américaine n'est autorisée à promouvoir quelque religion que ce soit.

De fait, ces associations ont décidé de porter plainte et au terme d'une longue bataille juridique, qui a galvanisé les conservateurs et les chrétiens évangélistes à travers les États-Unis pendant deux ans, la Cour fédérale de Montgomery a conclu que le monument allait à l'encontre de la Constitution et devait être retiré. Refusant de se conformer à cette décision, le juge Moore, élu à son poste en 2000, a finalement été suspendu par un comité d'éthique judiciaire, le 22 août dernier. «Je ne renierai jamais le Seigneur dont dépendent nos lois et notre pays», avait-il alors déclaré.

Mercredi, alors que les ouvriers s'affairaient à retirer la stèle de son emplacement, certains fidèles, qui avaient manifesté jour et nuit depuis une semaine pour protester contre son enlèvement, se sont allongés face contre terre, alors que d'autres lisaient des passage de la Bible. «Nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre», a affirmé le révérend Bob Schenck, président du Naitonal Clergy Council, un groupe de chrétiens fondamentalistes. De son côté, Roy Moore a annoncé qu'il irait défendre sa cause devant la Cour suprême des États-Unis.

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