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Cannabis : après les lieux publics, la CAQ invitée à reculer sur l’âge légal

Le reportage de Nicolas Vigneault
Louis Gagné

Les députés libéraux et solidaires applaudissent la volonté du gouvernement Legault de permettre la consommation du cannabis dans certains lieux publics. Ils l'invitent à assouplir davantage sa position en renonçant à son projet de rehausser de 18 à 21 ans l'âge légal pour consommer la substance.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a déposé mardi des amendements à son projet de loi resserrant l’encadrement du cannabis.

Il souhaite notamment revenir sur sa proposition initiale d’interdire la consommation de cannabis dans tous les lieux publics, une mesure décriée par de nombreuses municipalités, parce que jugée trop difficile à appliquer.

Les villes pourront permettre la consommation du cannabis dans certains parcs. Elle sera toutefois interdite dans les endroits où on retrouve des installations destinées aux mineurs, telles que des jeux d’enfants.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre a présenté ces changements comme une « solution mitoyenne », surtout pour les locataires qui, ne pouvant fumer du cannabis dans leur appartement, ont besoin d'un autre endroit pour le faire. « Ils vont avoir une région dans le parc pour fumer, bien identifiée », a expliqué Lionel Carmant, ajoutant qu'il fait confiance aux villes pour appliquer la loi dans les parcs.

Toutefois, il restera interdit de consommer du cannabis sur les trottoirs et dans la rue. « La voie publique est toujours interdite [...] pour ne pas banaliser le geste de fumer pour nos jeunes, montrer qu’il y a quand même un niveau de plus pour le cannabis », a précisé le ministre Carmant.

Le Parti libéral et Québec solidaire saluent le changement de position de la Coalition avenir Québec (CAQ) par rapport aux lieux publics.

« Si c'est effectivement la direction que choisit le gouvernement, c'est une bonne chose parce que les experts en santé publique nous ont dit que fumer dehors, c'est mieux que fumer entre quatre murs », a réagi le porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de santé publique, André Fortin.

André Fortin répond aux questions des journalistes dans les couloirs de l'Assemblée nationale.Le porte-parole libéral en matière de santé et de santé publique, André Fortin Photo : Radio-Canada

« Ça démontre que le gouvernement, finalement, entend raison. C'est des choses qu'on dit depuis le début. Dès le dépôt du projet de loi, on voulait que le gouvernement recule là-dessus. C'est une bonne nouvelle », a pour sa part commenté le député solidaire Alexandre Leduc.

Décision précipitée

Les deux premiers groupes d’opposition à l’Assemblée nationale déplorent toutefois que le gouvernement Legault maintienne son intention de rehausser l’âge légal pour consommer du cannabis.

Si la CAQ reconnaît que les gens vont fumer du cannabis en public, même si c’est interdit, elle devrait adopter le même raisonnement par rapport aux consommateurs de moins de 21 ans, croit André Fortin.

« Même s'ils font ce choix malheureux de consommer, il faudrait […] leur donner accès au meilleur produit possible, qu'ils soient encadrés au moment de leur achat, qu'ils aient tous les outils de prévention à leur disposition au moment de l'achat », soutient-il.

Québec solidaire reproche à la CAQ d’avoir agi prématurément en déposant un projet de loi pour rehausser l’âge légal avant même d’avoir pris le temps de constater les effets de la légalisation du cannabis.

Alexandre Leduc s’entretient avec des journalistes à l’extérieur du Salon rouge de l’Assemblée nationale.Le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc Photo : Radio-Canada

« Visiblement, ils ont voulu y aller de manière dogmatique, idéologique. Là, ils se rendent compte que leur idéologie est difficilement applicable en matière d'espaces publics. Mais là, il faut qu'ils se rendent compte qu'elle est difficilement applicable, également, en matière d'âge légal », fait valoir Alexandre Leduc.

Le pas qui reste à faire, c'est sur l'âge légal de 21 ans. Ça aussi, depuis le départ, tout le monde le réclame. C'est une absurdité.

Alexandre Leduc, député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve

« Pas une bonne idée  »

De son côté, le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, continue de penser que fumer du cannabis en public n’est pas « une bonne idée », au même titre que boire de l’alcool en public.

Il craint que l’assouplissement du projet de loi de la CAQ envoie un mauvais message aux consommateurs.

Pascal Bérubé répond aux questions des journalistes lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale.Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé Photo : Radio-Canada

« Évidemment, il y a une question de cohérence. On ne peut pas boire de l'alcool en public, mais on peut fumer du cannabis. Est-ce là une banalisation? Il faudra voir les explications du ministre », a insisté M. Bérubé.

La mairesse Plante satisfaite

À Montréal, la mairesse Valérie Plante accueille favorablement l'idée que l'on permette aux citoyens de fumer du cannabis dans les endroits publics.

Elle félicite d'ailleurs le gouvernement pour cet « assouplissement » et elle se réjouit qu'il ait fait preuve de « compréhension ».

« Lorsque Montréal discute avec Québec et cherche des solutions, ça fonctionne », a affirmé Mme Plante.

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