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CAA-Québec : le non-respect du corridor de sécurité cause des accidents mortels chaque année

Une illustration expliquant la loi sur le corridor de sécurité.

Un exemple du corridor de sécurité à respecter.

Photo : Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ)

Alain Rochefort

Chaque année, une centaine de conducteurs de dépanneuses en Amérique du Nord sont happés mortellement par des voitures pendant qu'ils portent eux-mêmes assistance à des automobilistes immobilisés sur la route.

Cette triste statistique est en partie à l’origine de la toute première Journée du corridor de sécurité soulignée cette année par CAA-Québec. Plusieurs activités de sensibilisation ont lieu pour mettre en lumière cette préoccupation majeure des intervenants d’urgence en bordure de la route.

Les conducteurs canadiens doivent certes respecter des lois obligeant les automobilistes à ralentir et à changer de voie, si possible, pour faciliter la tâche des travailleurs sur la route. Le « corridor de sécurité » est cependant un concept trop souvent négligé par les conducteurs.

« Le manque de vigilance des automobilistes compte parmi les principaux facteurs qui, chaque jour, compromettent la sécurité des conducteurs de dépanneuse, explique Jeff Walker, gestionnaire stratégique principal de la CAA nationale. Tout le monde devrait ralentir et changer de voie en voyant une dépanneuse sur l'accotement, qu'il y ait une loi en vigueur ou pas. »

Qu’est-ce qu’un corridor de sécurité?

Dès qu’un véhicule d’urgence, une dépanneuse ou un véhicule de surveillance est immobilisé et que sa flèche jaune lumineuse, ses gyrophares ou ses feux clignotants sont actionnés, le corridor de sécurité est obligatoire. Ça signifie qu’il faut ralentir, puis changer de voie si c’est possible de le faire de façon sécuritaire. Sinon, il faut s’éloigner du véhicule le plus possible.

Source : Société de l’assurance automobile du Québec

Des histoires d’horreur

Chaque intervenant de CAA-Québec qui travaille sur les routes a vécu son lot d’histoires d’horreur. Alain Lévesque est patrouilleur et formateur. Il en a vu de toutes sortes en 28 ans de métier.

« Quand le trafic passe proche, ça fait un énorme courant d’air. Ça te pousse, ça t’aspire vers le milieu de la rue. C’est épeurant! Une fois, c’était tellement intense que j’étais même pas capable d’ouvrir la portière. »

Pour les policiers, pompiers, ambulanciers, les gens y pensent plus. Pour les remorqueurs, au moins la moitié des gens ne le font pas. Mais ça s’améliore. Il suffit d’une auto qui se tasse et les autres le font aussi. Ç’a un effet d’entraînement.

Alain Lévesque, patrouilleur et formateur à CAA-Québec

Martin Hallé est pour sa part passé bien près de perdre la vie par une belle journée d’hiver en raison de la conduite d'un automobiliste trop téméraire.

« Il y a quelques années, j’étais sur la 20 en train de sortir un véhicule du fossé. Y a un autre véhicule qui est arrivé, qui a mis les freins pour éviter le véhicule de police qui était derrière, et sa voiture a capoté. J’ai lâché mes manettes et j’ai sauté dans le banc de neige! »

Patrouilleur depuis 39 ans, Alain Rhéaume constate que le son des véhicules qui passent trop près de lui peut être assourdissant. « Je me suis fait siler les oreilles une couple de fois! » dit-il.

Alain Rhéaume souligne que chaque petit geste est important.

« Il faut se tasser pour nous donner une marge de manœuvre, pour que j’aie le droit à l’erreur sans risquer de me faire frapper. C’est pas des machines qui travaillent autour de ces véhicules-là. On est des humains! Ralentissez, changez de voie si possible. Ça ne vous prendra pas beaucoup de temps, peut-être 5 ou 10 secondes de votre vie. »

Accident de la route

Justice et faits divers