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Archives

Imprévisible Jean Leloup

Gros plan du chanteur Jean Leloup assis dans un escalier avec des enfants.

En 1989, Jean Leloup lance son premier album, « Menteur ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Cette semaine, ICI Musique rend un vibrant hommage à Jean Leloup. L’émission Les moments Leloup revisite, en compagnie de plusieurs artistes, ses plus grands succès. Retour en archives sur le parcours de ce chanteur aussi talentueux qu’authentique qui occupe depuis plus de 30 ans une place à part dans notre paysage culturel.

À l’émission Vu de la terrasse du 18 juillet 1988, près d’un an avant la sortie de son premier album, Menteur, l’animatrice Élisabeth Paradis s’entretient avec Jean Leloup.

L’animatrice Élisabeth Paradis s’entretient avec Jean Leloup au sujet de son album à paraître.

Elle souhaite savoir ce qui a amené un garçon de Sainte-Foy à chanter Alger, une chanson décrivant le quotidien d’enfants algériens. Il raconte que de 3 à 15 ans il a vécu au Togo, puis en Algérie, avant de revenir s’établir au Québec.

Jean Leloup apprécie la musique algérienne et en particulier le style raï, un genre musical arabe plus rock, avec des « paroles à portée sociale ».

Sur l’album, plusieurs styles musicaux se côtoient.

« C’est du Charles Trenet, mais avec des guitares électriques […] et tout le temps des thèmes bien flyés. »

— Une citation de  Jean Leloup, auteur-compositeur-interprète

La journaliste et chroniqueuse Marie-France-Bazzo fait la critique du nouvel album de Jean Leloup, Menteur. Avec les interventions de l’animatrice Suzanne Lévesque et du chroniqueur Georges-Hébert Germain.

À l’émission La bande des six du 9 septembre 1989, les critiques sont dithyrambiques.

Marie-France Bazzo explique pourquoi le disque est interdit dans certaines stations de radio du Québec :

« C’est sale, c’est insolent, c’est baveux, et on prononce de gros mots dans une chanson, Printemps été. […] Je n’ai pas peur de dire que c’est sûrement ce qui est arrivé de mieux à la chanson québécoise depuis Charlebois. »

— Une citation de  Marie-France Bazzo, journaliste et chroniqueuse

La journaliste mentionne que les côtés insolents et rebelles du chanteur ont été un peu canalisés par sa maison de disque Audiogram et par son gérant Alain Simard.

Jean Leloup a renié à plusieurs reprises son album Menteur.

L’année 1990 marque le lancement d’un second album pour Jean Leloup. L’amour est sans pitié est créé avec les musiciens québécois et européens du groupe La sale affaire. Les guitaristes Michel Dagenais, Alex Cochard et Yves Desrosiers participent à l’album. Les chansons sont insolites, le son beaucoup plus rock, encore une fois les styles vont se mélanger.

L’album connaît des débuts modestes, et c’est avec la chanson 1990, ajoutée au pressage suivant, que le succès devient fulgurant.

Michel Désautels s’entretient avec Jean Leloup au sujet de son style de musique, de sa percée en France et du succès de la chanson « 1990 ».

En entrevue avec Michel Désautels à l’émission Studio libre, Jean Leloup explique le phénomène 1990, une chanson dénonciatrice de la guerre du Golfe, qui tournera aussi dans les discothèques françaises et américaines.

« Au départ, 1990, y a eu deux versions. Y a eu la version style Dutronc et après ça la version "dance". Quand on l’a sortie, y avait tout le phénomène groovy psychédélique Deee-lite. Avec le band, on a pensé à faire un mélange Deee-lite, Dutronc, tout ça. Ce qui m’a étonné, c’est qu’une "toune dance" en français marche. »

— Une citation de  Jean Leloup

C’est l’époque du Jean Leloup avec les chapeaux haut-de-forme, les vestons à queue-de-pie, les pantalons rayés et les vidéoclips colorés réalisés par James Di Salvio qui s’inspire du rock alternatif français, comme les Rita Mitsouko et Niagara.

Après le succès avec La sale affaire et L’amour est sans pitié, Leloup part à New York enregistrer son troisième album, Le dôme.

Sorti en 1996, ce disque fait lui aussi un malheur, tant sur le plan de la critique que sur celui des ventes. Jean Leloup joue encore avec les genres musicaux. Dans Le dôme, le son est plus feutré, plus trip-hop.

Reportage de Claude Deschênes au sujet du spectacle « Comme vous avez de grandes dents », un mois après la sortie de son album « Le Dôme » qui connaît un très grand succès. Le bulletin de nouvelles est animé par Pascale Nadeau.

Un mois après la sortie de l’album, le journaliste Claude Deschênes assiste au spectacle Comme vous avez de grandes dents au Spectrum de Montréal. Sa critique ne tarit pas d’éloges.

« Leloup nous a bombardés de chansons, vieilles, nouvelles et inconnues, enchaînées les unes aux autres, ne laissant même pas de place aux applaudissements. Y a pas beaucoup de shows québécois où les jeunes font du body surfing. Même seul avec sa guitare, Jean Leloup magnétise la foule en délire. »

— Une citation de  Claude Deschênes

Le journaliste recueille ensuite les commentaires de jeunes adolescents venus entendre Leloup.

C’est un spectacle qui projette la musique québécoise dans le prochain millénaire, conclut Claude Deschênes.

Jean Leloup fascine et surprend. Sur scène, il est extravagant. Il est capable du meilleur comme du pire. Il peut changer les paroles de ses chansons comme bon lui semble, laissant pantois ceux qui souhaiteraient en chanter les paroles bien connues.

« C'est un homme avec qui tout peut arriver et c’est exactement ce qui est arrivé. »

— Une citation de  Sébastien Benoit, animateur Tam-tam magazine 2001

Les entrevues données par Jean Leloup sont tout aussi étonnantes que farfelues. Il amène les journalistes là où il veut dans son monde ubuesque.

Benoît Roberge rencontre Jean Leloup à Hull pour une entrevue. À la blague Jean Leloup le décor de l’ordre du grand chambellan. L’émission est animée par Sébastien Benoit.

C’est le cas entre autres le 23 juillet 2001 à l’émission estivale Tam-tam magazine, où le journaliste et chroniqueur Benoit Roberge se fait bien malgré lui décorer de l’Ordre du Grand Chambellan. Un moment de télévision qui n’était certes pas prévu.

Jean Leloup sort l’album Les fourmis en 1998, et La vallée des réputations à la fin de 2002.

Reportage d’Alexandra Diaz au sujet de l’album de Jean Leloup « La vallée des réputations ». La journaliste fait également un rapide survol de sa carrière. Le bulletin de nouvelles est animé par Stéphan Bureau.

En se baladant avec l’artiste et son chien le long d’un chemin de fer, comme sur la pochette de ce cinquième disque, la journaliste Alexandra Diaz s’entretient avec le chanteur. La vallée des réputations fait la part belle aux sonorités country folk rock.

L’album a comme particularité d’être publié sous sa propre étiquette, celle du Roi Ponpon. Leloup règne sur sa création.

« Je n'ai pas changé depuis l’âge de 14 ans. Vraiment, ça empire. Je ne suis pas du tout intéressé au système. Je ne suis pas du tout intéressé à comment ça fonctionne. »

— Une citation de  Jean Leloup

En 2004, Jean Leloup décide de mettre en scène la mort de son personnage de Leloup. Sur la rivière Yamaska, il met le feu à sa guitare en la laissant voguer sur un radeau.

Il publie le roman Noir destin que le mien aux éditions Leméac en 2005 sous le nom de Massoud al-Rachid et sort l'album Mexico sous le nom de Jean Leclerc en 2006.

Le personnage de Jean Leloup revient en 2009 avec l'album Mille excuses milady. À partir de 2012, c'est le retour à la scène pour Jean Leloup, qui visite plusieurs festivals.

Suivent la parution des albums Paradis City (2015) et L'étrange pays (2019), qui révèlent un Jean Leloup plus sage, mais toujours amoureux de la guitare et de l'exploration musicale.

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