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Prolonger la ligne bleue du métro coûtera 600 millions de plus que prévu

Un extrait du décor de la conférence de presse de lundi, avec une carte de la future ligne bleue.

Le projet de prolongement de la ligne bleue prévoit l'ajout de cinq stations, sur une distance de 5,8 kilomètres, jusqu'à l'arrondissement d'Anjou.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Radio-Canada

Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal coûtera 600 millions de dollars de plus que prévu, notamment à cause d'une hausse des frais financiers et des coûts d'expropriation.

Le budget estimé pour l’ajout de cinq nouvelles stations sur 5,8 km, jusqu’à l'arrondissement d'Anjou, est désormais de 4,5 milliards de dollars. L'information, publiée initialement par Cogeco, a pu être confirmée par Radio-Canada.

Cette enveloppe comprend aussi la construction de deux terminus d’autobus, d'un stationnement incitatif de 1200 places et d'un tunnel piétonnier souterrain permettant de relier le futur système rapide par bus sur le boulevard Pie-IX.

À la Société de transport de Montréal (STM), qui est maître d’œuvre du projet, on confirme que « certains coûts sont venus s’ajouter » au projet et que le budget pourrait fluctuer à la hausse comme à la baisse d’ici la présentation du dossier d’affaires en 2021.

« La création de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) qui remplaçait l'Agence métropolitaine de transport (AMT), a changé la façon dont les taxes s’appliquent », explique Philippe Déry, porte-parole de la STM.

Du côté de l’ARTM, Simon Charbonneau explique que « les coûts liés aux taxes n’ont pas été évalués à l’époque où l’AMT a finalisé le dossier d’opportunité du projet, car l’AMT n’avait pas à payer les taxes à cette époque ». Il ajoute « qu’avec l’arrivée de la nouvelle gouvernance [l’ARTM], le projet est passé sous le giron municipal. Cette modification implique un changement important quant au remboursement des taxes de l’ARTM et de la STM ».

Les deux autres raisons expliquant cette hausse se trouvent du côté des frais financiers, notamment le coût de financement et le coût des expropriations, évalué initialement à 302 millions de dollars.

Invitée à commenter la nouvelle en marge d'une séance du conseil municipal, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a lancé : « Une chose est sûre, je ne remets absolument pas en cause la pertinence de ce projet-là [...] Et la population attend également le prolongement de la ligne bleue. Alors on se souhaite surtout qu’il n’y ait plus de dépassements de coûts et qu’on ait l’heure juste ».

François Bonnardel, le ministre des Transports du Québec, a confirmé mardi l'ampleur de la hausse et les raisons expliquant celle-ci. Il a toutefois assuré que « les sommes sont sur la table. Il n'y a pas de danger, le projet va se faire, mais dans des conditions nécessairement différentes ».

Cette hausse de la facture survient alors que le gouvernement fédéral n’a pas encore confirmé officiellement le montant de son implication financière dans le projet montréalais. Interrogé en mélée de presse afin de savoir si cette hausse retarderait la mise en oeuvre du projet, le ministre canadien de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a répondu que « ça va dépendre de ce que la province nous a soumis au moment du dépôt du dossier ».

Rappelons que le Québec figure dans le peloton de queue des provinces pour ce qui est de la rapidité de concrétisation des projets financés par Infrastructure Canada.

Les gouvernements provincial et fédéral peinent aussi déjà à s’entendre sur le mode de financement du tramway de la ville de Québec. Si leur entente prévoit déjà qu’Ottawa investira à hauteur de 400 millions de dollars, le gouvernement Legault refuse en effet d’aller puiser dans d’autres fonds fédéraux pour combler les 800 millions de dollars actuellement manquants.

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