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Les résidents des îles de Toronto appréhendent la montée des eaux

Une promenade en bois est inondée, près d'un des quais bordant le lac Ontario, au centre-ville de Toronto.
Au centre-ville de Toronto, certains segments de la promenade en bois qui longe les quais du lac Ontario sont inondés. Photo: Radio-Canada
Fanny Geoffrion

Les résidents des îles de Toronto appréhendent une montée des eaux aussi importante que lors des inondations de 2017. Les premiers effets des inondations font leur apparition sur les berges du lac Ontario, et l'Office de protection de la nature de Toronto a publié un message d'alerte qui sera en vigueur au moins jusqu'au mercredi 15 mai.

Le niveau d’eau du lac Ontario est en ce moment de 75,7 m, environ 70 cm au-dessus de la moyenne pour cette période de l’année. Selon les prévisions du Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent, cette montée des eaux devrait atteindre son apogée d’ici la fin du mois de mai.

Les inondations de 2017 ont servi de leçon

Toutefois, la situation du lac Ontario n’a toujours pas atteint les records enregistrés il y a deux ans. À pareille date en 2017, le niveau d’eau du lac était de 13 cm de plus. La Ville avait dû fermer l’accès à la majeure partie des îles de Toronto pour la période estivale, et de nombreux résidents avaient une trentaine de centimètres d’eau dans le vide sanitaire de leur maison. La Ville de Toronto affirme que plusieurs mesures ont été prises depuis pour s’assurer que les résidents des îles ne subissent pas les mêmes conséquences.

Le principal changement est l’installation de 20 pompes de format industriel dans les basses terres des îles afin de rediriger l’excès d’eau vers le lac Ontario. La Ville a aussi placé un large tube rempli d’eau le long de la rive pour bloquer la montée des eaux de façon plus efficace que des sacs de sable.

Large tube rempli d'eau qui bloque la montée des eaux sur les rives des îles de Toronto.Un gros tube rempli d'eau forme une digue sur les rives des îles de Toronto. Photo : Radio-Canada

Le responsable des communications de la Ville de Toronto, Brad Ross, a bon espoir que les îles de Toronto resteront ouvertes au public tout l’été. Il mentionne que les quais des trois traversiers qui permettent d’y accéder ont été reconstruits afin d’être opérationnels en tout temps, peu importe le niveau du lac.

Les résidents des îles de Toronto se disent aussi mieux préparés depuis les inondations de 2017. Ils suivent de près la situation grâce aux infolettres qu’ils reçoivent de l’Association communautaire des îles de Toronto. Sarah Miller, qui habite l’île Ward depuis des décennies, interprète les bilans quotidiens des autorités gouvernementales et les transmet aux autres membres de l’association.

C’est plutôt effrayant, mais nous avons appris depuis les inondations de 2017! Tous les sacs de sable sont restés là et nous les avons renforcés.

Sarah Miller, résidente des îles de Toronto

Solidarité et résilience chez les résidents

Daina Green, qui habite aussi l’île Ward, dit voir les efforts déployés par la Municipalité depuis 2017, mais elle souligne l’entraide et la prévention faite par la communauté. Les résidents ont déjà rempli une centaine de sacs de sable, fournis par la Ville, à titre préventif. Ces sacs pourraient être ajoutés à ceux qui sont restés en place depuis 2017 et que les habitants ont intégrés à la nature en les recouvrant de terre et de plantes.

Elle explique que la plupart des maisons voisines ont déjà une accumulation de quelques centimètres d’eau dans leur vide sanitaire. Daina Green redoute une accumulation aussi élevée qu’en 2017, mais elle rappelle que les dommages sont moins graves, puisque les gens n’ont pas de sous-sol rénové dans le secteur. En plus des dispositions prises par la Ville, la plupart des habitants des îles se sont équipés d’une pompe pour évacuer l’eau de leur propriété.

Les gens des autorités viennent nous voir, mais c’est à nous de sauver nos maisons. On va le faire ensemble. [...] On est très préparés. Nous ne sommes pas en mode panique.

Daina Green, résidente des îles de Toronto

Selon Sarah Miller, des résidents s’assurent même de visiter les personnes plus vulnérables sur l’île afin qu’elles aient les sacs de sable nécessaires.

Le système complexe des Grands Lacs

Le chef des communications de la Ville de Toronto, Brad Ross, affirme que la pluie n’est pas le principal facteur de la montée des eaux du lac Ontario. Il rappelle l’influence des opérations du Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Cette agence du gouvernement canadien réduit présentement le courant du lac Ontario vers le fleuve Saint-Laurent afin d’atténuer les inondations dans les villes situées en aval, comme la région de Montréal.

Mais selon Rob Caldwell, le secrétaire canadien du Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent, les changements apportés au débit ne provoquent qu’une petite différence dans le niveau de l’eau du lac Ontario, estimée à 7 cm. Il explique que ce sont surtout les entrées d’eau dans le lac Ontario qui expliquent cette montée, que ce soit le déversement du lac Érié, les pluies ou le vent de l’est qui retient les eaux dans le lac.

Environ 85 % de l’eau qui entre dans le lac Ontario provient des lacs supérieurs, via les chutes Niagara.

Rob Caldwell, secrétaire canadien du Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Il conclut que le système des Grands Lacs est des plus complexes, puisque cela peut prendre quelques années pour que l’eau s’écoule des lacs supérieurs vers le lac Ontario.

L’Office de protection de la nature de Toronto mentionne qu’au cours des 10 dernières années, le niveau du lac Ontario a dépassé le seuil d’alerte de 75,5 m à deux reprises, en 2017 et en 2019.

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