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Du québécois et beaucoup d'emprunts à l'anglais dans le Petit Robert 2020

Le mot  « français » dans le dictionnaire.

Comme c'est le cas chaque année, l'entrée de nouveaux mots dans le dictionnaire suscite la surprise, l'amusement, mais aussi parfois un certain malaise.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'entrée dans l'édition 2020 du dictionnaire Petit Robert d'une foule de nouveaux mots vous permettra désormais de « scroller » vos écrans en « niaisant » avec votre ami « millénial » avec qui vous faites du « coworking », le tout sans commettre d'impair linguistique.

Après le Larousse qui se livrait au même exercice la semaine dernière, le Petit Robert a présenté lundi les nouveaux mots qui feront leur apparition dans les pages de son édition 2020.

Parmi les centaines de nouveaux mots qui font partie cette année des 70 000 mots et 300 000 définitions du Petit Robert, plusieurs sont d’origine québécoise, dont « niaiser », « jarnigoine » ou le célèbre « enfirouaper ».

Quelques ajouts du Québec

  • Enfirouaper : Tromper, duper, entuber;
  • Niaisage : Perdre son temps à des futilités;
  • Jarnigoine : Intelligence, jugement, bon sens;
  • Innu, e : Relatif aux peuples autochtones des régions subarctiques et boréales du Québec et du Labrador.

Des mots japonais, danois et hébreux font leur entrée

Outre le Québec, le Danemark fera aussi don de l’expression « hygge » (prononcer hugues) qui désigne l'art de vivre à la danoise. Les mots japonais « udon » et « ramen » (deux types de nouilles) seront aussi ajoutés au Petit Robert tout comme « soba » (pâtes à la farine de sarrasin).

Le terme hébreu « Krav-maga », qui désigne une méthode d'autodéfense développée en Israël, figurera lui aussi dans les 2880 pages du Petit Robert 2020.

La Belgique contribuera pour sa part à l’enrichissement de la langue française cette année avec entre autres l’expression « jober » qui signifie occuper un emploi occasionnel.

Nos compatriotes français ne sont pas en reste avec l’ajout de plusieurs nouveaux mots de leur cru, comme le mot « anticasseur », qui fait son entrée dans le dictionnaire, ou les synonymes « biérologie » et « zythologie », qui désignent l’étude de la bière.

Le mot « lanceur » verra aussi son usage élargi lorsqu’il est accompagné du terme « lanceur de balles de défense », terme utilisé dans les opérations de maintien de l'ordre en France.

L’entrée du mot « beignerie » (endroit où on fabrique des beignets) amuse aussi beaucoup les Français pour qui une « beigne » désigne un coup porté au visage.

L’entrée dans le Petit Robert du mot « tototte », un terme qui désigne le ou les seins d’une femme, cause un certain malaise en cette période de mobilisation en faveur du respect des femmes. D'autant plus que ce ne sont pas les synonymes qui manquent pour ce mot.

L'anglais gagne du terrain

Si certains mots étonnent par leurs origines régionales et leurs couleurs, d’autres, carrément empruntés de l’anglais, feront grincer des dents plus d’un défenseur de la langue française.

Plusieurs emprunts directs feront en effet leur entrée dans le dictionnaire cette année encore. C’est notamment le cas du mot « scroller », qui signifie faire défiler un document ou une page Internet sur un écran à l’aide de la souris.

Il faudra aussi s’habituer à entendre « coworking » (partager le même espace de travail), « cardiotraining » (activité sportive pratiquée pour renforcer les capacités cardiaques) ou « millénial », déjà largement utilisé pour désigner les personnes devenues adultes aux environs de l'an 2000.

D'« hypersexualisation » à « orwellien »

En ce qui a trait aux néologismes, les mots « hypersexualisation » (représentation excessive de la sexualité) et « pédocriminalité » (criminalité à caractère sexuel à l’encontre de l’enfant) feront une entrée remarquée dans l’édition 2020 du Petit Robert.

Les adeptes du Petit Robert pourront enfin désormais utiliser le terme « orwellien » pour décrire un univers totalitaire et déshumanisé ou encore le terme « démocrature », qui évoque un exercice autoritaire du pouvoir dans un régime aux apparences démocratiques.

Enfin, pour ceux et celles qui se méfient des fausses nouvelles, le terme « infox » décrira désormais une information mensongère ou délibérément biaisée.

Avec les informations de Agence France-Presse

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