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L'absence de chaleur inquiète les producteurs agricoles

Gilles Grandbois s'inquiète pour sa production de fourrage en raison de la chaleur qui peine à s'installer

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Alexandre Duval

Ces jours-ci, Gilles Grandbois porte une casquette sur laquelle la lettre « S » est brodée. « S pour soleil », dit ce producteur laitier de Saint-Casimir, un brin superstitieux. Car si ses champs tardent à verdir, ses réserves pour nourrir ses vaches s'épuisent petit à petit.

« Là, on est un peu en mode panique, parce qu’on n’a pas de luzerne », raconte M. Grandbois au beau milieu de ses terres encore jaunies, dans la MRC de Portneuf.

Cette luzerne est la principale source de protéines de son cheptel. Normalement, il la récolte autour du 6 juin. Mais la chaleur qui tarde à s’installer ce printemps lui fait croire que sa récolte pourrait accuser jusqu’à 10 jours de retard.

Gilles Grandbois, propriétaire de la ferme G. Grandbois & fils, au milieu de son champ encore jauni

Gilles Grandbois, propriétaire de la ferme G. Grandbois & fils

Photo : Radio-Canada

La semaine dernière, pendant un instant, le propriétaire de la ferme G. Granbois & fils a même cru que toutes ses pousses étaient mortes. Son spécialiste est venu le rassurer.

On s'est aperçu quand même que la luzerne avait résisté à l'hiver, mais qu'elle n'était pas sortie. C'est dû à la chaleur, on n'a pas eu de chaleur!

Gilles Grandbois, propriétaire de la ferme G. Grandbois & fils

S’il est inquiet, c’est que pendant ce temps ses immenses silos où se trouvent ses réserves de luzerne continuent de se vider. « On a du stock jusqu'à la mi-juin, fin juin », illustre-t-il.

Les silos de la ferme G. Grandbois & fils, à Saint-Casimir

Les silos de Gilles Grandbois se vident petit à petit de sa luzerne de l'an passé

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Problèmes cumulés

De l’autre côté du fleuve Saint-Laurent, d’autres producteurs vivent une situation semblable. Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Chaudière-Appalaches, James Allen, calcule que le retard de croissance se situe entre 5 et 10 jours.

« Il va y avoir certains producteurs qui vont être obligés d’acheter du fourrage », croit-il. Mais le long et rude hiver qui vient de se terminer n’est pas le seul facteur en cause, selon lui.

C’est plus le fait que l’été passé, on a eu une grosse sécheresse, ce qui fait que les réserves d’aliments pour les vaches sont plus limitées cette année.

James Allen, président de l'UPA Chaudière-Appalaches
Les vaches de la ferme G. Grandbois & fils, à Saint-Casimir, dans la MRC de Portneuf

Les vaches de la ferme G. Grandbois & fils, à Saint-Casimir, dans la MRC de Portneuf

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

M. Grandbois rappelle aussi que les grandes chaleurs de l’été dernier ont causé des problèmes à plusieurs endroits, au Québec.

« Tu sais, l'agriculture, on marche avec la température. Il faut prévoir ça, mais il reste que ça nous prend quand même de bonnes quantités [de fourrage] », dit-il.

Encore 10 jours de temps frais

Dans la grande région de Québec, les normales saisonnières à ce moment-ci de l’année tournent autour de 17 degrés Celsius le jour, explique Bruno Marquis, météorologue chez Environnement Canada.

Les températures plus fraîches qui balaient la région risquent toutefois de se poursuivre pour encore une dizaine de jours, selon M. Marquis.

Il n’y a pas vraiment des températures plus chaudes que la normale qui s’amènent, malheureusement.

Bruno Marquis, météorologue chez Environnement Canada

L’un des problèmes tient au couvert nuageux, puisque « ça prend du soleil pour atteindre ces températures-là », rappelle le météorologue.

Aménagements paysagers retardés?

Ces dernières semaines, le temps frais a aussi eu un impact pour l’approvisionnement des centres jardiniers. Les arbres et les arbustes qui ne poussent pas en serre ont mis plus de temps à être livrés.

« Les champs n'étaient pas accessibles parce qu'il y avait encore de la neige ou c'était encore très humide, alors les tracteurs s’embourbaient », explique Jean-Paul Daoust, copropriétaire des Floralies Jouvence, à Québec.

On a eu quelques semaines de retard dans les livraisons, mais en date d'aujourd’hui, pour les arbres et les arbustes, tout est résorbé.

Jean-Paul Daoust, copropriétaire des Floralies Jouvence
Jean-Paul Daoust, copropriétaire des Floralies Jouvence

Jean-Paul Daoust, copropriétaire des Floralies Jouvence

Photo : Radio-Canada

Toutefois, les paysagistes pourraient subir les contrecoups de la chaleur qui tarde à s’installer.

« En aménagement paysager, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on a une date [pour commencer] dès que le sol est dégelé, jusqu'au gel à l'automne », explique M. Daoust.

Si la saison 2019 est effectivement plus courte, les paysagistes pourraient donc ne pas satisfaire tous leurs clients potentiels.

« Ils vont avoir plus d'ouvrage et il y a des gens qui vont attendre à l'année prochaine pour faire faire leur aménagement, faute de main-d’œuvre et de temps pour faire les travaux », indique M. Daoust.

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